vendredi 15 juillet 2011

L'arrogance inouïe d'Evangélos Vénizélos

La Grèce refuse le «défaut partiel»

Alors que les ministres des Finances européens tentent de trouver une solution pour sauver la Grèce de la faillite, le pays a rejeté toute possibilité de procéder à un défaut partiel.

Alors que les marchés ont plongé lundi soir sur des craintes d'une contagion de la crise de la dette en Europe, les grands argentiers de la zone euro ont tenté de rassurer les marchés financiers. «Il s'agit de résister à un risque de contagion» à l'Italie, qui semble être la nouvelle cible des marchés, ou à l'Espagne, et de «préserver la stabilité financière de la zone euro», a précisé le chef de l'Eurogroupe, Jean-Claude Junker.

Ainsi l'Europe tente-t-elle de mettre en place un second plan d'aide aux pays, et dans ce cadre, le groupe de travail chargé de trouver une solution pour sauver le pays de la faillite n'exclut désormais plus un «défaut partiel» de la Grèce. Une possibilité écartée par le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos. «Nous voulons une couverture totale de nos besoins d'emprunt et de la stabilité du système financier grec, qui est une partie du système financier européen, affirme-t-il. Cette couverture doit être offerte soit par la BCE soit par l'Eurozone et les Etats membres, soit d'autres organismes comme le fonds de soutien. Il n'y a pas d'autre possibilité».

Les dirigeants européens n'ont pas réussi à rassurer complètement les marchés financiers. Les pistes de mesures que les ministres des Finances de la zone euro, ont lancé lundi soir, augmentation de la taille du Fonds de secours financier (440 milliards d'euros) et allongement des maturités des prêts- n'ont pas convaincu les investisseurs à l'ouverture de la Bourse de Paris, le Cac 40 reculant de plus de 2%.

En revanche, après avoir annoncé qu'un sommet extraordinaire pourrait avoir lieu vendredi, les marchés financiers se sont quelque peu repris. Le Cac 40 a ainsi clôturé en recul de 0,98% à 3770,21 points. «Plus que des chiffres, les investisseurs ont surtout besoin d'un calendrier précis», affirme Franklin Pichard, directeur Barclays Bourse. La nouvelle directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a ainsi rappelé aux dirigeants européens l'importance de mettre en oeuvre rapidement les mesures promises.
La communauté internationale «ne peut pas sauver l'Espagne»

La ministre espagnole de l'Économie, Elena Salgado, a estimé mardi qu'il n'était «pas logique» que l'Espagne et l'Italie soient «affectées par l'instabilité des marchés», car leurs économies sont «fortes et diversifiées». «Si nous sommes capables de transmettre la détermination que nous avons tous, les marchés devraient raisonnablement se calmer», a-t-elle ajouté.

Mais les marchés, eux, ne voient pas les choses de cette manière : «alors que la communauté internationale peut sauver la Grèce, l'Irlande et le Portugal, elle ne pourra pas sauver l'Espagne, trop important contributeur de la zone euro», a expliqué lundi Laurent Geronimi, directeur de la gestion des taux chez Swiss Life Gestion Privée.
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/12/04016-20110712ARTFIG00231-zone-euro-l-europe-et-le-fmi-jouent-l-apaisement.php