Bernard Lewis, Comment l'Islam a découvert l'Europe, Paris, La Découverte, 1984, p. 191 :
"Nombre d'Européens se livraient à l'exportation d'esclaves dans le monde musulman. Il y avait des chrétiens, des juifs, des citoyens des grandes villes marchandes d'Italie et de France,
ainsi que des Grecs opérant en Méditerranée orientale. Dès le VIIIe siècle, ces derniers commencent à subir la concurrence des Vénitiens dont les activités dans ce domaine furent importantes."
Youval Rotman, Les esclaves et l'esclavage : de la Méditerranée antique à la Méditerranée médiévale, VIe-XIe siècles, Paris, Les Belles Lettres, 2004, p. 78 :
"Sur cette carte, Byzance représente le principal marché consommateur d'esclaves slaves en dehors du monde arabe. Les Byzantins sont ainsi en concurrence avec les Arabes pour ce type de marchandise."
Claude Cahen, Douanes et commerce dans les ports méditerranéens de l'Egypte médiévale d'après le Minhādj d'al-Makhzūmī, Leyde, E. J. Brill, 1964, p. 232-233 :
"(...) la situation aussi bien du haut Moyen Age, où Juifs et Italiens exportaient en pays musulmans méditerranéens les esclaves slaves ramassés en Europe centrale et balkanique, que du bas Moyen Age, où les Gênois vendaient en Egypte,
avec la complicité de Byzance, les esclaves slaves, turcs ou tcherkesses ramassés autour de la Mer Noire."
John Tolan, "Le Moyen Age", in L'Europe et l'islam : quinze siècles d'histoire (ouv. col.), Paris, Odile Jacob, 2009, p. 90 :
"Un des principaux produits d'exportation de l'Europe, entre le VIIe et le XIIe siècle, fut les esclaves. Nous avons vu comment pirates et corsaires (arabes,
grecs, italiens, catalans et autres) se livrent à des razzias et s'enrichissent aux dépens des captifs qui sont soit rançonnés, soit vendus en esclavage. Il y avait aussi un commerce considérable d'esclaves originaires du nord et de l'est de l'Europe, capturés par des armées ottoniennes,
byzantines ou slaves, ou vendus par leurs parents. Nous avons évoqué le rôle important que jouaient les
Saqâliba (Slaves) dans les pays arabes, notamment au sein des armées umayyades d'Espagne. Ils sont si nombreux en Europe qu'on ne dit plus
servus, le mot classique pour désigner le serviteur non libre, mais plutôt
esclavus, « slave »."
Michel Rouche, Histoire du Moyen âge : VIIe-Xe siècle, Bruxelles, Complexe, 2005, p. 231 :
"Le premier doge [vénitien] Paul et son successeur Orso ne tardent pas à étendre leur domination maritime, tandis que
leurs marins vendent du bois et des esclaves slaves aux Byzantins et aux musulmans."
Voir également :
L'antagonisme gréco-slave
Les Grecs plus slavophobes que turcophobes ?
L'esclavage dans l'Empire ottoman