lundi 30 mai 2011

La "Grécaille"

Pierre Loti, Suprêmes visions d'Orient, Paris, Calmann-Lévy, 1921, p. 290 :

"Dans le chapitre sur Andrinople, je m'étais associé aux indignations des Grecs contre les brutes de Bulgarie, mais je me suis aperçu aujourd'hui que la Grécaille était pire encore comme férocité, fourberie et mensonges. Ce n'est pas d'hier du reste qu'elle s'est révélée telle. Voltaire, si je ne me trompe, fut le premier de chez nous qui célébra (en alexandrins d'une envolée vraiment mirlitonnesque) ses vertus guerrières et sa loyauté :

Les descendants d'Hercule et la race d'Homère 
Sans cœur et sans esprit, se vautrant sur la terre, 
Sont des fripons rampants qu'un aga fait trembler."

mardi 24 mai 2011

Le violent conflit opposant la Grèce et la Bulgarie sur les questions macédonienne et thrace

Georges Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècle, Paris, Fayard, 1991 :

"De cette longue « guerre de sept ans » [Guerres balkaniques et Première Guerre mondiale], les peuples des Balkans sortaient meurtris. Du Dniestr au golfe de Corinthe, tous avaient directement connu les invasions, les batailles, les occupations ennemies ou amies ; des milliers de soldats étaient tombés sur les champs de bataille, mais surtout interminable était la liste des exactions subies par les populations civiles. Les Grecs parlent de quarante-cinq mille morts et de quarante mille déportés pour leurs concitoyens de la Macédoine occupée par les Bulgares. Les économies étaient ruinées, la famine avait régné à Sofia comme à Athènes. Les oppositions ethniques d'autrefois s'étaient transformées en haines, et l'affirmation des identités nationales y avait pris une connotation agressive et xénophobe." (p. 398)

"Ce qui est certain, c'est que lorsque la résistance macédonienne se structura au début de 1943, ce fut sous l'égide du mouvement des Partisans yougoslaves de Tito, et que la participation des troupes bulgares aux côtés des Allemands dans la lutte contre ces maquis ne fit que propager la révolte. Dans les territoires ex-grecs de Thrace et de Macédoine, la politique de Sofia fut plus brutale. Le gouvernement d'Athènes, soucieux de gréciser ces régions, y avait établi en 1923 une grande partie des Grecs expulsés de la Turquie kémaliste, et, depuis lors, en avait refoulé la population slave. Celle-ci y était devenue assurément très minoritaire. Sofia pratiqua exactement la même politique, mais en sens contraire : on expulsa les Grecs pour y établir des colons bulgares. Toutefois, les méthodes employées furent telles que les historiens grecs parlent de milliers d'exécutions. Ce qui est sûr, c'est que l'opinion publique en Grèce devint durablement hostile aux Bulgares." (p. 450-451)

Voir également : L'antagonisme gréco-slave

L'oppression religieuse en Grèce

Thierry Mudry, Histoire de la Bosnie-Herzégovine : faits et controverses, Paris, Ellipses, 1999, p. 316 :

"Musulmans et catholiques font, par ailleurs, en Grèce l'objet de mesures discriminatoires dénoncées avec force par l'archevêque catholique d'Athènes, Monseigneur Nikolaos Foscolos, dans un message de carême publié en mars 1995. L'article 3 de la Constitution de 1975 définit l'orthodoxie comme « la religion dominante en Grèce », les autres confessions, qualifiées de « cultes étrangers », n'étant que « tolérées » par le Code pénal grec. Une série de lois, édictées sous la dictature du général Metaxas à la fin des années 30 (les lois 1363/1938 et 1672/1939) et toujours en vigueur aujourd'hui, a pour but de maintenir dans les faits cette position dominante de l'orthodoxie en interdisant le « prosélytisme », c'est-à-dire tous les actes visant à convertir ses fidèles à d'autres cultes. C'est en application de ces lois qu'entre 1983 et 1994, 2 221 Témoins de Jéhovah ont été arrêtés et 67 condamnés à des peines de prison de 4 à 6 mois. La puissance de l'Eglise orthodoxe et la prégnance de l'orthodoxie dans la société grecque sont telles que lorsque le gouvernement avait essayé au printemps 1993 de rendre facultative la mention de la religion sur les cartes d'identité, il s'était heurté à l'opposition quasi-unanime de la classe politique, après que dans une encyclique le Saint-Synode eut appelé les Grecs « à prendre conscience de la menace qui [pesait] sur l'orthodoxie et l'hellénisme ». A cette occasion, le député socialiste Georges Prasianakis affirma constater « une complète identification entre l'orthodoxie et l'hellénisme » et le député d'extrême-gauche Manolis Drettakis déclara que si la Grèce existait, c'était « grâce à l'orthodoxie »."

