vendredi 20 août 2010

Haine anti-européenne au sein de l'armée grecque

Korrieri
Grèce : l’Armée insulte publiquement les Albanais
Traduit par Mandi Gueguen
Publié dans la presse : 27 mars 2010
Mise en ligne : lundi 29 mars 2010
« On naît Grec, on ne le devient pas, on fera couler ton sang, porc d’Albanais », ont clamé les militaires grecs en paradant dans les rues d’Athènes, pendant la cérémonie commémorative de l’indépendance de la Grèce ce 25 mars. C’est encore une fois une démonstration, devant l’opinion publique, du nationalisme extrémiste qui domine depuis longtemps l’éducation militaire dans les Balkans.

Des slogans anti-albanais, anti-turcs, anti-macédoniens ont ainsi été entendus pendant les revues des forces spéciales marines grecques, un rituel qui conserve intacts les clichés historiques de l’agression morale à l’égard du voisin toujours perçu comme un ennemi. « On les dit de Skopje, on les dit d’Albanie, de leur peau je ferai mon habit », scandaient encore les militaires grecs.

La presse dans les pays voisins, ainsi visés, n’a pas manqué de réagir vivement contre ces extrémismes. La presse grecque a évoqué la présence d’un individu qui aurait été à l’origine du lancement des slogans dénigrant Albanais, Turcs et Macédoniens. Le Commandant de l’escadron concerné a été limogé immédiatement après une réunion urgente entre le ministre de la Défense et le ministre de l’Ordre.

Il faut aussi rappeler qu’il s’agit de troupes spéciales professionnelles et non de soldats de l’armée grecque. Toutefois, l’incident fait écho aux méthodes éducatives souvent utilisées par l’Armée grecque et héritées d’un passé marqué par l’animosité entre voisins.

Le ministre albanais des Affaires étrangères, Ilir Meta, a aussi réagi vivement. « Nous allons consulté les responsables de notre ambassade et le gouvernement grec pour que lumière soit faite sur cet incident et que des mesures soient prises pour sanctionner ces extrémistes qui ont offensé les Albanais et qui veulent attiser les haines et les conflits dont personne n’a besoin », affirmait Ilir Meta.

« En tenant compte des centaines d’Albanais qui vivent et travaillent en Grèce, je reste persuadé que cet incident sera rapidement puni par les autorités grecques et qu’il ne s’agira que d’un cas isolé », précisait-il en ajoutant qu’il n’aurait aucune conséquence diplomatique sur les relations entre les deux pays.
Source : http://balkans.courriers.info/article14971.html