mercredi 26 janvier 2011

Les Grecs, des Occidentaux ? Leurs relations avec le tiers-mondisme arabe et la République islamique d'Iran

Didier Billion, La politique extérieure de la Turquie : une longue quête d'identité, Paris, L'Harmattan, 1997, p. 88 :

"(...) Nasser fait transporter des armes pour les Chypriotes grecs au départ d'Alexandrie, et se présente comme un fidèle soutien à la cause de Makarios."

El Hassane Maghfour, Hydropolitique et droit international au Proche-Orient, Paris, L'Harmattan, 2008, p. 114 :

"Dès le début des années 80, Hafez Al-Assad a ouvert la porte de son pays à plusieurs organisations et groupuscules « anti-turcs ». Ce fut le cas d'opposants turcs d'extrême gauche de Dev Sol, de l'organisation arménienne ASALA, des groupes pro-grecs hostiles à la présence turque en Chypre et évidemment du PKK. Toutes ces factions ont bénéficié de camps d'entraînement en Syrie et plus tard dans la vallée de la Beqaa au Liban."

Elise Ganem, L'axe Israël-Turquie : vers une nouvelle dynamique proche-orientale ?, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 146-147 :

"Traditionnellement pro-arabe, il semblerait que la Grèce s'était rapprochée encore plus des Etats musulmans après la conclusion des accords de coopération militaire Israël/Turquie, qualifiés d' « alliance de malfaiteurs » par le ministre des Affaires étrangères Theodoros Pangalos. En signe de protestation, Athènes avait tout simplement refusé de mettre en application son accord de coopération militaire signé avec Israël en décembre 1994.

Cependant, c'est bien avant la conclusion des textes de 1996, que la Grèce, sous l'influence de la Syrie, avait commencé à voir d'un mauvais œil les relations croissantes entre Israël et la Turquie. Pour preuve, Athènes reçut l'autorisation, par le biais d'un accord signé en 1995, de se poser sur les bases syriennes. Or, lorsque l'on sait que les relations avec Ankara sont extrêmement tendues du fait du différend profond qui subsiste à propos de Chypre, cet accord aurait pu, ou pourrait, modifier l'issue d'un éventuel conflit, qu'il soit diplomatique ou militaire. Quelques temps après la signature de l'accord de février 1996 entre l'Etat hébreu et la République kémaliste, la Grèce signa de nouveau un accord de coopération militaire avec la Syrie. Celle-ci souhaitait ainsi resserrer l'étau autour de la Turquie et par là la forcer à reconsidérer ses liens avec Israël. L'intégration progressive de la Grèce dans la contre-alliance s'effectua donc dès le milieu des années 1990, et prit un envol significatif après l'affaire des missiles russes S-300 sur la partie grecque de Chypre, dont on connaît l'issue. A ce moment-là, Athènes se jeta dans les bras de l'Iran qui lui offrit l'occasion de marquer plus encore son mécontentement à la Turquie et à Israël. En septembre 1998, Pangalos participa à un sommet trilatéral (Grèce/Iran/Arménie) à Téhéran qui se conclut par la signature d'un accord et par la vive réaction d'Ankara, puisque Ismail Cem en personne se rendit quelques jours plus tard à Téhéran afin de demander des explications."