mercredi 10 août 2011

Des élus de l'UMP veulent accélérer le vol de l'argent des travailleurs français pour perfuser les Grecs

Des élus UMP veulent accélérer l'aide à la Grèce

Par Solenn de Royer, Jean-Baptiste Garat

Publié le 08/08/2011 à 20:33

L'exécutif redoutait une forte mobilisation de l'opposition en cas de session avancée.

Faut-il faire fi de la trêve estivale pour adopter au plus vite le plan d'aide à la Grèce ? Les députés de la majorité sont nombreux à penser qu'une convocation du Parlement dès le mois d'août est nécessaire pour entériner l'accord européen du 27 juillet. Nicolas Sarkozy a décidé de programmer une session extraordinaire début septembre. Un peu tard, estiment certains députés, alors que le risque d'une contagion de la crise de la dette se fait plus pressant.

«Tout ce qui peut apaiser les marchés doit être fait le plus vite possible, estime le député UMP de l'Oise Édouard Courtial, qui se dit prêt à rentrer à Paris immédiatement. Cette session ne durera que deux jours. On pourrait s'y coller dès maintenant.» «Le pays est paralysé pendant les vacances, c'est grotesque, tonne-t-il. Pendant ce temps, les marchés, eux, ne sont pas morts. Il faut adapter le timing politique à la situation.» Même empressement du côté d'Étienne Pinte (Yvelines) : «Il aurait fallu convoquer tout de suite l'Assemblée et le Sénat, afin de démontrer la volonté politique de la France. Je crains qu'en traînant comme on le fait, cela laisse perdurer les craintes et les peurs…»

D'autres, comme le sarkozyste Alain Gest, sont plus prudents : «Inutile de dramatiser à outrance, argue le député de la Somme. Ne soyons pas anxiogènes, la situation l'est suffisamment.» Le rapporteur du budget Gilles Carrez estime, quant à lui, que la France est le pays qui a réagi avec le plus de célérité depuis le sommet de Bruxelles : «On ne peut pas nous reprocher d'être trop lents, défend-il. Le texte sera examiné en commission dès le 31 août. Le Bundestag, lui, ne doit se réunir que mi-septembre. Et il faut l'intervention de l'ensemble des pays de la zone euro.» Le président de la commission des affaires sociales à l'Assemblée, Pierre Méhaignerie, considère également que «c'est le bon calendrier puisque le Conseil des ministres en a décidé ainsi». «Cela nous laisse le temps de parvenir à un accord avec l'opposition», espère l'élu d'Ille-et-Vilaine, désireux d'éviter une querelle comme celle des républicains et des démocrates aux États-Unis.
Colère du président

Selon nos informations, l'hypothèse d'une convocation du Parlement en urgence, fin juillet ou début août, a été étudiée. Mais la Commission de Bruxelles et Bercy n'étaient pas prêts : «Les documents financiers nécessaires à la discussion sont en préparation, explique une source gouvernementale. Ils ont assuré qu'ils n'y arriveraient pas avant début octobre. Il a fallu que le président se fâche pour que Bercy accepte d'accélérer le tempo.» Le gouvernement redoutait aussi que les députés et sénateurs de la majorité soient mis en minorité. «Les socialistes sont en pleine primaire, ils sont plus mobilisés que nous», observe un ministre.

La plupart des députés de la majorité appellent la gauche à la responsabilité, faisant valoir que cette crise révélera «les qualités d'homme d'État» du président. «La situation fera comprendre aux Français à quel point la dette pèse sur nos épaules, assure Édouard Courtial. Cela discrédite les vieilles lunes de la gauche : emploi-jeunes ou augmentation du budget de la culture…» Même sentiment chez Éric Ciotti (Alpes-Maritimes) : «La crise légitime qu'on ait un président fort, et surtout pas “normal” [comme le revendique François Hollande, NDLR]. Un président exigeant avec les équilibres budgétaires, et qui tienne le cap dans la tempête. Où en serions-nous si les socialistes avaient été à la barre ? Dans la situation de la Grèce… !»

Alain Gest est plus prudent : «Les Français peuvent se dire que Sarkozy tient bon la barre. Mais ceux qui souffriront le plus de la crise peuvent se laisser séduire par la démagogie et estimer qu'il faut changer de politique. C'est aléatoire.» Un quitte ou double, en quelque sorte.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2011/08/08/01002-20110808ARTFIG00433-des-elus-ump-veulent-accelerer-l-aide-a-la-grece.php