mardi 24 avril 2012

Oser dire la triste vérité aux Grecs

Gustave Le Bon, Le déséquilibre du monde, livre I : "Le déséquilibre politique", chapitre V : "L'incompréhension européenne de la mentalité musulmane", Paris, Flammarion, 1923 :

"L'excuse des Turcs, en dehors des motifs religieux expliqués plus haut, est l'incontestable injustice de l'Angleterre à leur égard lorsqu'elle rêvait de les expulser de l’Europe et surtout de Constantinople, par l'intermédiaire des Grecs.

L'unique raison donnée à cette expulsion était l'habitude attribuée aux Turcs de massacrer constamment leurs sujets chrétiens. On a justement remarqué que si les Turcs avaient commis la dixième partie des massacres dont les accusait le gouvernement anglais, il n'y aurait plus de chrétiens en Orient depuis longtemps.

La vérité est que tous les Balkaniques, quelle que soit leur race ou leur croyance, sont de grands massacreurs. J'eus occasion de le dire à M. Venizelos lui-même. Egorger l'adversaire est la seule figure de rhétorique admise dans les Balkans.

Cette méthode n'a pris, d'ailleurs, sa considérable extension que depuis l'époque où la politique britannique donna l'indépendance à des provinces jadis soumises à la Turquie. On sait avec quelle fureur Bulgares, Serbes, Grecs, etc., se précipitèrent les uns contre les autres, dès qu'ils furent libérés des entraves pacifiques que le régime turc opposait à leurs violences."

Voir également : Comment rendre service aux Grecs et à l'humanité

Sottes superstitions des Grecs

Voltaire, Essai sur les moeurs et l'esprit des nations, volume II, tome XII, chapitre XCI : "De la prise de Constantinople par les Turcs", 1756 :

"Est-on plus touché de pitié que saisi d’indignation, lorsqu’on lit dans Ducas que le sultan [Mehmet II] « envoya ordre dans le camp d’allumer partout des feux, ce qui fut fait avec ce cri impie qui est le signe particulier de leur superstition détestable ? » Ce cri impie est le nom de Dieu, Allah, que les mahométans invoquent dans tous les combats. La superstition détestable était chez les Grecs qui se réfugièrent dans Sainte-Sophie, sur la foi d’une prédiction qui les assurait qu’un ange descendrait dans l’église pour les défendre."

Voir également : Stupidité superstitieuse et typiquement "levantine" des clergés grec-orthodoxe et arménien : ils se battent comme des chiffonniers au Saint-Sépulcre

Grecs, Arméniens : encore un effort pour être européens, modernes et civilisés

Contrebande grecque : 4 millions de cigarettes saisies par la douane bulgare

4 millions de cigarettes saisies
AFP Publié le 23/04/2012 à 14:23

La douane bulgare a saisi environ 4 millions de cigarettes de contrebande dans un train de marchandises en provenance de Grèce dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé l'Agence des douanes.


Les cigarettes de contrebande étaient cachées dans un wagon transportant des matériaux d'isolation destinés à une entreprise bulgare, qui transitait par le principal poste-frontière bulgaro-grec de Koulata-Promahon.

Les douanes bulgares ont effectué en 2011 deux saisies importantes de cigarettes clandestines venant de Grèce, confisquant 8 millions de cigarettes en février et 2 millions en juin.


La contrebande de cigarettes destinées aux consommateurs européens constitue, selon une étude récente, le marché le plus dynamique pour la criminalité organisée bulgare. Son chiffre d'affaires était estimé à 250 millions d'euros en 2010, soit trois fois son niveau de 2008, selon le Centre d'étude de la démocratie (CSD), un think-tank basé à Sofia.

La vente clandestine constitue entre 30% et 40% du marché des cigarettes en Bulgarie. Or l'Etat compte sur les revenus du commerce de cigarettes, car les taxes sur le tabac, dont la TVA, constituent 10% des recettes du budget de l'Etat, contre 1,4% en moyenne dans les pays de l'UE, selon l'étude.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/04/23/97002-20120423FILWWW00564-4-millions-de-cigarettes-saisies.php

Voir également : Contrebande grecque : saisie de 2 millions de cigarettes à la frontière bulgaro-grecque

Important réseau de stupéfiants en Grèce

Deux ressortissants grecs mêlés à un important trafic de cocaïne : Andrea Tsakiris et Ioannis Zogopoulos

Québec : un restaurant grec impliqué dans un trafic d'héroïne

Etonnant ? Un "pope" grec a été pris avec trois kilos de cannabis dans ses bagages

La Grèce est à vendre

La grande braderie grecque
Le Monde.fr | 23.04.2012 à 18h33 • Mis à jour le 23.04.2012 à 18h42

Par Anna Villechenon

Tout doit disparaître. Et rapidement de préférence. Car en échange de la restructuration de sa dette, Athènes doit faire des économies, beaucoup d'économies. Si la chasse aux fraudeurs en tous genres permet d'économiser quelques millions d'euros, elle s'avère loin d'être suffisante, le gouvernement grec devant réduire ses dépenses budgétaires d'une vingtaine de milliards d'euros d'ici à 2015.

    Privatisation toute !

Dans cet optique et conformément au programme d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, un plan de cession d'actifs publics a été mis en place, avec pour maître d'œuvre le Fonds d'exploitation du patrimoine public.

Sur son site, le fonds dévoile ses biens nationaux : ports et aéroports, compagnies pétrolière et gazière (dont le russe Gazprom vient de se porter candidat au rachat) publiques, autoroutes, complexes immobiliers appartenant à l'Etat... Et plus encore.

Même le littoral est à vendre et suscite déjà les convoitises de la Turquie. Le pays s'intéresse à "un terrain d'un million de mètres carrés à Afantou à Rhodes et à un autre de 500 000 m2 à Kassiopi à Corfou", a précisé à l'AFP un porte-parole du fonds public.

    "Vendez donc vos îles, vous les Grecs fauchés..."

Alors que la crise grecque commençait à inquiéter sérieusement la communauté européenne, fin juin 2010, The Guardian mettait le feu aux poudres en assurant qu'Athènes commençait à mettre en vente ses îles désertes pour "sauver son économie". L'information est aussitôt démentie - du moins, officiellement -, Athènes précisant non sans une certaine ironie que "la Grèce n'est pas à vendre".

Quelques mois auparavant, le quotidien allemand Bild Zeitung - habitué aux titres provocateurs, tels que "Pas d'argent pour la Grèce !" ou "Pourquoi payons-nous pour les retraites de luxe des Grecs ?" - n'hésitait pas à titrer, en une, l'appel de deux députés allemands : "Vendez donc vos îles, vous les Grecs fauchés... et l'Acropole aussi."

Si l'Etat n'a pas répondu à cet appel, en revanche, les grandes familles ne se font pas prier - surtout depuis qu'Athènes a adopté des taxes sur la fortune. Ainsi, "après trois ans de calme absolu sur les transactions, ce marché est sur le point de repartir", rapportait mi-avril La Tribune.fr, citant le quotidien grec Kathimerini.

    Des avions envolés vers d'autres cieux

Il n'y a pas de petites économies. Fin décembre, Athènes décide de vendre quatre Airbus A340 usagés à une société de Miami spécialisée dans la vente d'avions d'occasion, Apollo Aviation, pour 40,4 millions de dollars, soit 31 millions d'euros - le groupe américain s'étant montré "le plus offrant".

Un coup de pouce inattendu pour Athènes, qui tentait de vendre ces appareils depuis novembre 2010. La vente a finalement été approuvée par un comité ministériel de cinq membres chargé de la privatisation.

    Policiers à louer, 30 euros de l'heure

C'est peut-être l'initiative la plus insolite. Dans le but "d'amortir le coût d'utilisation du matériel et des infrastructures de la police, et de les moderniser", le gouvernement grec a décidé de louer ses policiers. Et il y en a pour toutes les bourses : de 30 euros de l'heure pour un policier, ou 40 euros pour une voiture de patrouille, à 200 euros pour une vedette ou 1 500 euros pour un hélicoptère.

La gamme de services offerte va de "l'escorte de transports de matériaux dangereux ou d'œuvres d'art", à "l'accompagnement de personnes" ou le tournage de films, détaille le ministère, précisant toutefois que la possibilité de location ne concernera que "des cas exceptionnels", et ne recevra l'aval requis que si elle ne réduit pas les capacités opérationnelles du corps.

Anna Villechenon
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/23/la-grande-braderie-grecque_1689879_3234.html

Les Grecs de Chypre inquiets face à la montée en importance de la RTCN

Greek Cypriots fret over KKTC’s rising importance in OIC

15 April 2012 / GAMZE GÜL , İSTANBUL
The Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC), which is working towards establishing greater economic ties with the Muslim states of the Organization of Islamic Cooperation (OIC), has become a source of intimidation among Greek Cypriots, experts say.


Uğur Özgöker, a Turkish Cypriot professor at İstanbul’s Arel University who focuses on the issues of the island, spoke to Sunday’s Zaman and noted that the aim of Greek Cyprus is to impose an economic blockade on the KKTC to prevent its development because the KKTC becoming more economically independent through trade and investment relations would pave the way for international recognition of it as a country.

“Even the possibility of other countries beginning to recognize the KKTC, even as a de-facto state, keeps them from their sleep,” Özgöker said. He said the KKTC is already attracting a high volume of investments from Israel and Russia and currently has commercial attaché offices operating through Turkish embassies in such countries as Azerbaijan, the US, Belgium, Kuwait, Israel and the United Arab Emirates.

The interest of Muslim states in the KKTC has increased as Turkey’s influence in the entire Muslim region continues to grow. Recently, KKTC President Derviş Eroğlu was invited by the OIC to their headquarters in Saudi Arabia. Eroğlu, the first KKTC president to be hosted by the Saudis and the OIC, expressed to media after the meeting that “seeing the interest and support of the OIC, the Islamic Development Bank and the Kingdom of Saudi Arabia was very important and satisfying.”

