samedi 26 mars 2011

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

Erik Jan Zürcher, Turkey : A Modern History, Londres-New York, I. B. Tauris, 2004, p. 108-109 :

"Néanmoins, l'importance des pertes ottomanes dans la Guerre balkanique ne peut être minimisée. Ce fut un désastre sur les plans humain, économique et culturel. L'Empire perdit presque tous ses territoires européens, plus de 60 000 milles carrés en tout, avec près de quatre millions d'habitants. Encore une fois, comme en 1878, Istanbul fut inondée de réfugiés musulmans qui avaient tout perdu. Il y avait de graves éruptions de typhus et de choléra et un taux de mortalité très élevé parmi les réfugiés. Leur réinstallation causa d'énormes problèmes et beaucoup passèrent les années suivantes dans des bidonvilles. Mais la signification allait plus loin encore : les zones perdues (Macédoine, Albanie, Thrace) avaient été les domaines clés de l'Empire pendant plus de 500 ans. Ils étaient les provinces les plus riches et les plus développées et une part disproportionnée de l'élite dirigeante ottomane était originaire de là. Salonique, après tout, avait été le berceau du CUP. Un effet secondaire des pertes, c'était que maintenant, pour la première fois dans l'histoire ottomane, les Turcs ethniques devinrent une majorité de la population."