jeudi 1 décembre 2011

Rhône : les immigrés grecs souffrent d'un "sentiment d'injustice" et de l'"attitude blessante" des Européens

La communauté grecque du Rhône entre inquiétude et colère

Publié le 13/11/2011 à 06:00

Crise. Installés en France depuis plusieurs années, ces ressortissants grecs nous ont confié leur inquiétude au sujet de leur pays.

« Nous ressentons tous une grande souffrance devant les événements qui secouent notre pays et un sentiment d’injustice », explique Olga Andronidou présidente de l’association Defkalion.


Originaire de Grèce, Olga Andronidou est venue en France pour faire des études et elle s’est établie à Lyon. « Je suis en colère car il faut beaucoup trop de temps pour faire un gouvernement d’union nationale. La Grèce est actuellement une grande blessée. Il s’agit de la soigner efficacement et pour cela il faut que le pays change. On n’en peut plus de la démagogie, les deux partis politiques sont responsables. » L’attitude blessante des Allemands choque Olga. Malgré les restrictions (sa mère qui vit en Grèce a vu a retraite fortement diminuée) elle reste confiante dans l’avenir de son pays. « La dette grecque est moins importante que celle de l’Allemagne au moment de la réunification. Cette crise est l’occasion pour les responsables européens d’arriver à se construire. »

Christos Panoyan est originaire de Thessalonique. Il est installé avec son épouse Rita depuis 1967 dans la région lyonnaise. Gérant du restaurant le Mykonos à Décines dont c’est le 14 e anniversaire, il suit de très près ce qui se passe en Grèce. « Je téléphone régulièrement à un ami qui me tient au courant des événements explique-t-il. « Les Grecs en veulent à leurs dirigeants, au régime corrompu. Ils sont amers de devoir payer pour ceux qui se sont enrichis. Nous, nous sommes inquiets car les mesures de restriction vont être très pénalisantes pour la population. De nombreux amis grecs installés en France étaient repartis vivre dans leur pays. Maintenant je reçois des coups de fil de ceux qui veulent venir ou revenir. Je ne sais pas quoi leur conseiller car on ne sait pas comment évoluera la situation ». Et Christos Panayan de s’interroger « Est-ce que tout cela ne cache pas autre chose ? Car finalement la dette grecque ne représente que 4 % de la dette européenne. Les Grecs sont donc les premiers à payer. A qui le tour ensuite ?
Propos recueillis par Gisèle Lombard
Source : http://www.leprogres.fr/rhone/2011/11/13/la-communaute-grecque-du-rhone-entre-inquietude-et-colere

Voir également : Le complexe d'infériorité des Grecs : ils ne sont pas européens et ils le savent

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