The Turkish Union of Chambers and Commodity Exchanges (TOBB) and the Islamic Development Bank also organized a high-profile trip to attend the Northern Cyprus Investment Forum on April 12 with over 150 businessmen from Islamic countries to promote investment opportunities there.

In comments to Sunday’s Zaman, Sibel Akgün, an assistant professor of international relations at Sakarya University, highlighted three main reasons for the interest of Muslim countries in the KKTC. The most important reason she listed is Turkey’s powerful influence in the region, because whenever Turkey becomes strong, Muslim countries seek opportunities to support Turkey, similar to the time when Turgut Özal was president. Secondly, the island has always held great importance for Muslims because of the Mosque of Umm Haram, where the shrine of the Prophet Mohammed’s wet nurse, Umm Haram, is located. It is considered one of the holiest places by Muslims. Akgün listed as the third reason the cooperation between Israel and Greek Cyprus in gas and oil exploration activities off the coast of the island. She said: “With strong support of the KKTC by Muslim states, Israel will be cornered in the Mediterranean.” Also speaking to Sunday’s Zaman, KKTC Chamber of Commerce and Industry President Ali Çıralı explained that as Turkey’s prestige and role in the world rises, many countries, including Islamic countries, are looking to build warm relations with the KKTC. “The close partnership of Israel and Greek Cyprus could be having a slight effect on the change in their approach, but it’s mainly due to Turkey’s role. Muslim countries now accept the KKTC as one of them and are trying to establish economic ties,” he stated.

Mesut Çevikalp of Aksiyon Magazine, who has been reporting on the issues of the island for past 10 years, told Sunday’s Zaman that the Greek Cypriots have been establishing lobbies around the world in countries that have problems with Turkey, and it is only natural for the KKTC to try to establish ties with Muslim countries to promote its own rights. The OIC and the KKTC are working to use economic relations to build a bridge between themselves.

He noted that the KKTC has great potential for agriculture and already sells such products to many countries via Turkey. “With the construction of pipelines to be completed by 2014 that will bring water to the KKTC from Turkey, the agricultural sector is expected to flourish,” he said. He also mentioned that currently there are major investments by Israel and Russia in the KKTC and the time will come when they will have to recognize the KKTC as a state or a de facto state in order to protect the commercial rights of their citizens in the country. “Trade with as many countries as possible and even the addition of new flights to the KKTC would lessen the burden of the economic embargo imposed by many countries that do not recognize the KKTC as a state,” he commented.
Source : http://www.todayszaman.com/news-277472-greek-cypriots-fret-over-kktcs-rising-importance-in-oic.html

Immigration croissante de Grecs... en Turquie

Des Grecs tentent leur chance en Turquie
L’essor économique du grand voisin turc commence à attirer des Grecs fuyant la crise.

Malgré leurs pommes de discorde historiques, les deux pays entretiennent aujourd’hui des relations apaisées.

Antigone n’en revient pas d’avoir posé ses valises à Istanbul. Cette Athénienne de 30 ans, titulaire d’un master de grec langue étrangère, travaille dans un institut de langue sur les rives du Bosphore et se félicite d’avoir pris cette décision « difficile » de venir en Turquie.

Cette jeune femme fluette aux grands yeux bleus, parfaite germanophone, a pourtant tout essayé pour rester au pays, entre les cours particuliers, un emploi de nuit à l’aéroport d’Athènes pour 800 €, et des postes refusés « par manque de relations très haut placées ».

« Je visais d’autres pays plus “européens” mais je me suis rendu compte que les opportunités professionnelles dans ma branche étaient très nombreuses ici », explique-t-elle. « Au final, je fais le boulot qui me plaît et je gagne près de deux fois mon salaire grec ! Hors de question de rentrer chez moi, la situation y est pire ces derniers mois. »
« Une oasis de croissance où il fait bon vivre »

Même enthousiasme de la part de Mike Calikusu, manager dans une entreprise américaine établie à Istanbul. Né en Turquie, il a quitté le pays avec sa famille dans les années 1970 et avoue avoir toujours rêvé de revenir dans l’ancienne Constantinople. Rentré en 2010, il vante les performances économiques de la Turquie, « une oasis de croissance où il fait bon vivre ». 

La Turquie – et ses 8,5 % de croissance économique en 2011 –, deviendra-t-elle le nouvel eldorado du voisin grec frappé de plein fouet par la crise ? Oui, si l’on se fonde sur la hausse de 10 % du nombre d’entreprises grecques installées dans le pays en 2011 (elles sont passées de 430 à 480) et le bond de 40 % des importations par les Turcs en provenance de son voisin.

La visite en 2010 à Athènes du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et d’une dizaine de ministres avait ouvert la voie au développement de ce commerce bilatéral jusqu’alors limité. « La Turquie est un grand marché proche de la Grèce », explique Ionnis Karkaris, conseiller économique au consulat grec à Istanbul : « À cause de la crise, de nombreuses entreprises prévoient d’investir ici. »
Arrivée massive de salariés helléniques

Aucune donnée officielle pour l’instant ne confirme une arrivée massive de salariés helléniques. Une étude réalisée en 2010 par l’université Bilgi faisait état de 300 migrants, dont 60 pilotes de l’air embauchés par Turkish Airlines après la faillite d’une compagnie aérienne grecque. Deux ans plus tard, la minuscule communauté historique grecque d’Istanbul – qui compte à peine 2 000 membres – évoque un réel intérêt pour la Turquie du fait de l’intensification de la crise en Grèce.

« Je reçois chaque jour plusieurs courriels et coups de téléphone me demandant s’il y a du travail à Istanbul et comment s’y prendre pour s’installer », explique Lakis Vingas. L’un des porte-parole de cette communauté vient d’ouvrir un bureau d’aide aux candidats grecs à l’émigration.

« Nous mettons en ligne des CV afin de faciliter leurs recherches d’emploi », explique Marina Drymalitou, l’une des responsables de ce bureau : « Nous leur donnons des informations sur la politique des visas et sur le logement, qui est l’un des problèmes principaux d’Istanbul. » Au siège du Patriarcat grec-orthodoxe, on se réjouit de ces nouveaux migrants qui « représentent l’avenir » de la petite communauté locale.
Relations entre Ankara et Athènes

Ce récent phénomène d’immigration vers la Turquie « ne devrait pas inverser la traditionnelle tendance grecque à émigrer vers des pays comme les États-Unis et l’Europe de l’Ouest, mais indique un changement de fond dans les mentalités », estime l’universitaire Haris Tzimitras. Guerres gréco-turques, échanges de populations dans les années 1920, émeutes anti-chrétiennes de 1955 à Istanbul, crises chypriotes, contentieux concernant la mer Égée, les pommes de discorde historiques entre Ankara et Athènes ne manquent pas, même si les deux pays entretiennent aujourd’hui de bonnes relations.

« Mes amis à Athènes me questionnent sur Istanbul. Ils aimeraient suivre mon exemple, mais n’osent pas », observe Antigone : « Ils pensent que la Turquie n’est pas stable, le passé leur fait peur. »

DELPHINE NERBOLLIER, à ISTANBUL
Source : http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Des-Grecs-tentent-leur-chance-en-Turquie-_EP_-2012-04-18-796096

Voir également : Poussés par la pauvreté, des Grecs émigrent en Turquie

Istanbul : des Grecs-orthodoxes font mumuse dans l'eau de Marmara...

Ces nombreux immigrés clandestins arméniens qui vont en... Turquie

De plus en plus de chrétiens irakiens se réfugient en Turquie, pays soi-disant "oppresseur"

La Grèce inutile se fait taper sur les doigts par l'Allemagne et l'Autriche au sujet de l'immigration clandestine

Immigration clandestine : l'UE enfin prête à sanctionner la Grèce laxiste et décidément inutile en l'expulsant de l'espace Schengen

Faux Occidental, mais vrai Grec : Cornélius Castoriadis

Cornélius Castoriadis, entretien avec Olivier Morel, La République des Lettres, n° 4, juin 1994 :

