samedi 7 janvier 2012

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie

Le Petit Parisien, 27 septembre 1922 :
GRAVE REQUISITOIRE
D'UN LORD ANGLAIS
CONTRE L'ARMEE GRECQUE


Londres. 26 septemb. (dép. Petit Parisien.)

Un Anglais de marque, lord Saint-Davids, s'est exprimé, aujourd'hui, sans ménagement sur la conduite de l'armée grecque en Anatolie et, parfois, avec sévérité sur la politique du gouvernement britannique en Orient.

Au cours de l'assemblée générale de la compagnie des chemins de fer ottomans de Smyrne à Aïdin qu'il présidait, lord Saint-Davids a longuement insisté sur les ravages dont ces régions viennent d'être le théâtre.

Il y a fort longtemps, déclara-t-il, que notre compagnie considérait comme une parfaite absurdité (même en se plaçant du point de vue des Grecs) toute tentative faite pour livrer Smyrne aux autorités d'Athènes. Il est ridicule de croire qu'un grand port turc puisse ainsi passer sous la domination grecque. C'est un bonheur que les soldats grecs ne soient pas restés à Smyrne. Il aurait même fallu, avant leur expulsion, que leurs actes fussent soumis au contrôle d'observateurs et d'officiers anglais. Si cette mesure de précaution avait été prise, jamais les Grecs n'auraient osé faire ce qu'ils ont accompli. C'est un fait que, dans leur retraite, ils ont brûlé Aïdin et Nazli ; ils ont incendié tous les villages qu'ils traversaient ; ils ont pillé les maisons des particuliers et tué tous ceux qui tentaient de leur résister. Circonstance aggravante : ils ont agi ainsi simplement dans l'intention de nuire. Les rapports que nous avons reçus déclarent que tous ces actes ont été commis systématiquement par les troupes grecques régulières, en vertu des ordres qui leur avaient été donnés et qu'ils ont été commis par la rage d'hommes qui savaient ne pouvoir garder le pays.

Un autre fait, a ajouté lord Saint-Davids, que je regrette de n'avoir pas vu mentionné dans la presse, c'est que les Grecs ont arrêté à Smyrne et déporté à Athènes un certain nombre de notables Turcs. En définitive, les soldats grecs ont été aussi avides de meurtres et de rapines qu'ils avaient été lâches au combat.

Voir également : La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

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