samedi 30 juin 2012

La Grèce et la Chypre grecque : les destins liés de deux boulets parasitaires

Comment Chypre a plongé avec la Grèce

Par Fabrice Nodé-Langlois

Mis à jour le 30/06/2012 à 09:39 | publié le 29/06/2012 à 20:05

Le petit État insulaire va bénéficier du secours financier de l'Europe et du FMI pour recapitaliser ses banques juste au moment où il prend, le 1er juillet, la présidence de l'Union européenne pour six mois.


Difficile de faire pire pour l'image. Chypre, la troisième plus petite économie de la zone euro (devant l'Estonie et Malte), prend ce dimanche la présidence tournante de l'Union européenne (UE). Alors même qu'elle est en pleines tractations pour son sauvetage financier! L'île pourrait recevoir jusqu'à 10 milliards d'euros, soit l'équivalent de plus de la moitié de son PIB.

Comment Chypre en est arrivé à devenir le cinquième État membre à faire appel à l'aide de l'UE? Première réponse: l'île a été contaminée par la crise grecque. «L'effacement partiel de la dette grecque (au mois de mars, NDLR) nous a coûté 73 % de nos créances», expose au Figaro Andreas Mavroyiannis, ministre délégué aux Affaires européennes. D'où la nécessité de recapitaliser les trois grandes banques du pays, dont la Laiki, passée sous le contrôle de l'État. «Mais l'exposition de nos banques va bien au-delà», poursuit le diplomate francophone, chef d'orchestre de la présidence chypriote de l'UE. En plus des obligations grecques passées par pertes et profits à hauteur de 3 milliards d'euros, les établissements financiers chypriotes détiennent 23 milliards de créances privées en Grèce. La Commission européenne estime d'ores et déjà que le taux de «prêts non performants», autrement dit les crédits qui subissent des difficultés de remboursement, atteint les niveaux dangereux de 10 à 14 % selon les établissements bancaires.
Les banques asséchées

«Le vrai problème aujourd'hui, analyse un banquier de Nicosie, c'est la liquidité. Il y a un gros problème de confiance, les banques ne prêtent plus.» Dans le monde de la finance chypriote, certains redoutaient, avant la demande d'aide, le «bank run» comme les professionnels désignent les retraits massifs d'argent. Pour retenir les capitaux, les banques de l'île offrent à leurs déposants des taux de rémunération 2,5 fois plus élevés que dans le reste de la zone euro.

La santé du secteur bancaire est, plus qu'ailleurs, vitale pour l'île. Pays agricole pauvre jusqu'à l'invasion du nord par l'armée turque en 1974, la petite république a développé son secteur de la finance grâce au régime fiscal favorable aux sociétés offshore et à son impôt sur les sociétés, le plus bas de l'UE (10 %). Résultat, les capitaux y transitent toujours, russes pour beaucoup, mais aussi grecs, depuis ces deux dernières années.

La dépendance de Chypre à l'égard de la Grèce n'explique pas, loin s'en faut, toute l'étendue du sinistre. Comme les autres grands malades de l'Europe, l'île a cédé aux sirènes du crédit facile. Ce règne de l'argent coulant à flots a coïncidé, rappelle Citigroup dans une note récente, avec l'accession à l'UE en 2004. «Les Chypriotes ont encore couramment trois ou quatre banques, il suffisait de pousser la porte pour obtenir un crédit afin de financer l'achat de sa maison, d'un appartement sur la côte ou d'une grosse voiture», remarque un financier.
Service public «trop gras»

Pour Andreas Theophanous, professeur d'économie sur le campus tout neuf de l'université de Nicosie, Chypre paie aussi la croissance continue de ses dépenses publiques. «Le secteur public est trop gras», résume-t-il. Les dépenses publiques représentent près de 48 % du PIB. Les fonctionnaires, qui terminent leur journée de travail à 14 h 30 (sauf le mercredi), touchaient encore récemment des retraites bien plus élevées que les employés du privé, pour des cotisations dérisoires.

Comment se manifeste cette crise bancaire dans ce pays au niveau de vie supérieur à celui de la Grèce? Le secteur le plus touché est l'immobilier. Les prix ont chuté, nombre de chantiers et de projets sont gelés, à la fois faute de demandes et de financements. Au cours des trois derniers trimestres, souligne Citigroup, le PIB a reculé. Les prévisions pour l'ensemble de 2012 oscillent, selon les sources, entre - 0,8 % et 1,1 %. Conséquence directe, le chômage, de 3,5 % avant la crise de 2008-2009, atteint 10 % de la population active, pourtant l'une des plus diplômées d'Europe.