"Dans l'histoire de l'Occident il y a une accumulation d'horreurs (contre les autres, tout autant que contre lui-même). Ce n'est pas le privilège de l'Occident : qu'il s'agisse de la Chine, de l'Inde, de l'Afrique avant la colonisation ou des Aztèques, les accumulations d'horreurs sont partout. L'histoire de l'humanité n'est pas l'histoire de la lutte des classes, c'est l'histoire des horreurs (bien qu'elle ne soit pas que cela). Il y a, il est vrai, une question à débattre, celle du totalitarisme : est-ce, comme je le pense, l'aboutissement de cette folie de la maîtrise dans une civilisation qui fournissait les moyens d'extermination et d'endoctrinement à une échelle jamais auparavant connue dans l'histoire, est-ce un destin pervers immanent à la modernité comme telle, avec toutes les ambiguïtés dont elle est porteuse, est-ce encore autre chose? C'est, pour notre présente discussion, une question si j'ose dire théorique, dans la mesure où les horreurs du totalitarisme, l'Occident les a dirigées contre les siens (y compris les Juifs), dans la mesure où le "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens" n'est pas une phrase de Lénine, mais d'un duc très chrétien, prononcée non pas au XXe siècle, mais au XVIe siècle, dans la mesure où les sacrifices humains ont été abondamment et régulièrement pratiqués par des cultures non européennes, etc., etc. L'Iran de Khoméyni n'est pas un produit des Lumières. Il y a en revanche quelque chose qui est la spécificité, la singularité et le lourd privilège de l'Occident : cette séquence social-historique qui commence avec la Grèce et reprend, à partir du XIe siècle, en Europe occidentale, est la seule dans laquelle on voit émerger un projet de liberté, d'autonomie individuelle et collective, de critique et d'autocritique : le discours de dénonciation de l'Occident en est la plus éclatante confirmation. Car on est capable en Occident, du moins certains d'entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l'extermination des Indiens d'Amérique. Mais je n'ai pas vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois, faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd'hui les Japonais nier les atrocités qu'ils ont commises pendant la Seconde guerre mondiale. Les Arabes dénoncent sans arrêt leur colonisation par les Européens, lui imputant tous les maux dont ils souffrent (la misère, le manque de démocratie, l'arrêt du développement de la culture arabe, etc). Mais la colonisation de certains pays arabes par les Européens a duré, dans le pire des cas, 130 ans : c'est le cas de l'Algérie, de 1830 à 1962. Mais ces mêmes Arabes ont été réduits à l'esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination turque sur le Proche et le Moyen-Orient commence au XVème siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans (donc les Arabes n'en parlent pas). L'épanouissement de la culture arabe s'est arrêté vers le XIe, au plus le XIIème siècle, huit siècles avant qu'il soit question d'une conquête par l'Occident. Et cette même culture arabe s'était bâtie sur la conquête, l'extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n'y avait pas d'Arabes (pas plus qu'en Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak). Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIe siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage a été introduite en Afrique par les marchands arabes à partir des XI-XIIème siècles (avec, comme toujours, la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l'esclavage n'a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu'il subsiste toujours dans certains d'entre eux. Je ne dis pas que tout cela efface les crimes commis par les Occidentaux, je dis seulement ceci : que la spécificité de la civilisation occidentale est cette capacité de se mettre en question et de s'autocritiquer. Il y a dans l'histoire occidentale, comme dans toutes les autres, des atrocités et des horreurs, mais il n'y a que l'Occident qui a créé cette capacité de contestation interne, de mise en cause de ses propres institutions et de ses propres idées, au nom d'une discussion raisonnable entre être humains qui reste indéfiniment ouverte et ne connaît pas de dogme ultime."


Remarquable effronterie : pourquoi le même Castoriadis ne mentionnait-il donc pas l'esclavage massif dans la Grèce antique, la traite des Slaves et la percécution des chrétiens non-orthodoxes par les Byzantins, ou bien encore les atrocités et l'épuration ethnique accomplies par les nationalistes grecs contemporains, s'il était réellement capable d'autocritique ?

samedi 14 avril 2012

Soupçonné de blanchiment d'argent et de corruption, l'ex-ministre de la Défense grec Akis Tzohatzopoulos a été arrêté

Un ex-ministre socialiste grec arrêté à son domicile

Édité par: Anthony Fino
11/04/12 - 11h05  Source: belga.be

L'ancien ministre de la Défense socialiste Akis Tzohatzopoulos, soupçonné de blanchiment d'argent et de corruption, a été arrêté mercredi à son domicile athénien, a-t-on appris de source judiciaire.


Les policiers de la brigade financière, en application d'un mandat d'amener délivré par la justice, se sont présentés dans la matinée au domicile de l'ancien ministre, âgé de 72 ans, situé au pied de l'Acropole.

C'est, entre autres, pour avoir omis de déclarer cette propriété qu'Akis Tzohatzopoulos, ministre de la Défense (1996-2000) dans le gouvernement de Costas Simitis, est poursuivi par la justice. Des charges qu'il conteste.

En juillet 2011, le parlement grec avait voté en faveur de l'ouverture de poursuites à son encontre en raison de soupçons de blanchiment d'argent et de pots-de-vin de la part de la société allemande Ferrostaal à l'occasion de la commande de quatre sous-marins le 2 février 2000.

Ancien cadre, député et membre fondateur du parti socialiste Pasok, M. Tsohatzopoulos a eu divers portefeuilles ministériels dans les gouvernements d'Andréas Papandréou dans les années 1980 et 1990 et de Costas Simitis (1996-2004).
Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1421638/2012/04/11/Un-ex-ministre-socialiste-grec-arrete-a-son-domicile.dhtml

Voir également : L'aveu de Georges Papandréou : la classe politique grecque est effectivement corrompue

jeudi 12 avril 2012

Seconde Guerre mondiale : les lourdes responsabilités de l'administration grecque dans la déportation des Juifs de Salonique et la spoliation de leurs biens

Götz Aly, Comment Hitler a acheté les Allemands, Paris, Flammarion, 2008 :

"Le 22 février 1943, Belev [commissaire aux questions juives bulgare] et Theodor Dannecker, le mandataire d'Eichmann, conclurent un accord, déjà approuvé par le gouvernement bulgare, selon lequel les Juifs « des nouvelles provinces de Thrace et de Macédoine » devaient être déportés « dans les territoires allemands de l'Est ». Leur destination fut en fait Treblinka, où les 11 343 déportés furent sans exception immédiatement exterminés. Les logements ainsi libérés furent occupés par des colons bulgares, afin de « bulgariser » ces territoires. Pratiquement au même moment, beaucoup des Grecs chassés de ces régions furent contraints de fuir dans la partie grecque de la Macédoine, où les attendaient les logements des Juifs de Salonique et des environs, également déportés. Le nord de la Grèce actuelle, longtemps disputé, fut ainsi « hellénisé »." (p. 318)

"La tentative de déporter à Auschwitz les 8 000 Juifs d'Athènes échoua début 1944. Faute d'aide extérieure, les maigres unités allemandes ne parvinrent à arrêter que 1 200 personnes environ. En revanche, la déportation des Juifs (nettement plus nombreux) de Salonique au début de l'année 1943 fut accomplie de manière quasi complète, du fait de la coopération de l'administration grecque avec les autorités d'occupation.

Salonique était une ville mixte, où vivaient depuis des siècles des Turcs, des Bulgares, des Grecs et des Juifs. Au début du XXe siècle, le ladino des Juifs séfarades y faisait même encore office de lingua franca locale. Entre 1912 et 1941, la communauté juive avait déjà perdu quelque 10 000 membres, qui avaient émigré en raison du nationalisme croissant et de la misère économique. Comme l'indique le Jüdisches Lexikon de 1927, « l'attribution de Salonique à la Grèce s'accompagna d'un mouvement d'éviction des Juifs. [...] L'échange de réfugiés avec la Turquie mena lui-même à l'émigration de nombreux Juifs qui devaient céder la place à des réfugiés grecs venus de Turquie ». Les Juifs eurent l'impression que ces « nouveaux arrivants avaient apporté l'antisémitisme ». Dès 1912, la nouvelle administration municipale grecque tenta de s'approprier les cimetières juifs du centre-ville, échoua, et y parvint seulement en 1942-1943 sous l'occupation allemande. C'est là que se trouve à présent l'université.

La mauvaise foi des autorités grecques jusqu'à aujourd'hui apparaît dans une documentation fallacieuse de plusieurs centaines de pages sur le sort des Juifs grecs, publiée en anglais par le ministre des Affaires étrangères du pays en 1988. L'introduction loue la « judéophilie » du gouvernement Venizelos, qui fut le premier gouvernement européen à se prononcer en 1917 en faveur d'un Etat juif indépendant, ce que le dictionnaire déjà cité expliquait en 1927 avec une grande clarté : le Premier ministre grec Venizelos se distinguait par son « aspiration à déjudaïser Salonique et à l'helléniser ».

Cette dimension de la coopération germano-grecque dans la déportation des Juifs de Salonique étant bien connue, elle ne sera pas abordée ici. En revanche, un autre aspect a été jusqu'ici omis dans la littérature, aussi bien grand public que scientifique, sur la Shoah : l'exploitation commune des biens des déportés et, une fois de plus, le lien entre les énormes frais d'occupation imposés par les Allemands à la Grèce vaincue et la tentative de consolider la drachme à l'aide de l'aryanisation. L'or des Juifs de Salonique, soit 12 tonnes au total, fut utilisé pour lutter contre l'inflation. Après la guerre, les responsables allemands et grecs cachèrent obstinément leur entente sur la liquidation des biens pillés. Ils fabriquèrent de fausses pistes et firent disparaître les traces authentiques ; une enquête minutieuse et un appareil de notes étoffé sont donc indispensables dans les pages qui suivent." (p. 332-333)

"Les 20 milliards de drachmes mensuels promis à la Wehrmacht correspondaient alors à environ 140 000 livres-or. Comme nous allons le voir, l'or volé aux Juifs de Salonique représentait une valeur d'environ 1,7 million de livres-or. Le début des activités de Neubacher en Grèce en octobre 1942 coïncida avec celui des spoliations massives des Juifs de Salonique par les Allemands. Le 3 janvier 1943, le représentant d'Eichmann, Rolf Günther, partit pour Salonique ; le sous-secrétaire d'Etat Luther, du ministère des Affaires étrangères, écrivit au même moment à Altenburg, à Athènes, « que Günther pouvait bien entendu travailler de concert avec lui ». Le 26 janvier 1943, Altenburg fit officiellement part du projet de déportation au Premier ministre grec Konstantinos Logothetopoulos, dont la réaction laissa penser à ce diplomate expérimenté qu'il ne fallait « pas s'attendre à des difficultés ».

Au début de janvier 1943, Eichmann informa son collaborateur Dieter Wisliceny de la tâche qui l'attendait, à savoir « résoudre, en liaison avec l'administration militaire allemande en Macédoine, la question juive à Thessalonique ». Un mois plus tard, Wisliceny et Alois Brunner arrivèrent à Salonique en tant qu'émissaires d'Eichmann. Le 6 février 1943, l'officier de la Wehrmacht Max Merten, responsable de l'administration militaire sur place, y ordonna le port de l'étoile jaune et le regroupement dans un ghetto ; il instaura également des couvre-feux et d'autres restrictions de communication. La déportation des Juifs de Salonique commença le 15 mars 1943, et « l'opération complète » devait « être terminée en six semaines environ » (cet objectif fut pratiquement atteint). Au total, 43 850 Juifs furent déportés au départ de Salonique, et 2 134 autres depuis la région alentour sous occupation allemande ; quelques milliers fuirent dans la zone italienne. Le 16 mars, à la demande d'Altenburg, Wisliceny dut faire au Premier ministre grec « un rapport sur les mesures antijuives ». A cette occasion, il l'avait (selon la version allemande de cette conversation) « parfaitement convaincu et [avait] mis fin à ses doutes ». Pendant cette période décisive, von Thadden séjourna une fois de plus en Grèce, du 2 mars au 4 avril.

