mardi 1 février 2011

Québec : un restaurant grec impliqué dans un trafic d'héroïne

Agrandissement refusé à un restaurateur d’Outremont accusé de trafic d’héroïne    
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Daniel Renaud  
Lundi, 31 janvier 2011 00:48
Mise à jour le Lundi, 31 janvier 2011 13:36

Accusé de trafic d’héroïne, le propriétaire et chef cuisinier cinq étoiles d’un restaurant coté d’Outremont ne pourra pas agrandir son établissement.

Ainsi en ont décidé la Régie des alcools, des courses et des jeux et le Tribunal administratif du Québec dans deux décisions rendues respectivement le 3 septembre dernier et le 26 janvier.

Les déboires de Dionisios Katravas, propriétaire, principal actionnaire et cuisinier du restaurant Orexi, situé au 1270 de la rue Bernard, à Outremont, ont débuté le 21 février 2010.
Ce jour-là, lui et deux de ses employés, Geracimos Katravas et Constantinos Bitsanis, ont été arrêtés par les policiers de Montréal dans un logement attenant au restaurant avec environ un kilo d’héroïne et plus d’une livre de marijuana.

Les trois individus ont été appréhendés à l’issue d’une filature qui a duré 24 heures et qui a débuté après que la police eut reçu des informations voulant que Katravas était un important trafiquant de drogue, un prêteur usuraire, qu’il portait une arme de poing et qu’il était en conflit avec des gens du milieu criminel.

Lors de cette filature, les policiers ont suivi Katravas, qui, à bord d’un luxueux VUS Cadillac Escalade noir immatriculé au nom de sa conjointe, a notamment fait la navette entre sa résidence de Laval, son restaurant et un immeuble à condos situé au 3333, Jean-Talon Ouest, où il a fait monter l’un de ses employés. Il a ensuite déposé ce dernier dans le secteur des rues Rouen et Préfontaine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où l’employé est entré dans quelques résidences avant de ressortir avec un sac. À noter que la conjointe de Dionisios Katravas et ses enfants l’accompagnaient dans le VUS lorsque les policiers l’ont observé.

Accusé de trafic de stupéfiants avec ses présumés complices, Dionisios Katravas, 38 ans, a plaidé non coupable le 25 février suivant. Dix jours plus tard, il a été libéré en attendant la suite des procédures moyennant un dépôt de 15 000 $ et à la condition de ne pas porter d’arme. Son enquête préliminaire devait avoir lieu jeudi dernier. À noter que, malgré les informations reçues, les policiers n’ont pas trouvé d’arme sur le restaurateur et ne l’ont pas accusé de prêt usuraire.

Prête-nom

Or, quelques jours avant son arrestation, Katravas s’était adressé à la Régie des alcools, des courses et des jeux pour récupérer des permis d’alcool qu’il avait perdus, faute de les avoir payés, et pour obtenir trois permis de restaurant supplémentaires pour aménager une salle de 72 places au rez-de-chaussée de son établissement et une terrasse qui peut accueillir 29 personnes.

Mais le 30 avril, deux mois après son arrestation, lui et sa femme ont signé un document voulant que cette dernière devienne la seule actionnaire du restaurant.

Malgré le témoignage en ce sens de la femme devant les régisseurs Pierre H. Cadieux et Aïda Karibian, de la Régie des alcools, des courses et des jeux, ceux-ci ont conclu que la conjointe de Katravas ne possédait pas les compétences pour diriger le restaurant, qui, dans les faits, continuerait d’être dirigé par Katravas, pour qui sa femme agirait plutôt comme prête-nom.

La Régie a donc refusé la demande. Katravas et sa conjointe se sont alors tournés vers le Tribunal administratif pour obtenir gain de cause, mais ils y ont également été déboutés.

« Compte tenu des importantes quantités d’héroïne et de marijuana saisies dans une dépendance de l’établissement, de l’arrestation de Dionisios Katravas, administrateur et unique actionnaire de la requérante ainsi que de deux employés et des accusations portées contre Dionisios Katravas, il est justifié de considérer que la délivrance des permis serait contraire à l’intérêt public », écrit le juge administratif Louis A. Cormier dans une décision rendue la semaine dernière.
Source : http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/faitsdivers/33065-restaurant-orexi-heroine