Un rayon de soleil éclaire ce sombre tableau. Pour l'heure, le tourisme, 18 % du PIB et plus de 25 000 emplois, résiste. L'an dernier, se réjouit le ministre de l'Industrie et du Commerce Neoclis Sylikiotis, le nombre de visiteurs a augmenté de 10 % (49 % pour les Russes) et «ils ont dépensé davantage». La foule des plages ferait presque oublier, comme l'observe un banquier, l'avenue Makarios, la grande artère commerçante de Nicosie, où «les magasins ferment les uns après les autres».
Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/29/20002-20120629ARTFIG00693-comment-chypre-a-plonge-avec-la-grece.php

Voir également : Chypre : une plaque tournante du blanchiment d'argent sale

Kurt Lauk (assistant d'Angela Merkel) sur la Chypre grecque : "C'est le paradoxe de l'Union européenne, que le chien devrait être chargé de la fourniture des saucisses !"

Greek Cyprus would be a dog guarding sausages, says Merkel aide

BERLIN - Reuters

Greek Cyprus should not take over the rotating presidency of the European Union next month because it has sought emergency funding, the head of a business group linked to German Chancellor Angela Merkel's conservatives said.


Greek Cyprus, which is due to take over the six-month presidency from Denmark on July 1, has a banking sector heavily exposed to debt-crippled Greece and said on Monday it was formally applying for help from the EU's rescue funds.
 
"This is the paradox of the European Union, that the dog should be put in charge of the supply of sausages!" said Kurt Lauk, president of the economic advisory board linked to Merkel's centre-right Christian Democrats.


Lauk called for all countries which have received bailouts - which also include Spain, Portugal, Ireland and Greece - to be barred from holding the EU presidency, which helps to set the agenda of the 27-nation bloc.

"It is unacceptable that a country which has had to seek a bailout can take over the presidency of the EU Council," he said, adding that he doubted whether Greek Cyprus, the euro zone's third smallest economy, had the authority to give direction on stabilizing Europe.
 
"How can Greek Cyprus engage in crisis management when it is in the middle of a crisis itself?" Lauk asked.


"We will never be able to heal Europe if the president is lying in intensive care with a highly contagious disease."

Germany's foreign office distanced itself from Lauk's comments.

"During its six-month presidency, Greek Cyprus will have the duty to undertake tasks in the interest of the European Union and its member states, just like other countries which have held the post of president of the EU Council," it said.

June/28/2012
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/greek-cyprus-would-be-a-dog-guarding-sausages-says-merkel-aide.aspx?pageID=238&nID=24270&NewsCatID=351

jeudi 28 juin 2012

L'insurrection grecque de 1821 : les massacres de Turcs dans le Péloponnèse

Robert Mantran, "Les débuts de la Question d'Orient (1774-1839)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 442 :

"(...) comptant sur les diversions opérées par Ypsilanti et par 'Alî de Janina et sur la guerre turco-iranienne, le patriarche de Patras, Germanos, proclame la guerre de libération le 25 mars 1821. Mais cette guerre est engagée de façon non coordonnée dans le Péloponnèse et dans les îles égéennes, et l'une des premiers actions des insurgés est le massacre des civils turcs de Morée, notamment celui des habitants musulmans de Tripolitsa en octobre 1821. De leur côté, les janissaires d'Istanbul avaient arrêté puis pendu le patriarche orthodoxe et nombre d'autres religieux, tandis que la chasse aux Grecs était lancée dans tout l'empire. Si des atrocités ont été commises par les deux camps, il faut bien constater que l'opinion publique occidentale n'a réagi qu'aux massacres de Grecs, dont le point culminant a été les massacres de Chio en avril 1822. Pas une voix ne s'est élevée pour déplorer les massacres de Turcs, et au contraire s'est déclenché en Europe un mouvement de sympathie en faveur des insurgés."

Voir également : Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes

La Grèce indépendante de 1833 : un territoire déjà épuré de ses musulmans

Le sort des Turcs tombés à la merci des Grecs

La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

Un documentaire grec nuancé sur l'insurrection nationaliste de 1821 rend malades le clergé orthodoxe et l'extrême droite locale

lundi 25 juin 2012

Chypre : la question des soi-disant "colons" turcs

Ergün Olgun, "Chypre : mythes, réalités objectives et avancées possibles", Outre-Terre, n° 10, 2005/1, p. 450-452 :

"La partie grecque utilise, pour désigner les Turcs du continent, le terme politiquement chargé de « colons » ; elle conteste aussi par là aux autorités chypriotes turques le droit de « naturalisation ». Les Chypriotes grecs tentent d’accréditer deux idées : qu’ils sont d’une part les seuls à pouvoir accorder la naturalisation ; que les « Turcs » ne sont pas, d’autre part, les bienvenus à Chypre.