Le 1er mars, toutes les familles juives avaient reçu l'ordre de déclarer l'ensemble de leurs biens, officiellement pour des raisons statistiques. Les personnes concernées devaient remplir des formulaires rédigés en allemand et en grec, et faire l'inventaire de leurs objets de valeur sous la rubrique « f » : « or, métaux précieux, devises et bijoux ». Le 8 mars, le gouvernement grec mit en place un « service d'administration des biens juifs », le YDIP (Yperesia Diacheririseos Isrilitikis Periousias), dirigé par le juriste Elias Douros. Ce service fut d'abord subordonné à l'administration militaire allemande, puis au ministère grec des Finances, sous l'autorité du directeur Mavraganis. Le prix d'achat des biens juifs devait être versé par les nouveaux propriétaires grecs sur le compte n° 707 de la Banque nationale grecque, succursale de Salonique. Côté allemand, l'inspecteur Eberhard Kuhn supervisait les opérations et veillait à ce « que [fussent] favorisés les Grecs germanophiles ou ayant rendu aux Allemands quelque service que ce [fût] ».

Le service des biens juifs attribua une partie des logements et du mobilier aux Grecs émigrés ou chassés du nord du pays, sous occupation bulgare. Il faut ajouter aux expropriations généralisées des Juifs, de leurs associations communautaires et de leurs institutions religieuses la démolition du très ancien cimetière juif de Salonique installé dans le centre de la ville. Ce lieu, de 357 796 mètres carrés, fut très rapidement divisé en parcelles de terrain à construire, et vendu. Même les pierres tombales furent mises en vente.
" (p. 342-344)

"Il reste à expliquer pourquoi l'essentiel de l'or fut transféré de Salonique à Athènes. La drachme étant alors en proie à l'inflation, le but de l'opération fut à mon avis de la stabiliser (en accord avec le ministère grec des Finances et la Banque nationale) jusqu'en août 1943. L'implication de trois personnalités confirme cette hypothèse : au début de l'intervention en faveur de la monnaie, le commissaire allemand auprès de la Banque de France, Carl Schaefer, fut d'abord envoyé à Athènes d'octobre 1942 à février 1943, tandis que Hahn était écarté. Schaefer avait acquis en France une expérience ad hoc s'agissant de juguler l'inflation. Ensuite, en janvier, le gouverneur de la Banque nationale grecque fut contraint de démissionner, et remplacé par des hommes plus enclins à la coopération, avec à leur tête le vice-gouverneur Hadjikyriakos. Enfin, Neubacher se choisit également un superministre des Finances à sa convenance : Hektor Tsironikos, dont la « germanophilie était au-dessus de tout soupçon ». Bientôt, il lui transféra en outre les ministères des Affaires sociales, de la Santé, de l'Economie et de l'Agriculture. Cet homme bénéficiait « de la confiance totale du plénipotentiaire spécial ».

Selon moi, des courtiers grecs, avec l'accord de Tsironikos et de Hadjikyriakos, vendirent l'or volé aux Juifs de Salonique sur la place boursière d'Athènes, se procurant ainsi des quantités considérables de drachmes sous forme de papier-monnaie, avec lesquelles la Wehrmacht couvrit ensuite ses dépenses. Pendant plusieurs mois, l'inflation put ainsi être stoppée ou au moins freinée, et le niveau des prix maintenu. Avec cette transaction, l'or des Juifs assassinés atterrit pour l'immense majorité dans les mains des acquéreurs et des spéculateurs grecs, tandis que les drachmes reçues en échange permettaient aux Allemands de payer les marchandises et les services grecs ainsi que leurs propres soldats." (p. 350-351)


Pour comparaison, les collaborationnistes albanais sous la présidence de Mehdi Frashëri refusèrent inflexiblement de livrer "leurs" Juifs (l'Albanie était également sous occupation allemande) :

"Quoi qu'il en fût des compromis, voire des compromissions de certains Albanais, il demeure que le gouvernement « collaborationniste » de Rexhep Mitrovica fut certainement l'un des moins dociles de ceux des pays occupés par l'Allemagne nazie. La meilleure preuve en est son attitude sur la question juive. Alors que la Serbie et les autres Etats de la région devinrent rapidement « Judenfrei », l'Albanie est le seul pays d'Europe où il y avait, à la fin de la guerre, plus de Juifs qu'au début ! Déjà, à la veille de la guerre, en 1938, alors que les Juifs d'Allemagne ou d'Autriche commençaient à se réfugier en Albanie, l'ambassadeur américain, Bernstein, écrivait : « Il n'y a pas en Albanie trace de discrimination contre les Juifs, parce que c'est un des rares pays d'Europe où il n'y a ni préjugé ni haine religieux ». On sait qu'au printemps 1944 les nazis demandèrent officiellement au Haut Conseil de régence la liste des Juifs vivant en Albanie ; les autorités albanaises, y compris le ministre de l'Intérieur Xhafer Deva, pourtant présenté dans l'historiographie communiste comme un « extrémiste » (voire aussi un « agent britannique »), résistèrent jusqu'au bout aux pressions. Céder eût été contrevenir au code moral des Albanais." (Serge Métais, Histoire des Albanais. Des Illyriens à l'indépendance du Kosovo, Paris, Fayard, 2006, p. 310-311)


Voir également : L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

Les Grecs et l'accusation antisémite du crime rituel

L'oppression des Juifs de Salonique par l'Etat grec

Quand est-ce que l'Etat grec va rendre les biens volés à la minorité albanaise-tchame qu'il a expulsée d'Epire ?

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Le violent conflit opposant la Grèce et la Bulgarie sur les questions macédonienne et thrace

dimanche 8 avril 2012

Même l'Espagne ne veut pas être comparée à la Grèce

L'Espagne n'apprécie pas qu'on la compare à la Grèce

Par Marie Bartnik

Mis à jour le 07/04/2012 à 14:53 | publié le 07/04/2012 à 14:49

Le ministre espagnol a qualifié vendredi de «non-sens» les propos de Nicolas Sarkozy, qui présentait l'Espagne et la Grèce comme deux contre-modèles économiques.


«Un non-sens». Le ministre espagnol de l'Economie n'a pas apprécié, vendredi, que Nicolas Sarkozy fasse un parallèle entre la situation espagnole et celle que connaît la Grèce. Lors d'une conférence de presse, jeudi, le chef de l'Etat avait en effet brandi le cas ibérique comme un repoussoir: «La situation que connaissent aujourd'hui nos amis espagnols après celle qu'ont connue nos amis grecs nous rappelle à des réalités», avait souligné le candidat, afin de convaincre les Français de la nécessité de la rigueur. «Ce grand pays [qu'est l'Espagne] est aujourd'hui emporté dans une crise de confiance», avait-il déploré.

L'Espagne n'a pas goûté la comparaison. Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a vivement réagi vendredi, jugeant comme «purement électoralistes» les propos tenus par Nicolas Sarkozy. «La situation de la Grèce et de l'Espagne sont complètement distinctes, même si on peut critiquer les politiques menées par leurs gouvernements socialistes respectifs», a estimé ce membre du nouveau gouvernement de droite dirigé par Mariano Rajoy. En France, cette polémique n'a pas échappé au candidat socialiste, qui a raillé, en déplacement à Trappes, un «bel exemple de solidarité européenne». «Quand on a été dégradé, on ne vient pas remettre des médailles de gestion aux uns et aux autres», a fustigé François Hollande.
Pas d'«aide extérieure»

La situation de l'Espagne n'est certes pas aujourd'hui d'une gravité comparable à celle de la Grèce. Cette dernière a eu recours a plusieurs reprises à l'aide internationale, et sa dette a fait l'objet d'une restructuration au début du mois de mars. Mais l'Espagne concentre ces dernières semaines l'inquiétude des marchés. Mercredi, Madrid a placé 2,59 milliards d'euros d'obligations, à des taux en forte hausse. Et ce alors même que le gouvernement venait de rendre public «le budget le plus austère de la démocratie». L'enjeu est d'atteindre un objectif de déficit de 5,3% à la fin de l'année contre 8,5% en 2011, grâce à 27 milliards d'économies. Un objectif que beaucoup d'économistes jugent difficilement tenable compte tenu de l'ampleur de la récession à prévoir en 2012.

Les responsables espagnols multiplient les déclarations pour tenter de rassurer les investisseurs. Ce samedi encore, le ministre de l'Economie espagnol a assuré, dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, que l'Espagne se sortirait de cette crise «sans aide extérieure». Certes, l'année 2012 «sera difficile», a-t-il prévenu, avec «moins de croissance et malheureusement encore plus de chômage, […] mais nous jetons les bases pour une année 2013 meilleure». L'enjeu est capital: si Madrid devait avoir besoin, comme l'Irlande, le Portugal ou la Grèce, d'une aide internationale, les mécanismes actuels de sauvetage de la zone euro n'y suffiraient probablement pas.
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/04/07/20002-20120407ARTFIG00310-l-espagne-n-apprecie-pas-qu-on-la-compare-a-la-grece.php

Même les Arméniens humilient les Grecs : le Parlement arménien refuse d'entériner les allégations génocidaires ridicules des Grecs pontiques

Genocide | 20.03.12 | 12:17
Armenian lawmakers thwart vote on bringing Ottoman-era genocides bill to parliament floor

The Armenian Parliament on Monday rejected the opposition Heritage party’s proposal to consider a bill condemning the genocides of Pontus Greeks, Assyrians and other ethnic minorities in the Ottoman Empire.



