jeudi 20 octobre 2011

En Grèce, on n'a plus d'éboueurs, mais on a des soldats...

L'armée grecque de corvée de poubelles

AFP Publié le 17/10/2011 à 15:14

La Grèce, privée aujourd'hui de liaison avec les îles par un débrayage de 48 heures des marins, a décidé de faire intervenir des soldats pour conduire les camions poubelles après deux semaines de grève des éboueurs qui laissent les trottoirs envahis de tonnes d'ordures.

Les contestations sectorielles se multiplient depuis la semaine dernière en Grèce, avant le vote prévu jeudi au Parlement sur le projet de loi comportant de nouvelles mesures d'austérité, la mobilisation sociale devant culminer avec une grève générale de 48 heures mercredi et jeudi à l'appel des deux principaux syndicats Adedy et GSEE.

Lundi, aucun bateau n'a quitté ou rallié le port du Pirée, près d'Athènes, après 06HOO locales (03H00 GMT), suivant un mot d'ordre de grève de 48 heures, a indiqué le ministère de la marine marchande. La Fédération nationale des marins (PNO) s'est félicitée d'un "succès total" contre "l'offensive barbare visant les acquis sociaux", et indiqué envisager de prolonger la grève jusqu'à vendredi.

Alors que le syndicat des éboueurs d'Athènes attendait le jugement d'une plainte déposée par la mairie pour déclarer leur mouvement "illégal et abusif", le ministère de la Défense, à la demande du ministère de l'Intérieur, a donné son feu vert pour que 150 soldats professionnels conduisent les camions-poubelles municipaux, immobilisés en raison de la grève. Ce week-end, les autorités avaient confié le ramassage des ordures à des sociétés privées opérant sous protection policière.
Les greffiers et magistrats ont pour leur part lancé un mouvement de fermeture des tribunaux dès midi, trois heures en avance sur l'horaire, avec des menaces d'occupation des locaux.

Protestant depuis des semaines contre les nouvelles restrictions budgétaires avec débrayages perlés et occupations, les agents du fisc, fonctionnaires des Finances, et douaniers ont aussi entamé lundi des grèves à durée variable. Les médias publics, dont la télé Net et l'agence de presse nationale Ana, restaient aussi muets pour la cinquième journée. Les syndicats protestent contre un train de nouvelles mesures durcissant, pour la deuxième fois depuis juin à la demande des bailleurs de fonds le programme d'austérité imposé en mai 2010 au pays en échange de son sauvetage financier par l'Union Européenne et le Fonds monétaire international. Le projet de loi contesté supprime des niches salariales et place 30.000 employés du secteur public en chômage technique, augmente la pression fiscale et gèle les conventions collectives sectorielles.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/17/97001-20111017FILWWW00504-l-armee-grecque-de-corvee-de-poubelles.php