« Dieu » aurait conféré aux Chypriotes grecs le pouvoir exclusif de gouverner au nom des deux parties par « firmans » sur la nationalité. Pas besoin de demander leur avis aux Chypriotes turcs pour fabriquer des « citoyens de Chypre » d’origine grecque, russe, pontique ! Comme si cela ne bouleversait pas, au demeurant, les équilibres démographiques sur l’île !

Et puis, les Chypriotes turcs sont déjà l’« autre » indésirable qui se mêle de contester le caractère hellénique de Chypre, des hôtes non souhaités, voire une sous-espèce ; mais il convient surtout qu’ils soient frappés par des mesures d’embargo et placés en quarantaine, de façon à ce qu’ils ne jouissent pas d’une économie en plein essor ; ils se plieront alors aux volontés des Chypriotes grecs. Or, les ouvriers et la main-d’oeuvre turcs contribuent justement de manière significative à l’économie nord-chypriote. C’est pourquoi leur présence à Chypre doit être présentée, avec tous les arguments possibles et par tous les moyens, comme absolument illégitime.

Tel est malheureusement le cadre archaïque du raisonnement de la direction chypriote grecque. Elle ne parvient pas à percevoir la chance qui est donnée à l’île de constituer un modèle pour le reste du monde en mobilisant les racines, les atouts et l’influence de chacun des deux partenaires et copropriétaires du pouvoir à l’Est comme à l’Ouest.

Comme l’écrit l’observateur chypriote grec Nicos A. Pittas : « Ce qui fait presque autant nécessité à Chypre que l’eau, c’est la main-d’oeuvre bon marché [...] Nous importons déjà des milliers de gens du monde entier ; qu’y a-t-il donc de si terrible dans le fait que certains soient turcs ? Est-ce une catastrophe d’autoriser cinquante mille Turcs dont la plupart résident depuis presque toujours sur l’île à s’y établir, d’autant que nous sommes désormais membre de l’UE et que la Turquie en fera à terme probablement partie, avec une liberté afférente de circulation y compris à Chypre ? »

Autre tentative de subordonner les Chypriotes turcs et leur économie à leur loi : les autorités chypriotes grecques s’emploient actuellement dans tous les registres à saper les propositions de la Commission européenne en faveur de relations commerciales directes entre Chypre-Nord et l’UE.

C’est pour finir de la discrimination quant aux droits de l’homme, pour parler par euphémisme, que d’humilier les citoyens d’un pays candidat à l’UE en les présentant en tant que « colons turcs du continent ».

Dans son étude rendue publique fin 2003, le British Helsinki Human Rights Group a reproché à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe d’avoir présenté, dans un rapport du mois de juin de la même année, les « colons » comme venant « d’une des régions de Turquie les moins développées », l’Anatolie, dont les « coutumes et traditions diffèrent significativement de celles de Chypre » ; il y avait là « l’expression de sentiments racistes supposés regrettables du point de vue même du Conseil »."

Voir également : Chypre : la question de la présence militaire turque

Quelques mensonges grecs ordinaires sur Chypre

Les causes profondes du conflit chypriote

Chypre : pourquoi l'intervention turque ?

Nicosie, capitale "européenne" des "mariages blancs"
 
Les réseaux de prostitution forcée à Chypre

Chypre : la question de la présence militaire turque

Ergün Olgun, "Chypre : mythes, réalités objectives et avancées possibles", Outre-Terre, n° 10, 2005/1, p. 449-450 :

"Bien que Chypre n’ait jamais été gouvernée par la Grèce, Grecs et Chypriotes grecs intègrent l’île, sur le plan historique (et mythologique), à l’hellénisme. C’est ce dogme qui a entraîné la catastrophe de l’Etat à deux partenaires de 1960. Un dogme qu’on ne peut ignorer, tant il est ancré dans la culture grecque (mythes, Eglise, école). Et sur dix ans, de 1963 à 1974, toutes les diplomaties ont échoué à faire évoluer ces croyances et à enrayer la marginalisation forcée des Chypriotes turcs, tout comme le fait que ceux-ci étaient privés de leurs droits constitutionnels et contractuels. C’est parce que la Constitution de 1960 était en permanence violée que la Turquie fut contrainte d’intervenir à Chypre en 1974 (conformément à ses obligations découlant du Traité de garantie de 1960). Malgré la sécurité que procurait aux Chypriotes turcs la présence de l’armée turque (seule et unique dissuasion à une reprise des hostilités sur l’île depuis 1974), le non-droit s’est perpétué durant des années ; les événements se sont enchaînés et ont produit la nécessité d’un nouveau cadre qu’illustre le Plan Annan : bizonalité, bicommunautarisme, fédéralisme. Mais la partie grecque reste obsédée par l’hellénisme et veut conserver les privilèges injustement acquis depuis 1963 ; voilà pourquoi elle ne désire pas partager le pouvoir avec son ex-partenaire égal en droit dans le contexte d’un nouvel Etat à deux partenaires.