Only 17 MPs (representing Heritage and the other parliamentary minority party, Dashnaktsutyun) voted in favor of putting such a bill on the parliament session agenda. Members of the faction representing the ruling Republican Party of Armenia (RPA) and other pro-establishment forces opted out of the vote that eventually fell flat due to the failure to meet the quorum requirement.

Galust Sahakyan, the head of the RPA parliamentary faction, explained that there was no political need for adopting such a bill now.
He suggested first asking the ethnic minorities living in Armenia whether they supported this initiative or not. According to the senior pro-government lawmaker, Armenia regards the massacres of other peoples in the Ottoman Empire as part of a whole and condemns them along with the Armenian Genocide.

Heritage MP Armen Martirosyan said that as genocide victims themselves the Armenians are morally obliged to respect the memory of other victims. His fellow party member, Zaruhi Postanjyan, further claimed that the RPA’s position showed its being “under the influence of Turkish authorities.”

“The Turkish-Armenian protocols are still on the agenda, while our bill has been dismissed. This does not befit our people,” the outspoken oppositionist said.

Parliament Speaker Samvel Nikoyan, who represents the RPA, explained that keeping the protocols on the parliament agenda was not necessarily the sign that Armenia expected Turkey to change its position any time soon, but rather showed Armenia’s respect for its international partners “who have made a lot of effort for the normalization of Turkish-Armenian relations.”
Source : http://www.armenianow.com/genocide/36549/armenian_parliament_christian_nations_genocide_ottoman_empire

Voir également : L'inimitié historique entre les Arméniens et les Grecs

Le soi-disant génocide des Grecs micrasiatiques

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

Trabzon, une pomme de discorde entre les nationalismes grand-grec (Megali Idea) et grand-arménien (Miatsial Hayastan)

samedi 7 avril 2012

Etonnant ? Un "pope" grec a été pris avec trois kilos de cannabis dans ses bagages

Greek Priest Nabbed at the Airport with Three Kilos of Cannabis
By A. Papapostolou on April 6, 2012 in Cyprus, News

A Greek priest has been remanded for eight days after being caught with three kilos of cannabis in his bags while arriving at Larnaca Airport.


The 37-year-old was arrested at the airport on Wednesday night after arriving from Athens.

Drugs Squad, YKAN deputy commander Panicos Stavrou said the priest was caught with three kilos of marijuana in his luggage, confirming a tip-off the drug squad had.

The priest, who preaches in a small church in Nicosia’s Ayios Dhometios, reportedly made little effort to hide the drugs, merely placing them in three plastic bags.


The 37-year-old, who is father to one young child, admitted to transporting the drugs,
saying he was pushed to it for the first time after facing serious money troubles; the result of a serious health condition his wife is being treated for.

He said he regretted his actions and planned to fully cooperate with the authorities, which have now started searching for the supplier. Interpol as well as the Greek authorities have been notified.
Dressed in his holy robes, the priest appeared at Larnaca District Court yesterday, which rejected his request for a closed session and remanded him for eight days.

The cleric has been living in the Nicosia suburb of Dhali for the past 10 years.

(source: cyprus-mail)
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/04/06/greek-priest-nabbed-at-the-airport-with-three-kilos-of-cannabis/

Voir également : Insolite : fétichisme nécrophile au sein du clergé grec-orthodoxe

Augmentation des suicides, de la consommation de drogue, de la prostitution et des infections par des MST en Grèce : à quoi sert donc l'Eglise orthodoxe richissime et fiscalement privilégiée ?

L'extrême droite grecque au secours des moines véreux

L'Eglise orthodoxe grecque bénéficie toujours de privilèges fiscaux

L'Eglise orthodoxe grecque : richesse et avarice

Deux ressortissants grecs mêlés à un important trafic de cocaïne : Andrea Tsakiris et Ioannis Zogopoulos

Québec : un restaurant grec impliqué dans un trafic d'héroïne

Important réseau de stupéfiants en Grèce

Chypre : une plaque tournante du blanchiment d'argent sale

Les réseaux de prostitution forcée à Chypre

Ils ne comprennent que la force : la Grèce perdra le contrôle de son espace aérien si elle n'obéit pas aux injonctions de l'UE

EU Threatens Greece May Lose Airspace Control
By Marianna Tsatsou on April 6, 2012 in News

Greek Air Traffic Control Association (GATCA) sounded a note of warning to Greece. According to a European Union report, Greece may lose control of its national airspace if the Greek government does not compromise with the Europeans’ demands.
GATCA characterized the Hellenic Ministry of Finance’s strategy as “inexplicable,” with the belief that Greek control over its own airspace is in jeopardy.

Greece earns money from its airspace, which the government uses for investments, training, equipment and payment of wages. Now, the EU is asking for this money.


What happens if Greece refuses to satisfy their demand? Airspace control may be lost, and neighboring countries (such as Turkey and Italy) would be glad to claim it.

“EU marked the plan for profits as ‘unacceptable.’ [Profits] which Greece had sent the Europeans,” said President of GATCA Spiros Rolakis.

No official announcement has been released, so word from the Minister of Finance is highly anticipated.
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/04/06/eu-threatens-greece-may-lose-airspace-control/

N'ayant cure des Grecs de Chypre, le Royaume-Uni de David Cameron réitère son soutien à la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE

UE : Le Royaume-Uni réitère son soutien à la demande d'adhésion de la Turquie
Posté le vendredi, 06 avril 2012 - 10:04 am

(www.infomediaire.ma) - Le gouvernement britannique a réitéré son soutien à la demande turque d'adhésion à l'Union européenne (UE), soulignant que l'accession de la Turquie à l'espace européen serait bénéfique sur les plans économiques et sécuritaires. Le ministère britannique des Affaires étrangères estime, dans un communiqué, que l'adhésion de la Turquie serait bénéfique pour le Royaume-Uni et pour l'UE et contribuerait à la prospérité, la sécurité et la stabilité de l’Union.
Source : http://www.infomediaire.ma/news/international/ue-le-royaume-uni-r%C3%A9it%C3%A8re-son-soutien-%C3%A0-la-demande-dadh%C3%A9sion-de-la-turquie

Voir également : Anglophobie dans la partie grecque de Chypre : violences grecques devant la base britannique d'Akrotiri

Mauvaise nouvelle pour Athènes : Ankara et Londres signent un accord de coopération militaire

Mauvaise nouvelle pour Athènes : l'Angleterre de Cameron et la Turquie sont proches de conclure un accord militaire

Bon sens britannique : David Cameron refuse que sa patrie paye pour la Grèce parasitaire

Crise grecque : le maire de Londres Boris Johnson (d'origine turque) s'oppose à l'assistanat

La Turquie s'apprête à commencer un forage en Chypre du Nord, sans tenir compte de l'avis du communiste grec Demetris Christofias

Special Reports
Turkey to start northern Cyprus drilling
Turkey will start drilling for oil and gas in Northern Cyprus this month despite opposition from Greek Cypriots, the north's energy minister says.


Published: April 5, 2012 at 6:30 AM

ISTANBUL, Turkey, April 5 (UPI) -- Turkey will start drilling for oil and gas in northern Cyprus this month despite opposition from Greek Cypriots, the north's energy minister says.

Turkish Republic of Northern Cyprus Economy and Energy Minister Sunat Atun said Tuesday in Istanbul that the Turkish Petroleum Corp. will launch the land-based drilling initiative at the end of April, the Anatolian News Agency reported.

"Drilling will be launched in one area now but it could be extended if the need arises," Atun said, adding that Turkish Energy and Natural Resources Minister Taner Yildiz would attend a ceremony to mark the launch the effort.


The announcement came amid growing tensions in the eastern Mediterranean between Turkey and Greek Cypriots after Nicosia last year began natural gas and oil exploration in its own exclusive economic zone.

Ankara, in response, deployed warships to the area, and, in a tit-for-tat move, signed an agreement with the Turkish Cypriots to delineate the continental shelf between the two counties -- although Turkey is the only country that recognizes the Turkish Republic of Northern Cyprus -- with the aim of enabling Turkish Petroleum to carry out seismic research and offshore oil exploration.

The September 2011 agreement, signed in New York by Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan and Northern Cyprus President Dervis Eroglu, has been dismissed by Greek Cypriots as illegal but shortly thereafter a Turkish vessel began seismic data collection in the area.


The Cypriot government, which hasn't been recognized by Turkey since the 1960s, protested Ankara's moves to the United Nations and the European Union, arguing it has the sovereign right to tap its natural resources.


Cyprus has signed an agreement with Egypt and Israel to delineate its own exclusive economic zone in Mediterranean, through which it seeks to tap any and natural gas and oil reserves held within it.

Drilling in Aphrodite field within the zone uncovered what are thought to be significant oil and gas reserves. In February, Cyprus opened the bidding for the remaining blocks in the field.

A resolution passed by the European Parliament on Turkey's progress toward EU accession recognized the legality of the zone, Cypriot Minister of Commerce, Industry and Tourism Neoclis Sylikiotis said Monday.

European lawmakers determined it was in compliance with the U.N. Convention of the Law of the Sea, which Turkey was called upon to sign, Sylikiotis told the Famagusta Gazette.

Tensions over oil and gas drilling in Cyprus could be alleviated if both sides agreed to share revenues from any future production, the International Crisis Group, a security think tank in Brussels, said in a report issued this week.

"Turks and Turkish Cypriots should avoid aggravating tensions and abstain from taking actions inside Cyprus' exclusive economic zone," the ICG said in its report, which also called on Turkey to "adopt a long-term strategy that ends threats and reassures Greek Cypriots that it truly aims for a Cyprus settlement, normalization and a withdrawal of Turkish troops."

