vendredi 21 octobre 2011

Le Grec Michel P. se pose une question légitime sur son peuple : "Est-on vraiment le pire peuple de la planète ?"

Grèce : «Est-on vraiment le pire peuple de la planète ?»

20/10/2011 | Mise à jour : 16:10

Par Le Figaro

TÉMOIGNAGE - Ce jeudi 20 octobre, la Grèce connaît une énième journée de troubles alors que le Parlement entend imposer une nouvelle diète à la population. Les syndicats ont déclaré ce jeudi une grève générale de 48h et les manifestants ne décolèrent pas. Michel P.*, marié sans enfant, est journaliste en Grèce, dans la ville de Thessalonique, au nord du pays. Il explique comment lui et son entourage vivent la crise de son pays au quotidien.

«C'est la première fois que je vois des gens pleurer, pleurer, pleurer»


Michel a conscience qu'il est relativement épargné par la crise profonde que connaît la Grèce : «Dans mon journal, pour le moment, des gens se sont arrêtés de travailler mais pour le reste ça va. J’ai de la chance, car dans la plupart des journaux c’est la guerre. Je connais très bien le milieu de la presse, j'y travaille depuis dix ans. Même dans les plus grands journaux grecs, beaucoup de gens ont été licenciés. Dans ma ville, j’ai aussi entendu dire que des journalistes n’étaient plus payés depuis trois ou quatre mois.»

Aujourd'hui, le Parlement grec doit voter de nouvelles mesures d’austérité qui prévoient notamment la réduction des traitements des fonctionnaires. Michel lui ne travaille pas dans le secteur public : ainsi, son salaire n’a pas été directement réduit.

Pourtant, indirectement son pouvoir d’achat a pâti des nouvelles taxes qui ont fait leur apparition depuis la crise. «La manière dont ces taxes sont imposées est très simple : c'est soit vous payez, soit on vous coupe l'électricité, par exemple.»

Dans son entourage, Michel voit pour «pour la première fois des gens pleurer, pleurer, pleurer. Ils vivent avec des salaires entre 600 et 700 euros, donc depuis septembre, ils vont devoir trouver d'autres sources de revenus pour pouvoir payer toutes ces taxes qui se rajoutent.»

La misère qui touche tout le peuple grec, Michel a pu la constater : «C'est terrible. Des gens ont perdu leur travail et n'ont pas un euro en poche. Ils s'en sortent tant bien que mal avec la retraite d'un parent, souvent entre 300 et 400 euros mensuels. Autant dire qu'ils sont obligés d'aller chercher - et si cela continue, de voler - de l'argent pour payer les nouvelles taxes.»

Et pourtant, malgré la réduction drastique des dépenses et l'augmentation des prélèvements, rien ne semble vraiment changer en Grèce, selon Michel. «Tous les deux ou trois mois, l'histoire se répète et l'on annonce de nouvelles mesures d'austérité, et à terme cela va vraiment tuer les gens. Comme on dit en Grèce : "L'opération a bien été effectuée mais le malade... est mort."»

«Notre horizon, c'est la fin de la semaine»

La corruption et la fraude pointées du doigt en Grèce, Michel les déplore. Il comprend et regrette le fait que ces mauvaises habitudes aient pu miner l'économie réelle du pays : «On connaît très bien nos défauts ; on a d'ailleurs les politiciens qu'on mérite. Mais est-on vraiment le pire peuple de la planète ? Est-ce la petite Grèce de 10 millions d'habitants qui va faire éclater le monde en mille morceaux ? Je crois plutôt que le même problème existe partout.»

Peut-on vraiment envisager une sortie de crise dans ce contexte catastrophique ? Michel n'y croit pas pour le moment. «Notre horizon, c'est la fin de la semaine. Au-delà, on ne peut rien programmer : on ne sait pas s'il y aura du travail, si l'on paiera en euro ou si l'on sera revenus à la drachme.»

Dans une période si incertaine, Michel n'est sûr que d'une chose : «Cet argent, on sait bien qu'il retournera aux banques, il n'y aura pas un sou pour le développement.»

* L'anonymat de Michel est préservé pour des raisons professionnelles.
Source : http://plus.lefigaro.fr/note/michel-grec-est-on-vraiment-le-pire-peuple-de-la-planete-20111020-576868

A noter que cet article a suscité des commentaires pertinents :

"marc wiel

J'ai voyagé deux semaines en Grèce du 22 septembre au 6 octobre.
La Grèce a été trop choyée par l'Europe, tout leur a été payé, y compris maintenant les salaires de la fonction publique. Ils ont claqué l'argent pour je n'hésite pas à le dire, "frimer", je n'ai jamais autant vu de superbes voitures haut de gamme, des petits ports remplis de bateaux de plaisance, de superbes villas etc....Doit on continuer à leur payer leurs envies de luxe et faire des sacrifices chez nous? Même le tourisme est en chute, recevoir des touristes pour les Grecs, c'était une activité dévalorisante, d'où un accueil du même niveau que dans un bistrot parisien de St Michel....
J'ai déjà dit, l'Europe paye maintenant sa mauvaise gestion, on savait en plus que les gouvernements Grecs trafiquaient les chiffres!
Marc, de Rouen, 61 ans."

"marc wiel

Oui, on doit tout autant aux Sumériens, aux Phéniciens (inventeur de notre alphabet) aux Egyptiens, aux Mésopotamiens ( le calendrier, la journée de 24H00) etc...les Grecs de l'antiquité ont été des intermédiaires, mais n'oubliez pas que c'était aussi des grands esclavagistes, et au sens moderne, des racistes aussi.
Marc, Rouen, 61 ans."

"AvatarBIRD 51

Sans doute que non, mais le fait est, que vous vous êtes conduit comme tel depuis plusieurs décennies. Maintenant il conviendrait de devenir exemplaire et digne."