Bien que l’armée turque continue d’être la seule et unique garantie de sécurité pour les Chypriotes turcs, la Turquie, tout comme une majorité des Chypriotes turcs par le référendum du 24 avril, a donné son accord au Plan Annan. Il y aura donc réduction substantielle des forces pendant la période initiale et fort délicate de sept ans : pas plus de 6000 soldats et officiers jusqu’en 2011 ; puis une nouvelle réduction au contingent symbolique de 650 au moment de l’intégration de la Turquie à l’Union européenne (voire après 2018 si celle-ci ne s’est pas encore produite). Il y avait même dans le Plan une clause qui stipulait la révision tous les trois ans avec pour objectif le retrait total des troupes (article 8, 1, b III de l’accord de Fondation).

Mais tout cela ne satisfaisait pas M. Papadopoulos qui s’en tient, dans sa lettre au secrétaire général, à son approche du tout ou rien : « Les questions de sécurité, cruciales pour les Chypriotes grecs, ont été largement ignorées ». Et puis : « La présence des troupes d’occupation et le comportement global des Turcs constituaient encore un sérieux sujet de préoccupation ». Monsieur Papadopoulos proclamant qu’en vertu du Plan, les troupes turques allaient rester indéfiniment sur l’île.

Il y a une logique qui soutient semblable position du tout ou rien.
Elle ressort dans l’allocution du 7 avril où monsieur Papadopoulos appelle les Chypriotes grecs à un non retentissant au référendum : encore quelques jours et Chypre sera membre de l’Union européenne ; le processus d’adhésion turque, lui, va se poursuivre ; le temps travaille donc en faveur des Chypriotes grecs qui feront désormais partie des évaluateurs d’Ankara ; les Turcs seront alors soumis à une pression constante en matière d’adoption et de mise en oeuvre de l’acquis communautaire ; les Chypriotes grecs peuvent donc se permettre d’ignorer les intérêts des Chypriotes turcs (sécurité incluse), ainsi que les dispositions du Traité de garantie de 1960 concernant les droits de la Turquie (ceux du Royaume-Uni demeurant intacts). Au fond, l’idée sous-jacente, c’est que les Chypriotes grecs peuvent attendre indéfiniment jusqu’à une victoire complète.

Il y a là une approche qui ne laisse pas grande marge de manoeuvre au compromis, à un règlement partagé et durable, à la construction d’un cadre stable. Alors qu’il n’y aura pas de règlement honnête sans égalité des parties ; que rien ne se règlera tant que les Chypriotes grecs sont autorisés à réaliser unilatéralement leurs objectifs, les Chypriotes turcs restant considérés comme subordonnés à leur autorité.

Dans tous les cas de figure, les Chypriotes grecs ne doivent pas oublier que leur refus du Plan Annan a prévenu, en même temps qu’un règlement, le démarrage d’un processus de démilitarisation de l’île. M. Papadopoulos ayant d’autant moins de raisons de déplorer la présence de troupes turques sur l’île."

Voir également : Quelques mensonges grecs ordinaires sur Chypre

Les causes profondes du conflit chypriote

Chypre : pourquoi l'intervention turque ?

Le nettoyage ethnique des Chypriotes turcs par les Chypriotes grecs (1960-1974)

Conflit chypriote : 500 Chypriotes turcs disparus en 1963-1974

Chypre, 1963 : le bain de sang de la "Semaine noire"

Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île

Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île (2)

Le sort des Turcs tombés à la merci des Grecs

La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Quelques mensonges grecs ordinaires sur Chypre

Ergün Olgun, "Chypre : mythes, réalités objectives et avancées possibles", Outre-Terre, n° 10, 2005/1, p. 447-448 :

"Dans sa lettre au secrétaire général du 7 juin 2004, Tassos Papadopoulos prétend qu’il y a à Chypre-Nord 119 000 « colons illégaux ». On n’entrera pas ici dans une discussion sur le caractère inacceptable du terme de colon. Mais M. Papadopoulos prête dans la même lettre à la dernière version du Plan de l’ONU l’intention de sédentariser à Chypre tous les « colons ». C’est là une grossière déformation des faits puisque le Plan limite le nombre des personnes qui seraient susceptibles d’être naturalisés à 45 000, auxquels viennent s’ajouter les personnes qui avaient la nationalité chypriote au 31 décembre 1963, leurs enfants et les conjoints de ceux-ci.

