mercredi 9 mars 2011

Le déficit budgétaire français se creuse à cause de la Grèce

09/03/11 | 09:54 | Claude Fouquet
Grèce et taxe professionnelle creusent le déficit budgétaire en janvier
Le déficit budgétaire s'est dégradé de 4,2 milliards d'euros en janvier. Une contre-performance liée a des évènements exceptionnels : le déblocage d'une nouvelle tranche de l'aide européenne à la Grèce et le versement anticipé d'avances destinées à compenser les effets de la réforme de la taxe professionnelle pour les collectivités locales.

L'année débute sur une note mitigée pour le déficit budgétaire français.Selon les chiffres publiés ce matin par Bercy, le d éficit s'est creusé d'un peu plus de 4 milliards d'euros au mois de janvier 2010 par rapport au premier mois de 2009. Il atteint 13,4 milliards d'euros à fin janvier contre 9,2 milliards un an plus tôt. Une aggravation qui ne doit cependant pas être prise comme une tendance. Les chiffres du mois de janvier sont en effet marqués par « des évènements exceptionnels » avertit le ministère du budget. Il s'agit notamment du déblocage d'une nouvelle tranche du prêt de l'aide européenne qui a été accordée à la Grèce pour l'aider à faciliter son redressement économique. Cette aide se traduit en janvier par une sortie de fonds d'un montant de 1,4 milliards d'euros. Ce versement aurait du intervenir plutôt _ en fait en décembre 2010 _ mais la dernière échéance de prêt avait été reportée d'un mois. L'an dernier, Paris avait inscrit dans son budget 2010 pour environ 3,9 milliards d'euros d'aide à la Grèce, sur les 6,3 milliards prévus au titre de sa contribution au plan d'aide européen. Une aide qui ne doit pas creuser le déficit public de l'ensemble de l'année (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) puisque celle-ci est considérée comme une opération financière neutre dans la comptabilité publique.

Autre évènement exceptionnel qui explique cette dégradation, le versement anticipé des avances aux collectivités locales qui sont destinées à compenser les effets du nouveau régime de la taxe professionnelle et donc leur assurer une garantie de ressources.

Au final, et au 31 janvier dernier, les dépenses totales du budget atteignent 26,3 milliards d'euros contre 27,3 milliards un an plus tôt, ce qui constitue une évolution « conforme à la prévision de loi de finances pour 2011 » selon le ministère.

Du côté des recettes, la situation est plus équilibrée par rapport à celle qui prévalait en janvier 2010. Elles progressent légèrement pour atteindre 20,5 milliards contre 20 milliards un an plus tôt. Mais sur cette période de l'année il est difficile d'en tirer des enseignements. Les recettes fiscales augmentent ainsi de près de 8 % et la seule TIPP _ taxe intérieure sur les produits pétroliers _ de plus de 10 %. De même pour l'évolution des recettes non fiscales qui ne connaissent pas d'écart significatif dès lors qu'elles sont corrigées de l'encaissement d'une recette exceptionnelle d'un milliard, en application d'un jugement du Tribunal de l'Union européenne relatif au régime fiscal dérogatoire dont a bénéficié France Télécom entre 1994 et 2002. Sans cela, elles affichent un repli de près de 85 % sur un an.
Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201207583177-grece-et-taxe-professionnelle-creusent-le-deficit-budgetaire-en-janvier.htm