Negotiations to reach a resolution over the 38-year occupation of northern Cyprus have bogged down in recent months.

In the meantime, Israel, the United States and Greece this week began a naval exercise in the Eastern Mediterranean, which is being seen by some in Greece as a message to Turkey, the Israeli newspaper Haaretz reported.

Called "Noble Dina," the exercises reportedly involve the protection of offshore natural gas platforms.

The annual Mediterranean maneuvers at one time involved Turkey, but since Ankara froze military cooperation with Israel in 2009 following a deterioration in their relations, Greece has replaced Turkey in the exercises, the newspaper said.
Source : http://www.upi.com/Top_News/Special/2012/04/05/Turkey-to-start-northern-Cyprus-drilling/UPI-66021333621800/#ixzz1rB3u8hWh

Voir également : Un camouflet pour les Grecs : les Américains laissent la Turquie et la RTCN signer un accord important en plein New York

Soi-disant protégé par Israël, le président chypriote-grec Dimitris Christofias (communiste) s'incline peureusement devant Erdogan : il promet de partager le gaz avec les Chypriotes turcs

La Turquie projette de construire un pipeline d'eau douce pour la partie Nord de Chypre

Turkey prepares to send water to Turkish Cyprus

ISTANBUL - Hürriyet Daily News

Turkey plans to complete a drinking-water pipeline to tackle water shortages in Turkish Cyprus by March 2014, Waterworks Minister Veysel Eroğlu has said.


The underwater pipeline may even be extended to the Middle East, to Gaza in particular, he said, referring to a never-realized “Peace Water” project dating back to the second half of the 1980s, daily Akşam reported on March 23.

The four-phase project kicked off with the groundbreaking of the Anamur Alaköprü Dam in the southern province of Mersin, which is directly across from Cyprus on the Mediterranean coast.


The Geçitköy Dam groundbreaking ceremony, the second phase of the project at the other end of the pipeline in Kyrenia, will be held March 30, the minister said. The other two phases involve the construction of land facilities and the 80-kilometer pipeline. The total pipeline will measure 107 kilometers from one dam to the other.

The pipeline will provide 75 million cubic meters of water per year to Turkish Cyprus, while the cost of the project will be 850 million Turkish Liras, the minister said.


With this project Turkish Cyprus will not have a water shortage problem until 2060, he said.

“We have plenty of water. If there is peace on the island, we can transfer enough water to the Greek side as well. Do not worry, we [will] transfer to Greek Cyprus,” he said.

“We have other [water] projects. We do not want the Middle East, Gaza to stay without water,” he said.

The idea of extending water pipelines to the water-poor Middle East was first floated in 1986 by then-Prime Minister Turgut Özal. Pre-feasibility studies envisaged water transportation from Turkey’s southern Seyhan and Ceyhan rivers to Arab countries. The idea was to build two water pipelines on land through Syria, Jordan, Saudi Arabia and Kuwait, even reaching the Gulf countries of Bahrain and Qatar.

In another push to realize the Peace Water project, facilities were built in the southern province of Antalya in 1998 to sell water from the Manavgat River to Israel, Jordan and Lebanon. The project, however, was not activated due to a lack of demand.

March/24/2012
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/turkey-prepares-to-send-water-to-turkish-cyprus.aspx?pageID=238&nID=16768&NewsCatID=344

Les fraudes phénoménales de l'île de Zakynthos

Grèce: une île championne des fraudes
Lefigaro.fr Publié le 03/04/2012 à 07:23

L'île grecque de Zakynthos réputée pour ses plages bleues turquoises et ses vestiges est désormais davantage connue comme étant «l'île des aveugles». Le ministère de la santé en Grèce a en effet lancé une enquête après avoir réalisé que près de 1,8% des insulaires bénéficiaient de rentes dédiées aux aveugles, un chiffre neuf fois supérieur à la moyenne nationale, rapporte le Wall Street Journal. Des conducteurs de taxi bénéficiaient notamment des aides...
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/04/03/97002-20120403FILWWW00343-grece-une-ile-championne-des-fraudes.php

Grèce : l'île aux aveugles, un récit de corruption ordinaire

Par Guillaume Guichard

Mis à jour le 03/04/2012 à 17:17 | publié le 03/04/2012 à 16:08

Sur la petite île de Zakynthos, 700 personnes, dont un chauffeur de taxi et un chasseur d'oiseaux, touchaient en 2011 une pension pour aveugles. Un exemple parmi d'autres de la corruption gangrénant le système de santé.


La charmante petite île de Zakynthos, au sud de l'Adriatique, était affectée, jusqu'à peu, par un mal mystérieux. Sa population comptait 700 aveugles, neuf fois plus que la moyenne des pays développés. L'État grec verse une pension de 724 euros tous les deux mois aux malvoyants. Parmi les insulaires déclarant n'y voir goutte, un chauffeur de taxi et un chasseur d'oiseaux, rapporte le Wall Street Journal dans une enquête publiée ce mardi.

La vraie fable de l'île aux aveugles n'est qu'un exemple parmi d'autres des failles aberrantes qui plombent les finances du système de santé grec. Quelques régions ont ainsi leur spécialisation médicale, a découvert le ministère de la Santé lors d'un récent audit. Si 1,5% de la population de la petite île de Zante se dit aveugle, la région de Viota, en Grèce centrale, souffre d'un taux très élevé d'asthmatiques. L'île de Kalymnos est pour sa part affligée de nombreux cas de maladies mentales.
Collusions locales

«Tout cela est le résultat d'une collusion, au niveau local, entre le clientélisme des autorités qui délivrent les pensions, gagnant ainsi des voix, et la corruption du personnel médical, mal rémunéré, délivrant de faux certificats», déplore Costas Bakouris, directeur de l'ONG anticorruption Transparency international Grèce.

L'hôpital public grec est l'institution la plus corrompue du pays, a confirmé ce mardi, pour la cinquième fois consécutive, le rapport annuel d'Amnesty international sur la Grèce.
On y compte pour près de 42% des cas de pots-de-vin recensés. De quoi distancer largement le fisc (16%). Selon l'enquête de Transparency international, les pots-de-vin s'échelonnent de 30 euros pour un coupe-file à 30.000 euros pour certains actes chirurgicaux.

L'État s'est attaqué au problème. Il doit en effet réduire la facture de son système de santé, actuellement de 25 milliards d'euros par an, dans le cadre du plan européen de redressement de ses finances publiques. Mais les résistances sont vives. Les médecins enchaînent les grèves pour protester notamment contre l'informatisation et la centralisation des systèmes d'ordonnances, qui permettraient de lutter contre les ordonnances abusives.
Le vent tourne

Sur l'île de Zakynthos, le vent a tourné. Le nouveau maire, Stalios Bozikis, veut désormais faire de son île un exemple de la lutte contre la corruption. Une enquête a été menée fin 2011. L'ophtalmologiste local, soupçonné d'accepter des pots-de-vin en échange de faux diagnostiques, a démissionné. Les aveugles ont dû refaire des examens à Athènes. Cinquante d'entre eux se sont réellement révélés incapables de voir. Malgré tout, environ 200 perçoivent encore la pension d'invalidité.

Le montant des pots-de-vin baisse en Grèce

La corruption change très lentement de visage en Grèce. Selon une enquête réalisée par Transparency international et publiée ce mardi, les pots-de-vin versés aux fonctionnaires ont légèrement augmenté, de 7,2 en 2010 à 7,4% en 2011. Ceux demandés par le privé ont baissé à 3,4%, contre 4% l'année précédente. Alors que la Grèce s'enfonce dans la crise, les montants des «fakelaki» (enveloppes de billets) ont baissé de 12% en un an, à 554 millions d'euros. «Cela reste toutefois des montants significativement élevés», commente Transparency international.
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/04/03/20002-20120403ARTFIG00560-grece-l-ile-aux-aveugles-un-recit-de-corruption-ordinaire.php

lundi 2 avril 2012

Les milices ultra-nationalistes, racistes et conspirationnistes s'épanouissent en Grèce

Sur le terrain 09/03/2012 à 18h08
Dans ce quartier d'Athènes, les néonazis prospèrent grâce à la crise

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Le contexte économique exacerbe le racisme en Grèce. Dans un quartier de la capitale, un parti néonazi fait la loi et des étrangers sont tabassés. Reportage.


(D’Athènes) Je suis chez Christina Samartzi, une responsable de Médecins du Monde à Athènes, pour parler des milliers de cas de sous-nutrition récemment constatés chez les enfants grecs. Cela fera l’objet d’un autre article. Au fil de la conversation, elle me raconte qu’un de leurs traducteurs a été tabassé récemment :

    « Il est afghan. On suppose que c’est L’Aube d’or. »

L’Aube d’or (Chrysi Avyi) est un parti néonazi. A Athènes, les agressions d’immigrés sont de plus en plus nombreuses. Toutes sont attribuées à ce parti de jeunes braillards qui aiment tendre le bras et afficher leur logo pas très éloigné de la croix gammée.

Né dans les années 80, L’Aube d’or connaît une nouvelle jeunesse à la faveur de la crise économique.

C’est un peu plus loin, à Agios Panteleimonas, que les allumés de L’Aube d’or concentrent leur activité. Une place présentée comme dangereuse par les guides touristiques, tant les affrontements sont nombreux autour de l’église homonyme.

Le danger ne saute pas tout à fait aux yeux ce premier jeudi de mars. Il fait grand soleil, les enfants jouent dehors et les Albanais au chômage enchaînent les parties de dominos.
Nettoyer la Grèce

Sur le parvis de la grande église, il faut baisser les yeux pour voir le grand message tagué au sol qui invite les étrangers à partir. Un tag antifasciste le recouvre, lequel est lui-même dissimulé par un autre, raciste ; enfin, tout cela est devenu illisible.