Voir également : Haine anti-catholique au sein du clergé grec-orthodoxe

Déficit de laïcité en Grèce

Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes

Oppression des minorités et irrédentisme : l'europhobie violente du nationalisme grec

Thierry Mudry, Histoire de la Bosnie-Herzégovine : faits et controverses, Paris, Ellipses, 1999, p. 315-316 :

"Quant à l'Etat grec, il se refuse toujours à reconnaître un statut de minorités aux Valaques et aux Slaves qui vivent dans le nord de son territoire et qu'il a baptisés « Grecs valaquophones » ou « slavophones » du seul fait qu'ils relèvent de l'Eglise orthodoxe grecque. Deux citoyens qui avaient revendiqué leur appartenance à la minorité slave macédonienne ont été ainsi condamnés le 1er avril 1993 à cinq mois de prison pour propagation de fausses nouvelles et incitation à la division nationale. Obéissant à la même logique, le gouvernement d'Athènes, l'Eglise orthodoxe grecque, représentée notamment par Monseigneur Sevastianos, évêque de Kanitsa, et les principaux partis politiques soutinrent plus ou moins ouvertement les menées irrédentistes dans la partie méridionale de l'Albanie, l'« Epire du Nord » selon la terminologie employée par les Grecs, que Sotiris Kouvelas, ministre du gouvernement Mitsotakis de 1990 à 1993, qualifiait de « terre grecque non libérée ». Un mystérieux Front de libération de l'Epire du Nord y opéra récemment et s'y distingua en avril 1994 par l'attaque d'une caserne de l'armée albanaise au cours de laquelle deux soldats furent tués. En réponse à cette action, des militants du parti des Grecs d'Albanie, Omonia, furent arrêtés et lourdement condamnés. La situation finit toutefois par se détendre entre les deux pays avec la visite en Albanie du ministre grec des Affaires étrangères au mois de mars 1995 et celle, quelques mois plus tard, du président grec venu signer avec son homologue albanais un accord de coopération et d'amitié. Il n'en demeure pas moins que les habitants de l'Albanie du Sud sont eux aussi considérés comme grecs au motif qu'il s'agit principalement de fidèles de l'Eglise orthodoxe locale dont la langue liturgique est le grec et l'archevêque, Mgr Anastasios Yanoulloutos, un ressortissant de la République hellénique. Pourtant, les Grecs de souche ne représentent de toute évidence qu'une minorité de ces habitants et de ces fidèles, face à une majorité d'Albanais et de Valaques."

Voir également : L'antagonisme gréco-slave

Les exactions des andartes grecs dans le sud de l'Albanie en 1914

Expulsion, hellénisation et oppression des Albanais par le stato-nationalisme grec

Haine anti-européenne au sein de l'armée grecque

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

samedi 21 mai 2011

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

Stéphane Yerasimos, "Caucase, la grande mêlée (1914-1921)", Hérodote, n° 54-55, 4e trimestre 1989, p. 160 :

"L'événement le plus important, entre la révolution de Février et celle d'Octobre, est, toutefois, l'autodémobilisation de l'armée du Caucase, qui fond complètement au cours de l'été et de l'automne 1917. La disparition des autorités russes donne l'occasion aux réfugiés arméniens de revenir dans leurs villages sous la protection des milices arméniennes, ce qui entraîne des actes de vengeance et les représailles des bandes kurdes. L'évolution de la situation militaire inquiète les Arméniens, mais aussi les chefs des missions militaires de l'Entente dans le Caucase. Ainsi, le plan du front chrétien, tenté par les Russes en 1914-1915, sera repris à une plus grande échelle par l'intermédiaire des attachés militaires alliés à Tiflis. Ce front doit comprendre les Grecs du Pont (région de Trabzon), les Géorgiens, les Arméniens et les Nestoriens de la région d'Ourmia."


Paul Dumont, Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, Bruxelles, Complexe, 2006, p. 19-21 :

"Les Grecs ont commencé à s'agiter dès les premiers jours de l'occupation [alliée]. Travaillés par la propagande irrédentiste du gouvernement d'Athènes, ils ont mis sur pied une multitude de comités patriotiques et ont ressuscité ici et là, la vieille tradition du banditisme. Depuis la signature de l'armistice de Moudros, l'idée d'une Grande Grèce englobant Constantinople, la Thrace orientale, l'ouest de l'Asie Mineure et peut-être même le littoral pontique ne paraît plus extravagante. Le nombre de ceux qui croient en la réalisation prochaine de la megali idea des nationalistes hellènes ne cesse d'augmenter.

