jeudi 15 décembre 2011

Willem Buiter : une sortie de la Grèce de la zone Euro ne nuirait pas aux autres pays

UE: une sortie de la Grèce gérable?
AFP Publié le 08/12/2011 à 19:19

Une sortie de la Grèce de la zone euro plongerait le pays dans une crise encore plus grave mais serait "gérable" pour les autres pays de la zone, a affirmé jeudi l'économiste en chef de la banque américaine Citigroup, Willem Buiter. Dans une note de recherche intitulée "Que se passera-t-il si l'euro s'effondre?", cet économiste s'est penché sur diverses hypothèses: un abandon de la monnaie unique par la Grèce, par plusieurs pays dont l'Italie, ou enfin par l'Allemagne.

La sortie de la Grèce lui paraît la plus probable (une chance sur quatre à cinq), et d'après lui, présente peu d'avantages: l'avantage que le pays obtiendrait d'une dévaluation serait vite effacé par "un bond de l'inflation des prix et des salaires, provoqué par l'effondrement de la monnaie". La Grèce n'inspirerait aucune confiance aux investisseurs, ce qui "rétablirait rapidement le statu quo d'une économie non compétitive". Par ailleurs, "il pourrait y avoir assèchement des sources d'argent liquide, un siège des banques par les déposants et les épargnants, des émeutes et une pénurie de nourriture et d'autres produits de première nécessité".

Mais pour les autres pays de la zone, "un défaut de paiement désordonné et une sortie de la zone euro de la Grèce seule est gérable.
La Grèce ne représente que 2,2% du PIB et 4% de la dette publique de la zone", a rappelé M. Buiter. Un scénario plus extrême serait l'abandon de l'euro par cinq pays (outre la Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande), ce qui a selon l'économiste "une probabilité de pas plus de 5%". Dans ce cas, la finance européenne et mondiale serait si durement touchée que cela "provoquerait une dépression mondiale qui durerait des années, avec une chute du PIB de plus de 10% et un chômage en Occident atteignant 20% ou plus".

"Même si la désagrégation de la zone euro ne détruit pas l'UE complètement et ne représente pas un prélude au retour aux hostilités nationales et régionales intra-européennes, y compris des guerres et des guerres civiles [...], les arguments en faveur d'un maintien de la zone euro semblent solides, d'un point de vue financier, économique et politique, y compris géopolitique", a-t-il conclu.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/12/08/97002-20111208FILWWW00735-ue-une-sortie-de-la-grece-gerable.php