Le parc à proximité de l’église est désormais vide. Comme la place Attique, dans le quartier d’Omonia, il a été occupé par L’Aube d’or qui en a chassé, par la violence et les coups, tous les étrangers. Jusqu’à ce que le conseil municipal décide finalement la fermeture du parc.

Distrait par une pièce de monnaie qu’il s’emploie à chercher dans la grande église, le pope refuse de me parler. C’est pourtant ici que se sont déroulées certaines des plus violentes attaques de L’Aube d’or contre les immigrés. Des descentes de dizaines de jeunes dont l’objectif est de « nettoyer la Grèce de ses souillures ».

En septembre dernier, un demandeur d’asile afghan a été grièvement blessé après son agression par une quinzaine de personnes. En mai, ce sont treize migrants qui ont été battus par les extrémistes. Il serait malheureusement trop long de recenser tous ces « pogroms » – c’est ainsi que les Grecs désignent ces affrontements.
La police tolère les néonazis

Tolérés par la police, « ils agissent souvent comme les auxiliaires des CRS », explique Jason, journaliste à Kokkino, une radio de la gauche radicale qui suit attentivement ce mouvement.


Kostis Papaioannou, président du Comité national pour les droits humains, a lui relevé que la plupart des crimes et agressions de nature raciste ne font même pas l’objet d’enquêtes policières. Une attitude dénoncée par le HCR à Athènes.

Ce mouvement néonazi, même s’il reste marginal, progresse dans le centre d’Athènes. Plusieurs sondages créditent le mouvement de près de 2,5% d’intentions de vote aux législatives anticipées du mois d’avril.

En novembre 2010, Nikolaos Michaloliakos, de L’Aube d’or, a été élu au conseil municipal d’Athènes avec ce slogan : « Refaire d’Athènes une ville grecque » ; les électeurs d’Agios Panteleimonas lui ont été favorables.

Ils ont le soutien de la population dans ces quartiers populaires, surtout des jeunes, explique Jason :

    « Leur progrès s’explique par la crise mais aussi par la participation du Laos [l’alerte populaire orthodoxe, parti d’extrême droite, ndlr] au gouvernement. Beaucoup de gens ont été déçus et s’en sont détournés.

    Leur succès s’explique aussi par leurs liens avec la population. Ils fonctionnent par milices et ils créent des comités d’autodéfense. Dans le quartier d’Agios Panteleimonas, ils ont fait du porte-à-porte pour laisser un tract avec un numéro à joindre si les gens venaient à se sentir menacés par les immigrés. »

« Grâce à eux, il n’y a plus d’Asiatiques »

Les affirmations de Jason se vérifient au premier petit commerçant interrogé. Il est épicier dans le quartier d’Agios Panteleimonas depuis les années 80. Maintenant, il ferme à 21 heures parce qu’il a peur des attaques et parce qu’« aucun Aryen ne circule à la nuit tombée » :

    « Les immigrés volent des petites choses. Par exemple, une combine courante, c’est de prendre un paquet de cigarettes, de demander le prix, d’en saisir un second et hop ! Ils partent en courant.

    Ce sont des gens qui achetaient autrefois mais maintenant ils volent. Heureusement, je ne me suis jamais fait braquer. »

Il estime que son chiffre d’affaires a baissé de 70% ces deux dernières années. Il dit aussi que le quartier a été nettoyé :

    « C’est grâce à Chrysi Avyi. Moi, je ne fais pas de politique et je n’ai pas d’avis sur le sujet mais grâce à eux, il n’y a plus d’Asiatiques [les Afghans et les Pakistanais, ndlr] dans le quartier. »


Dehors, on ne repère pas dans la journée de militants de L’Aube d’or. Mais de nombreuses affiches témoignent de leur récente présence dans le quartier :

    « Je vote L’Aube d’or pour chasser la souillure de notre pays » ;
    « La Grèce appartient aux Grecs » ;
    « Une mosquée à Athènes ? Jamais. Et nulle part en Grèce. »


« Avant, on n’aimait pas trop les Albanais »

Dans ce qui subsiste de commerces grecs dans le quartier – d’après le petit commerçant, plus beaucoup mais il exagère – il y a ce minuscule café tenu par un Grec, « de la minorité grecque en Albanie ». Il y a là de très vieux messieurs, pas forcément très âgés, non, mais l’air vieux à leur manière d’être assis, chacun seul à une table, dos au mur. Ils boivent du café et de l’eau de vie que le patron leur sert régulièrement et généreusement. Il tolère les cigarettes, fume lui-même.

Ce matin-là, ils ressassent. La beauté passée du quartier, la quasi bourgeoisie des habitants – la tante d’un des clients du bar a vendu autrefois cinq de ses magasins en province pour pouvoir s’installer dans l’un des immeubles aujourd’hui décrépis du quartiers –, son microclimat même.

Un homme prend la parole.

    « La première vague d’immigrés, c’étaient les Albanais. On ne les aimait pas trop, on pensait qu’ils étaient dangereux mais ils n’ont pas défiguré le quartier. Ils travaillent bien.

    Aujourd’hui, beaucoup d’Albanais, de Bulgares, de Roumains rentrent chez eux. Avec la crise, ils ont perdu leur travail mais ils ne veulent pas devenir des voleurs.

    Les Afghans et les Pakis sont obligés de rester ici, alors ils sont prêts à tout pour survivre. Le problème, c’est qu’ils ne pourront pas vivre longtemps, ni très bien, uniquement du vol.

    Les Albanais, eux, n’auraient jamais fait des choses humiliantes comme mendier ou essuyer les pare-brise contre de la monnaie, ils partent. »

Les autres acquiescent. Ils semblent lui vouer quelque chose comme de l’admiration un peu révérencieuse. L’homme s’appelle Takis Mouzoukos. Il est le plus âgé de l’assemblée. Ingénieur civil à la retraite, il a eu cette idée baroque, il y a maintenant deux ans, de créer le premier cimetière d’animaux domestiques d’Athènes. Lui et son associé – un Albanais – ne souffrent pas de la crise, affirme-t-il.
« Ils sont dans une impasse »

Le patron me montre son gros cahier. La crise c’est ça, cette liste de noms et en face une somme, souvent élevée. Un de ses clients lui doit 250 euros mais il n’a pas le cœur à lui refuser des consommations :

    « Avant la crise, ils venaient, ils me faisaient vivre, je ne vais pas les laisser tomber maintenant. »

Lui aussi a une dent contre les « Asiatiques » ; ils ne veulent pas s’intégrer. La preuve : jamais il n’en a vu un seul au café ! Pas une fois. Il les croise parfois dans la rue, rasant les murs. Il n’est pas rassuré :

    « Ils sont dans une impasse parce qu’ils ont été dupés par les mafias et qu’ils se retrouvent maintenant coincés à Athènes sans travail, ni argent. Les hommes deviennent des bêtes féroces quand ils ont faim. »

C’est entendu, ces hommes-là n’aiment pas les « Asiatiques » mais à l’évocation de L’Aube d’or, ils s’agitent. Takis parle pour les autres :

    « Bien sûr que je préférerais qu’ils rentrent chez eux mais je ne peux pas accepter qu’on les traite comme le fait L’Aube d’or !

    Je suis choqué quand je vois ces jeunes, des jeunes du quartier parfois, qui tapent des hommes avec des battes de baseball. Je n’aime pas voir ça en Grèce.

    Les Grecs sont eux aussi responsables. De riches propriétaires d’immeubles louent les sous-sols et entassent des dizaines d’immigrés à l’intérieur. Les endroits les plus dangereux maintenant, ce sont les halls d’immeubles. »

Il se demande si « tout ce bordel n’est pas organisé par des gens de l’immobilier » mais enfin, il ne faut pas s’inquiéter, « la Grèce s’est souvent retrouvée dans des situations impossibles mais l’espoir d’un Grec ne meurt jamais. A la vôtre ! »
Source : http://www.rue89.com/2012/03/09/dans-ce-quartier-dathenes-les-neonazis-prosperent-grace-la-crise-230001
 
To Vima
Extrême droite : le spectre des « gardes civiles » hante la Grèce
Traduit par Laurelou Piguet

Sur la Toile :

Publié dans la presse : 18 mars 2012
Mise en ligne : lundi 26 mars 2012

Aube d’or, Garde civile patriotique, Société nationale... Ces groupes armés de « protection civile » s’épanouissent en Grèce sur le terreau de la crise économique et de la faillite de l’État, réveillant des peurs que l’on croyait enterrées. L’enquête de To Vima.



Par Dimitris Galanis

Ces derniers jours en Grèce, différentes organisations ont connu une forte couverture médiatique. Pourquoi ? Elles appellent à la création de « gardes civiles » pour, selon elles, protéger les citoyens que l’État a laissés à la merci des malfaiteurs. Via leurs pages Internet, ces groupes appellent les Grecs à venir rejoindre leurs rangs et à prendre part à des formations mises en place pour les préparer à affronter un chaos qui serait imminent.

Pour le ministre de la Protection du citoyen, c’est une dérive inquiétante. Interrogé sur ces initiatives de « garde citoyenne », il a répondu que la sécurité des citoyens était du ressort de la police et des services compétents, comme le prévoit la Constitution. « Personne d’autre n’est autorisé, ni à se servir d’arme, ni à se faire justice soi-même », a-t-il rappelé. Le procureur de première instance Nikos Antonarakos a ordonné jeudi dernier en urgence une enquête préliminaire sur l’action et le fonctionnement de ces groupes.


Toute cette affaire a un parfum qui rappelle d’autres époques : beaucoup estiment en effet que ces phénomènes font penser à l’apparition de groupes similaires en Allemagne dans les années 1930. D’autres soulignent que les périodes de crise favorisent naturellement la montée de la xénophobie et de l’extrême droite, qui en est son mode d’expression. D’autres enfin soulignent que quand l’État est absent, il n’est pas étonnant que se forment des États dans l’État.