Peuplée de plus de 250 000 Grecs et siège du patriarcat orthodoxe, Istanbul constitue un foyer d'effervescence particulièrement actif. Les irrédentistes, mettant à profit la présence des troupes alliées dans la ville, y publient plusieurs journaux et y animent diverses organisations. L'une de celles-ci, la Mavri Mira, fera à partir du début de l'année 1919 beaucoup parler d'elle. Patronnée par le consulat hellène et le patriarcat, cette organisation se présente officiellement comme une institution de secours aux émigrants. Mais certains de ses membres se consacrent aussi à des activités moins pacifiques. Ils exercent la jeunesse grecque au maniement des armes, organisent les bandes de comitadji et, à l'occasion, n'hésitent pas à lancer des raids contre les villages turcs. 

Les groupes de la Mavri Mira sévissent surtout autour d'Istanbul, dans les provinces égéennes et en Thrace orientale. Dans cette dernière région, deux autres organisations déploient également une grande activité. La première, le « comité de secours hellène », a pour mission essentielle d'aider les agriculteurs grecs à reprendre possession des terres qu'ils ont dû quitter au moment des hostilités. Conçue comme une association d'assistance, elle fournit aux émigrants l'aide financière dont ils ont besoin pour s'équiper et construire, ou reconstruire, leur maison. La seconde, le « comité thrace », est, à l'instar de la Mavri Mira, orientée vers l'action violente. Elle oeuvre ouvertement en faveur du rattachement de la Thrace orientale à la Grèce. Ses bandes armées multiplient les mauvais coups et sèment la terreur dans les campagnes, dans le but avoué de pousser les autochtones musulmans à s'en aller.

Les choses se présentent à peu près de la même manière dans le nord de l'Anatolie, le long du littoral de la mer Noire. Comme dans les autres régions à forte population grecque, l'effondrement de la Turquie a entraîné ici, dès novembre 1918, une vive poussée de fièvre. Les affrontements entre musulmans et chrétiens ont fait en l'espace de quelques semaines des centaines de victimes. Hors des grandes agglomérations, les autorités ottomanes sont absolument incapables d'assurer l'ordre et la sécurité. La campagne et les routes de l'hinterland appartiennent aux bandes de hors-la-loi. Les prélats orthodoxes, en particulier le métropolite d'Amasya Germanos et le métropolite de Trabzon Chrysantos, encouragent les insurgés et défendent leur cause devant les instances internationales. Le « comité du Pont » (une organisation créée vers le début du siècle avec l'appui des missionnaires américains et qui, depuis, n'a cessé de se dépenser en faveur de l'idée d'un Etat pontique autonome) orchestre toute cette agitation : il publie des journaux et des brochures de propagande, lance des mots d'ordre, organise des congrès, assaille de démarches les diplomates des grandes puissances."


Voir également : Trabzon, une pomme de discorde entre les nationalismes grand-grec (Megali Idea) et grand-arménien (Miatsial Hayastan)

Le soi-disant génocide des Grecs micrasiatiques

Le mensonge de l'expulsion d'1,5 million de Grecs d'Anatolie par les kémalistes

jeudi 19 mai 2011

La traite esclavagiste des Slaves par les Byzantins

Bernard Lewis, Comment l'Islam a découvert l'Europe, Paris, La Découverte, 1984, p. 191 :

"Nombre d'Européens se livraient à l'exportation d'esclaves dans le monde musulman. Il y avait des chrétiens, des juifs, des citoyens des grandes villes marchandes d'Italie et de France, ainsi que des Grecs opérant en Méditerranée orientale. Dès le VIIIe siècle, ces derniers commencent à subir la concurrence des Vénitiens dont les activités dans ce domaine furent importantes."

Youval Rotman, Les esclaves et l'esclavage : de la Méditerranée antique à la Méditerranée médiévale, VIe-XIe siècles, Paris, Les Belles Lettres, 2004, p. 78 :

"Sur cette carte, Byzance représente le principal marché consommateur d'esclaves slaves en dehors du monde arabe. Les Byzantins sont ainsi en concurrence avec les Arabes pour ce type de marchandise."

