vendredi 4 novembre 2011

Sarkozy monte enfin le ton face à Papandréou

02 novembre 2011
Les conditions de Sarkozy à Papandréou

Il n’y a rien à négocier ; les Grecs n’auront pas un centime de plus tant qu’ils n’auront pas adopté le plan de restructuration exigé par le FMI ; le référendum doit avoir lieu le plus tôt possible et poser aux Grecs la seule question qui vaille : veulent-ils rester dans la zone euro ? Telle est la position de négociation de Nicolas Sarkozy, qui a convoqué le premier ministre grec Georges Papandréou à Cannes, mercredi soir, juste avant l'ouverture du G20.

Auparavant, le président français aura calé ses positions avec la chancelière Angela Merkel, la directrice du FMI, Christine Lagarde, et les représentants des institutions européennes (Conseil européen, Commission, Eurogroupe, Banque centrale européenne). Et tout ce petit monde ira mettre M. Papandréou face à ses responsabilités. Le compte à rebours a commencé : selon Bercy, les Grecs seront à court d’argent au plus tard en décembre.

Les dirigeants européens auraient préféré que M. Papandréou agisse comme son homologue espagnol José Luis Zapatero, qui a eu le courage de convoquer des élections anticipées et de prendre les mesures difficiles. S’il persiste dans son référendum, les Européens veulent que son calendrier soit fortement accéléré. Le ministre de l’intérieur grec, Haris Kastanidis, a évoqué mercredi une consultation avancée au mois de décembre.

M. Papandréou est invité à poser la vraie question, celle qui résulterait d’un rejet par les grecs du plan de redressement : voulez-vous sortir de la zone euro ? Selon un négociateur français, la donne aurait changé depuis une semaine. On n’est plus dans la situation d’une Europe incapable de résoudre les difficultés d’un de ses membres, mais celle d’un pays qui rejette une porte de sortie. "On ne peut pas empêcher les Grecs de se suicider. Mieux vaut que ce soit eux qui le fassent qu’Angela Merkel", confie un responsable français.

Dans ce cas, la sortie de l’euro de la Grèce ou sa faillite deviendrait une affaire grecque, avec des risques de contagion, notamment à l’Italie, légèrement réduits. Un responsable français tempère l’argument : "La contagion est déjà là. Pour avoir une petite idée de ce que provoquerait un défaut grec, il suffit de regarder les marchés." Un diplomate du Quai d’Orsay ajoute qu’une sortie de l’euro est matériellement impossible. Les Grecs videraient tous leurs comptes à l’approche de la date fatidique.

En attendant, il n’est pas question de donner un centime d’euro de plus à Athènes. Le gouvernement attend  la dernière tranche d’un plan d’aide décidé en 2010, soit 8 milliards d’euros versés d’un bloc sous forme d’aide du FMI et de prêts bilatéraux des Etats. Son versement est jugé inimaginable : les actionnaires non européens du FMI s’y opposent, tandis que les Européens ne peuvent pas aider un pays qui refuse de s’engager. L’octroi de ces huit milliards d’euros était conditionné à l’adoption de nouvelles mesures, dans le cadre du nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros décidé à Bruxelles.
Source : http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/11/02/les-conditions-de-sarkozy-a-papandreou/