« Protéger les citoyens contre les non-Grecs et les anti-Grecs »



L’un de ces groupes crie haut et fort qu’il va « protéger les citoyens à la merci des malfaiteurs ». Il se fait appeler « Garde civile patriotique » et est la cible des enquêtes actuelles. Son représentant, Yorgos Anestopoulos, signe de son surnom : « Faucon de l’Egée ». « La Garde civile patriotique est l’une des centaines d’unités, présentes dans toute la Grèce, composées de réservistes qui, d’une façon ou d’une autre, continuent leur entraînement militaire même dans leur vie civile. » Il explique que l’ambition de l’organisation consiste, en temps de guerre, à « laisser derrière elle une unité de garde de citoyens composée de civils et de femmes qui pourront ainsi contribuer à la protection de la population civile sans armes contre les armées étrangères ennemies ».


Les thèses de Yorgos Anestopoulos ont un fort relent de théories conspirationnistes. Il affirme qu’il n’a « aucune envie de jouer le rôle du sauveur autoproclamé mais que – si le besoin s’en fait sentir – nous préférons être prêts au moment crucial pour protéger nos familles, notre population, contre la guerre que certains "non-Grecs" ou "anti-Grecs" s’apprêtent à lancer contre notre peuple (...) ».


Concernant la formation dont ses membres peuvent bénéficier, il explique qu’il s’agit du Basic Soldiering. « Bien sûr, cela a l’air d’une réplique miniature d’un vrai camp militaire. Chacun et chacune selon sa spécialité et ses capacités apporte ce qu’il sait faire le mieux. Les plus capables et le mieux entraînés constituent le Groupe des forces spéciales ». Pour M. Anestopoulos, la plus grande menace, ce sont les immigrés clandestins.


Récemment, le président du parti ultra-conservateur LAOS, Yorgos Karatzaféris, avait proposé que les Grecs aient le droit d’être armés pour lutter contre la hausse de la criminalité. Sur cette question, voici la réponse du responsable de la Garde civile patriotique : « Évidemment, mais sous conditions : si quelqu’un souffre de dysfonctionnement psychique, il ne faut pas qu’il porte une arme, et cela peut être diagnostiqué. Il faut naturellement que les citoyens soient formés avec un soin extrême à l’utilisation d’une arme avant d’être autorisés à en porter librement pour leur propre défense ». On lui fait remarquer que, peut-être, si ce sont les citoyens qui prennent en main la loi, on risque d’en arriver à un chaos aux conséquences incontrôlées. Il répond : « Malheureusement, quand l’État montre son incapacité à protéger le citoyen et ses biens, de telles conséquences sont inévitables ».


Sur sa page Internet, la Garde civile se dit à la disposition de la Société nationale, si cette dernière fait appel à elle. Mais qu’est-ce que la Société nationale ? Son responsable de la communication, M. Argyripoulos, répond : « C’est une société civile, sans but lucratif. Elle a pour but de protéger les droits des citoyens grecs, que personne ne protège. » Cette société a fait connaître son action le 12 mars dernier lors d’une manifestation au musée de la guerre à Athènes. « La Société nationale n’est pas un parti, c’est une ligne de défense contre l’arbitraire de l’État qui blesse cruellement les Grecs, contre tous ceux qui blessent nos concitoyens, lois, décisions ministérielles, arbitaire des systèmes étatiques et de leurs employés. » Sur la Garde civile, M. Argyropoulos pense que « c’est un élément très important pour la protection des droits des Grecs. Ils donnent des leçons de premier secours et de défense du citoyen dans différentes situations de nécessité ». Mais au sujet des armes, il se positionne contre « ceux qui appellent à l’armement des citoyens. Nous considérons, nous, que l’État grec doit, au contraire, veiller à récupérer les armes en circulation qui sont aux mains de malfaiteurs. »


« Des rondes pour traquer les malfaiteurs »


À une autre échelle, on trouve l’action du Centre grec de contrôle des armes qui appelle à l’organisation de ce qu’il appelle « Surveillance de voisinnage » (neighborhood watch). Selon Théodoros Liolios, directeur du centre, professeur de physique nucléaire et des équipements militaires à l’École militaire, la criminalité a pris des dimensions inquiétantes . C’est pourquoi il est nécessaire d’organiser « des groupes de citoyens qui feront des rondes dans les quartiers et contrôleront la criminalité dans leur zone avec l’aide de la police. Les personnes âgées ou handicapées pourront se mettre communication avec eux dans le cas où elles seraient victimes ou témoins d’activités criminelles ; ainsi, le groupe de garde prendra immédiatement contact avec la police ou frappera à la porte de la personne concernée pour faire fuir les criminels ».


M. Liolios insiste sur le fait que les membres de ces groupes ne pourront pas être armés ni se voir impliqués dans des attaques contre des malfaiteurs ; leur présence devra avant tout avoir un rôle dissuasif. Il ajoute que ces groupes pourront accepter en leur sein « des immigrés qui ont de bons contacts avec leurs compatriotes et une meilleure perception de leur culture ». Il appelle même les organisations de gauche à participer à leurs actions. Il soutient également que des mouvements similaires pourraient être organisés dans les écoles.


Si l’apparition de ces groupes de protection civile soulève des interrogations et réveille des peurs, l’action de l’« Aube d’or » divise les habitants des quartiers où elle a une présence visible. Ses représentants déclarent n’avoir « aucun lien avec les groupes de protection civile ». Ils disent former un groupe politique avec une organisation, des positions et des actions claires. Ils se distinguent donc clairement des groupes de « protection civile », mais des habitants parlent, eux, de « rondes » menées par ses membres dans le quartier athénien d’Aghios Panteleimonas.


« Si nous étions le gouvernement, nous réinstallerions des champs de mines entre nos frontières et la Turquie »



Au coeur de leurs actions, les rues du quartier d’Aghios Panteleimonas et de la place Attiki, qui se sont ces dernières années transformées en champ de bataille entre des forces de l’extrême droite et des groupes appartenant au champ assez large de la gauche et des organisations de défense des droits des immigrés. En 2010, l’Aube d’or a gagné un siège au conseil municipal d’Athènes, vraisemblablement grâce surtout au vote d’habitants du quartier. Elias Kasidiaris, membre du conseil politique de cette organisation et candidat à la députation pour l’Attique, explique que ces dernières années, la perception des gens sur l’Aurore dorée a changé : « Nous, nous n’avons pas changé, mais le monde a changé en face de nous. La crise a réveillé de nombreux Grecs. La baisse des revenus a commencé à faire prendre conscience ce dont ils n’avaient pas eu conscience pendant longtemps, que le système est corrompu et qu’il fonctionne à l’encontre de la nation et du peuple ». Il attribue le changement de position des citoyens envers l’Aube d’or au « travail social » de fond mené par l’organisation : « Nous avons fondé l’année dernière le Mouvement de solidarité des Grecs à travers lequel nous récoltons des dons de citoyens grecs que nous redistribuons à des familles grecques en difficulté. Cela ne concerne que des Grecs, et non les étrangers. C’est sur ce point que nous nous distinguons d’actions similaires menées par d’autres mouvements ».


Selon lui, le système politique est « plus dangereux que les immigrés clandestins. Si le pays était dirigé par de vrais Grecs, nous n’aurions pas de problèmes avec les immigrés clandestins. Il n’y en aurait même pas un seul dans tout le pays. Nous ferions appliquer les lois et les clandestins seraient renvoyés au-delà de nos frontières. » Et de compléter :

« Si nous étions le gouvernement, nous réinstallerions des champs de mines entre nos frontières et la Turquie, ces mines qu’ils ont supprimées ». Le fait qu’une campagne mondiale contre les mines antipersonnelles soit menée ne semble pas le perturber le moins du monde.



« La nuit, on a peur de sortir »


Les opinions sur l’Aube d’or divergent cependant chez ceux qui vivent dans les quartiers alentour. Certains, Grecs et immigrés, ainsi que des organisations de gauche, dénoncent l’action des membres de l’organisation qui font, selon eux, régner une forme de terreur en particulier sur ceux qui ont le malheur d’avoir la peau noire et de se trouver sur leur passage. Yannis G., qui travaille dans un bar du quartier, raconte qu’ils « se promènent en bandes et procèdent à des contrôles sans que la police intervienne. En particulier à la tombée de la nuit, on les voit tourner dans leurs blousons noirs à faire des patrouilles. Très souvent, on les entend insulter des immigrés, qui n’osent pas circuler le soir. »


Saïd est un Irakien qui vit depuis huit ans dans le coin et travaille dans un snack. « La nuit, on a peur de sortir dans la rue. Je connais beaucoup d’immigrés qui se sont fait sauvagement passer à tabac par des membres de l’organisation. » Pourquoi ne sont-ils pas aller se plaindre à la police ? demande-t-on. Il répond que s’ils l’avaient fait, ils auraient vraisemblablement été expulsés, puisqu’ils se trouvent ici en situation irrégulière.


Maria G., commerçante elle aussi dans le quartier, constate que la présence de l’organisation a changé l’équilibre des forces. « Il y a quelque temps, c’était les Grecs qui n’osaient pas sortir dans les rues. Si vous n’avez pas vécu ici, vous ne pouvez pas comprendre. Avant, je tremblais que d’un moment à l’autre, ils entrent pour me voler, maintenant, je me sens plus en sécurité », explique-t-elle. À la question de savoir si l’appartenance de l’Aube d’or à l’extrême-droite ne l’inquiète pas, elle répond : « Leur position politique ne m’intéresse pas. Que la gauche vienne ici pour chasser les étrangers si ça lui chante ! Alors, je voterai pour elle, de même que, aux dernières élections municipales, j’ai voté pour l’Aube d’or ».
Source : http://balkans.courriers.info/article19542.html

Voir également : Des Grecs attaquent sauvagement des immigrés isolés, dont une femme afghane et ses enfants

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