Claude Cahen, Douanes et commerce dans les ports méditerranéens de l'Egypte médiévale d'après le Minhādj d'al-Makhzūmī, Leyde, E. J. Brill, 1964, p. 232-233 :

"(...) la situation aussi bien du haut Moyen Age, où Juifs et Italiens exportaient en pays musulmans méditerranéens les esclaves slaves ramassés en Europe centrale et balkanique, que du bas Moyen Age, où les Gênois vendaient en Egypte, avec la complicité de Byzance, les esclaves slaves, turcs ou tcherkesses ramassés autour de la Mer Noire."

John Tolan, "Le Moyen Age", in L'Europe et l'islam : quinze siècles d'histoire (ouv. col.), Paris, Odile Jacob, 2009, p. 90 :

"Un des principaux produits d'exportation de l'Europe, entre le VIIe et le XIIe siècle, fut les esclaves. Nous avons vu comment pirates et corsaires (arabes, grecs, italiens, catalans et autres) se livrent à des razzias et s'enrichissent aux dépens des captifs qui sont soit rançonnés, soit vendus en esclavage. Il y avait aussi un commerce considérable d'esclaves originaires du nord et de l'est de l'Europe, capturés par des armées ottoniennes, byzantines ou slaves, ou vendus par leurs parents. Nous avons évoqué le rôle important que jouaient les Saqâliba (Slaves) dans les pays arabes, notamment au sein des armées umayyades d'Espagne. Ils sont si nombreux en Europe qu'on ne dit plus servus, le mot classique pour désigner le serviteur non libre, mais plutôt esclavus, « slave »."

Michel Rouche, Histoire du Moyen Age : VIIe-Xe siècle, Bruxelles, Complexe, 2005, p. 231 :


"Le premier doge [vénitien] Paul et son successeur Orso ne tardent pas à étendre leur domination maritime, tandis que leurs marins vendent du bois et des esclaves slaves aux Byzantins et aux musulmans."

Voir également : L'antagonisme gréco-slave

Les Grecs plus slavophobes que turcophobes ?

L'esclavage dans l'Empire ottoman

jeudi 5 mai 2011

La brutalisation entraînée par les Guerres balkaniques (1912-1913), elles-mêmes provoquées par les Etats chrétiens-orthodoxes (Grèce, Serbie, Bulgarie)

Dzovinar Kévonian, Réfugiés et diplomatie humanitaire : Les acteurs européens et la scène proche-orientale pendant l'entre-deux-guerres, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, p. 200-201 :

"Les Guerres balkaniques représentent cependant dans cet enchaînement une étape importante car elle préfigure les mesures prises lors des règlements de paix du premier conflit mondial. La première guerre balkanique, qui d'octobre 1912 à mai 1913 oppose la Serbie, la Bulgarie et la Grèce à l'Empire ottoman, puis la seconde de juin-juillet 1913 opposant la Bulgarie à ses alliés de la veille et de nouveau à l'Empire Ottoman, provoquent de massifs mouvements de populations liés à la violence des combats et aux enjeux nationaux et territoriaux en présence. Dans ces conflits, les populations civiles sont au centre des stratégies de guerre, à la fois comme acteurs, otages et enjeux territoriaux. La première guerre provoque principalement l'exode vers Constantinople et l'Anatolie de près de 100 000 musulmans de Thrace fuyant l'avancée des armées des Etats balkaniques. Pendant la seconde guerre, on assiste à un chassé-croisé des populations : reflux vers la Bulgarie de 15 000 Bulgares de Macédoine, de 70 000 Grecs de Thrace occidentale occupée par les armées bulgares vers la Grèce ; départ de 10 000 Grecs des territoires macédoniens attribués à la Serbie par le traité de Bucarest (août 1913), de 48 600 musulmans de Thrace occidentale vers la Turquie et de 46 800 Bulgares de Thrace orientale vers les territoires de Thrace occidentale attribués à la Bulgarie, à la suite du traité de Constantinople (septembre 1913). Uniquement en Macédoine, on assiste sur l'ensemble de la période 1912-1925, à 17 mouvements de migrations. Ces deux guerres ont en commun l'extrême âpreté des combats, la disparition de la distinction entre civils et militaires, le recours aux massacres et persécutions, aux pillages et destructions de toutes sortes. Les témoignages abondent sur les « atrocités » balkaniques des années 1912-1913, en particulier ceux des correspondants de guerre. Souvent confusément, parfois de manière plus claire, ces journalistes et reporters perçoivent que ces guerres sont différentes et constituent une atteinte au droit des gens."

