lundi 1 août 2011

Inefficience grecque : la mauvaise note de Standard & Poor's

La Grèce encore enfoncée par Standard & Poor's

Par Guillaume Guichard
Publié le 27/07/2011 à 19:44

Après le coup de massue de Moody's, l'agence de notation a placé la note du pays à deux crans du défaut de paiement. Le plan européen «n'est pas favorable aux investisseurs», selon elle.

Après sa consœur Moody's, l'agence de notation Standard & Poor's sanctionne la Grèce. Elle a annoncé ce mercredi l'abaissement de la note du pays à «CC», avec une perspective négative. Athènes se retrouve à deux crans du défaut de paiement. Le plan d'aide présenté jeudi dernier par les dirigeants européens placera de facto la Grèce en situation de «défaut sélectif», argumente l'agence.

Le plan, qui prévoit une perte de 20% pour les investisseurs volontaires détenant des titres de dette grec, «n'est pas favorable aux investisseurs», souligne Standard & Poor's (S&P). «Même si aucune date n'a été donnée pour le lancement de ce plan, nous comprenons qu'il ne se déroulera pas avant septembre au plus tôt. Lorsqu'il sera annoncé, une dégradation de la note au rang de «défaut sélectif» (SD) devrait survenir», prévient S&P.

D'autre part, Standard & Poor's estime que si le Fonds européen de stabilité financière (FESF) rachète à grande échelle des titres de dette sur le marché à des prix rabotés, le pays sera également en situation de défaut sélectif. La note de la Grèce sera relevée lorsque les opérations de rachat de dette et de restructuration seront accomplies.

Mais S&P reste prudent. Après ce premier défaut, le risque que le pays face à nouveau défaut «reste élevé». Le patron de la notation pays de l'agence a lancé des déclarations en ce sens mardi matin. «Nous prévoyons d'accorder à la Grèce une note basse dans la catégorie spéculative», c'est-à-dire à haut risque, prévient-il. La dette devrait toujours représenter plus de 130% du produit intérieur brut à la fin 2011 et les perspectives de croissance, observe S&P, restent incertaines.

Le président de la Banque centrale européenne a pris la défense de la Grèce, peu avant l'annonce de S&P. Spéculer sur une faillite de la Grèce, selon lui, «serait le plus sûr moyen de perdre de l'argent après les décisions de jeudi dernier» accordant une nouvelle aide au pays.
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/27/04016-20110727ARTFIG00487-la-grece-encore-enfoncee-par-standard-amp-poor-s.php