mardi 24 mai 2011

L'oppression religieuse en Grèce

Thierry Mudry, Histoire de la Bosnie-Herzégovine : faits et controverses, Paris, Ellipses, 1999, p. 316 :

"Musulmans et catholiques font, par ailleurs, en Grèce l'objet de mesures discriminatoires dénoncées avec force par l'archevêque catholique d'Athènes, Monseigneur Nikolaos Foscolos, dans un message de carême publié en mars 1995. L'article 3 de la Constitution de 1975 définit l'orthodoxie comme « la religion dominante en Grèce », les autres confessions, qualifiées de « cultes étrangers », n'étant que « tolérées » par le Code pénal grec. Une série de lois, édictées sous la dictature du général Metaxas à la fin des années 30 (les lois 1363/1938 et 1672/1939) et toujours en vigueur aujourd'hui, a pour but de maintenir dans les faits cette position dominante de l'orthodoxie en interdisant le « prosélytisme », c'est-à-dire tous les actes visant à convertir ses fidèles à d'autres cultes. C'est en application de ces lois qu'entre 1983 et 1994, 2 221 Témoins de Jéhovah ont été arrêtés et 67 condamnés à des peines de prison de 4 à 6 mois. La puissance de l'Eglise orthodoxe et la prégnance de l'orthodoxie dans la société grecque sont telles que lorsque le gouvernement avait essayé au printemps 1993 de rendre facultative la mention de la religion sur les cartes d'identité, il s'était heurté à l'opposition quasi-unanime de la classe politique, après que dans une encyclique le Saint-Synode eut appelé les Grecs « à prendre conscience de la menace qui [pesait] sur l'orthodoxie et l'hellénisme ». A cette occasion, le député socialiste Georges Prasianakis affirma constater « une complète identification entre l'orthodoxie et l'hellénisme » et le député d'extrême-gauche Manolis Drettakis déclara que si la Grèce existait, c'était « grâce à l'orthodoxie »."

Voir également : Haine anti-catholique au sein du clergé grec-orthodoxe

Déficit de laïcité en Grèce

Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes