mardi 6 septembre 2011

L'Allemagne défend ses intérêts, n'en déplaise aux Grecs

Berlin hausse le ton contre Athènes

Par Cyrille Lachèvre

Si la Grèce ne respecte pas ses objectifs de réduction de déficits, le pays ne recevra pas le versement de la tranche prévue le 15 septembre, selon la presse allemande.


Alors que la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe doit rendre mercredi son jugement sur la validité du premier plan d'aide à la Grèce, voté en 2010, le gouvernement allemand a accru la pression sur Athènes.

Selon plusieurs journaux outre-Rhin, la chancelière Angela Merkel aurait informé des membres de son parti (CDU) que la Grèce ne recevrait pas le versement de la tranche prévue le 15 septembre si elle ne respectait pas ses objectifs de réduction de déficits. Plus explicite, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué, ­devant le Parlement que si la mission de la Troïka, interrompue ­la semaine dernière, ne reprenait pas rapidement et ne se terminait pas de manière positive, «la prochaine tranche d'aide ne serait pas accordée».
Défaite électorale récente

Ce durcissement du ton vise à contenir la grogne dans les rangs de la CDU depuis la défaite électorale, dimanche, dans le Land du Mecklenburg-Poméranie-Occidentale. De fait, Angela Merkel ne dispose plus que d'une courte majorité pour faire voter par le Bundestag, le 29 septembre prochain, le second plan d'aide à Athènes. La chancelière doit donc donner à son Parlement des gages de fermeté pour montrer qu'elle ne creuse pas un puits sans fond.

Cette pression mise par les Allemands aux Grecs témoigne aussi tout simplement du blocage de la situation à Athènes, incapable d'honorer ses engagements. Selon l'agence Reuters, la Grèce aurait demandé à recevoir plus vite que prévu le versement des sommes promises dans le cadre du second plan d'aide, ce qui signifierait que ses finances se dégradent plus rapidement qu'anticipé. À la différence de la France, de plus en plus d'États font preuve de réticences pour voter la seconde aide.

Le chef du Parlement slovaque, Richard Sulik, a indiqué que la Slovaquie ne se pencherait qu'en décembre sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ce plan «ne pourra donc entrer en vigueur qu'en février», a déclaré M. Sulik.

Toutes ces interrogations ont encore lourdement pesé sur les obligations de la zone euro mardi. Alors que l'Italie a été contrainte d'accélérer encore le vote de son plan de rigueur, c'est de Madrid que sont venues les nouvelles secousses. Le dirigeant du CCOO, l'un des principaux syndicats espagnols, a déclaré que le premier ministre, José Luis Zapatero, lui aurait avoué que le pays était «au bord de l'abîme» et allait avoir besoin d'un plan de sauvetage. Des propos fermement démentis mardi par le gouvernement espagnol, qui illustrent les tensions grandissantes dans chaque pays.
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/09/06/04016-20110906ARTFIG00645-berlin-hausse-le-ton-contre-athenes.php