Sur le même sujet : Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

Les Grecs, des Européens ? Leurs relations historiquement étroites avec les Arabes

Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce, Bruxelles, Complexe, 2006, p. 127 :

"La Grèce et le monde arabe

Les Grecs ont un long passé de relations étroites avec les peuples arabes dont la civilisation a été fortement influencée par l'hellénisme. Malgré l'importance de l'islam pour l'arabisme, un certain nombre d'Arabes sont des chrétiens orthodoxes.

A l'intérieur de l'Empire ottoman, les hommes d'affaires grecs ont développé leurs activités dans l'espace arabe. Au XIXe siècle, les Grecs jouaient un rôle fondamental dans l'économie de l'Egypte. La communauté grecque d'Alexandrie constituait un des principaux foyers de l'hellénisme qui a apporté à la Grèce un grand nombre de ses évergètes et aussi un des plus grands poètes grecs, Constantin Cavafy.

Cette présence grecque dans les pays arabes n'a pas survécu à la montée des nationalismes. Le départ des Grecs d'Egypte a commencé dès la fin du XIXe siècle pour se terminer dans les années 1950, par le déracinement total de la communauté grecque d'Egypte, après l'arrivée de Nasser au pouvoir au Caire. La Grèce actuelle conserve beaucoup de traces de ce passé. Les Grecs arrivés d'Egypte, que les Grecs ont appelé Egyptiotes, ont gardé leurs réseaux d'affaires et constituent, aujourd'hui, un lien entre la Grèce et le monde arabe.

Les Grecs et les Arabes ont combattu l'Empire ottoman et ont souvent été liés par une commune hostilité envers la Turquie, en particulier la Syrie. Ainsi, après 1974, les pays arabes ont soutenu la diplomatie grecque et chypriote contre la Turquie. Ces liens économiques et diplomatiques expliquent certaines difficultés dans les relations de la Grèce avec Israël (Etat qu'elle n'a reconnu qu'en mai 1990).

Pendant les années de la dictature de Papadopoulos, ainsi que pendant les années 1980, les relations avec les pays et les peuples arabes ont été très étroites. En 1973, Papadopoulos aurait été renversé par Ioannidis manipulé par la CIA à cause de son refus d'accorder aux Américains l'utilisation de l'espace aérien grec pour qu'ils soutiennent Israël (pendant la guerre du Kippour). Beaucoup d'officiers qui soutenaient Georges Papadopoulos étaient très influencés par le colonel Kadhafi.

Andréas Papandréou a repris cette tradition en menant une politique franchement pro-palestinienne et pro-arabe. Il a notamment essayé de jouer un rôle de médiateur entre la Libye et la France.

La Grèce est considérée comme un carrefour du terrorisme méditerranéen. Le territoire grec est souvent le théâtre de règlements de compte entre organisations arabes ou entre Arabes et Israéliens. Beaucoup d'opérations terroristes qui ont eu lieu en Grèce ont un rapport avec ce contexte. En général, ces opérations ne visent pas les intérêts grecs, mais plutôt américains, français, israéliens ou autres. Ce constat a conforté l'idée d'une certaine tolérance, dans les années 1980, des autorités de sécurité grecque envers les organisations terroristes installées sur son territoire.

Le renforcement de la position d'Israël après la guerre du Golfe de 1991 a conduit les gouvernements grecs à réexaminer leur politique à l'égard de cet Etat. Celle-ci est devenue certes beaucoup plus équilibrée pendant les années 1990, mais les liens entre Grecs et Arabes restent, aujourd'hui, importants dans différents domaines de la vie internationale. La marine marchande grecque constitue, elle aussi, un facteur de rapprochement puisqu'une grande partie du pétrole arabe est transportée par des pétroliers grecs."

mercredi 4 mai 2011

Mauvaise nouvelle pour Athènes : la Turquie et la Serbie signent un plan de coopération militaire

Serbia-Turkey sign military cooperation plan for 2011
April 29, 2011 3:21 pm

The bilateral military cooperation plan for 2011 has been signed by representatives of the Serbian and Turkish Defense Ministries in Ankara on last Tuesday. This was confirmed by the website of the Serbian Defense Ministry.

The defense cooperation established with Turkey is vastly developed and continuously promoted, and the major areas are joint exercises of special forces’ units, military-economic cooperation, training and education, stated the Serbian ministry.

The Head of the Directorate for International Military Cooperation Milorad Peric and Chief of Turkish General Staff Strategy Department Major General Tahir Bekiroglu have signed this plan yesterday.
Source : http://www.turkeydefence.com/serbia-turkey-sign-military-cooperation-plan-2011-20110429/