Georges Prévélakis, "Le processus de purification ethnique à travers le temps" in no spécial: "Les permanences balkaniques au XXe siecle", Guerres mondiales et conflits contemporains, janvier 2005/217, pp. 47-59 :
"Les atrocités perpétuées contre les populations civiles pendant l’insurrection qui a conduit à la création du premier état indépendant issu de l’Empire ottoman (la Grèce) peuvent être interprétées de diverses manières. La révolution ou guerre d'indépendance grecque est un phénomène complexe composé de luttes locales, régionales, religieuses et nationales. Les massacres des Musulmans et des Juifs au Péloponnèse en 1821 ne s’inscrivaient pas encore dans une logique moderne d'homogénéisation territoriale mais appartenaient plutôt à des formes de violence pre-modernes. Par contre, la création de l’Etat-Nation grec – un État moderne dans tout le sens du terme ne pouvait se réaliser sans une politique de “purification”. Cette politique était parfaitement acceptable (et acceptée) par les puissances européennes “protectrices”. Les Musulmans qui se sont trouvés dans le territoire soumis à l'autorité du gouvernement du nouvel État ont dû traverser la frontière et passer du côté ottoman. Par contre, aucune “purification ethnique” à l’encontre des populations orthodoxes non-hellénophones n’a été perpétuée.
Le premier territoire grec incluait une importante population albanophone (les Arvanites) et valaquophone (Koutzo-Valaques ou Tzintzares) qui n’a rencontré aucune difficulté pour s'intégrer dans la communauté nationale puisqu’ils étaient Chrétiens Orthodoxes. Enfin, la situation des Juifs est plus complexe: il n’ont pas été soumis à l'expulsion sans non plus être considérés comme Grecs à part entière."
Source : http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/11/04/27/PDF/Les_permanences_balkaniques.pdf