Dans un entretien avec le Khaleej Times 4 septembre 2004, M. Papadopoulos proclame ouvertement qu’il n’y pas eu de Chypriote turc assassiné de 1963 à 1974. Commentaire de Loucas G. Charalambous, journaliste chypriote grec de premier plan : « Le président a-t-il des trous de mémoire ? » ; « Il nous faut résister à la tentation d’éclater de rire [...] Rappelons seulement au président les affrontements sanglants de Mansoura-Tylliria, de Lefka-Ambelikou, de Trypimeni, d’Arsos, de Mari et de Kophinou-Ayios Theodoros ; 22 cadavres rien qu’à Kophinou [...] Personne n’ira le nier, l’affirmation du président selon laquelle il n’y aurait pas eu de Chypriote turc tué est un mensonge évident. »

Tassos Papadopoulos écrit au secrétaire général de l’ONU le 7 juin 2004 et le répétera « catégoriquement » dans son exposé lors du débat général à la 59e session de l’Assemblée des Nations unies le 23 septembre : « Les Chypriotes grecs et [lui-même] ont pris l’engagement d’une solution bizonale et bicommunautaire. » Pour réitérer dans les deux cas que toute résolution portant sur la propriété et les biens doit respecter le droit au retour des réfugiés. Le deuxième argument de la réinstallation des réfugiés ruinant le premier, celui de la bizonalité, qui est un pilier acquis du règlement et que M. Papadopoulos s’est engagé à respecter. Il faut à l’évidence qu’il mette ses prétentions de côté et prépare son peuple à des restrictions en matière de retour pour faciliter l’établissement de la bizonalité."

Voir également : Les causes profondes du conflit chypriote

Chypre : pourquoi l'intervention turque ?

Les causes profondes du conflit chypriote

Ergün Olgun, "Chypre : mythes, réalités objectives et avancées possibles", Outre-Terre, n° 10, 2005/1, p. 445-447 :

"Turcs et Chypriotes turcs n’ont toujours pas réalisé à quel point comptent les relations publiques et la médiatisation. Alors que les Chypriotes grecs et les Grecs sont des experts ès propagande et lobbying. Mais même si la propagande et le lobbying sont légitimes, la manipulation a quelque chose, pour parler par euphémisme, d’immoral.

Il est malheureux que même l’Union européenne se soit laissée berner par la machine propagandiste de la partie chypriote grecque. Le commissaire à l’élargissement Günter Verheugen rappelait, par exemple, dans une allocution au Parlement européen du 21 avril 2004 la promesse du gouvernement chypriote grec en 1999 : agir autant que possible pour garantir un règlement ; l’Union européenne, en revanche, ne ferait pas du règlement du problème un préalable à l’adhésion de Chypre. Pour donner libre cours à sa déception : « Je me sens trahi par le gouvernement chypriote grec. » Il convient d’aller au-delà de la propagande et de rendre manifestes les faits et causes latents.

Le conflit ne résulte pas, entre autres, d’« une invasion militaire et de l’occupation durable du territoire (chypriote) par un Etat souverain », comme le leader chypriote grec Tassos Papadopoulos a choisi de présenter les choses, le 23 septembre 2004, dans son exposé à la 59e session de l’Assemblée générale des Nations unies. De même que le conflit n’a pas émergé en raison d’une agitation sécessionniste des Chypriotes turcs, partenaire à égalité des Chypriotes grecs à l’intérieur de la République de Chypre de 1960.

Si l’« occupation » est censée incarner la racine de la question chypriote, alors que dire de l’occupation de l’instance gouvernementale, naguère bicommunautaire, de la République de Chypre par les Chypriotes grecs depuis 1963 ? C’est cette occupation-là et le conflit qui en a résulté entre les deux partenaires égaux en droit qui a nécessité le stationnement de forces de l’ONU sur l’île. Monsieur Papadopoulos a la mémoire sélective et il ignore la période de 1963 à 1974. Mais il ne peut pas être amnésique au point d’avoir oublié les raisons de l’intervention de la Turquie le 20 juillet 1974. Semblable rétention ou déni de faits par « sélection » ressortissent à une stratégie retorse qui consiste à laisser dans l’ombre les causes sous-tendant le dossier. En d’autres termes : la partie chypriote grecque propose un traitement de la question ignorant le fond de l’affaire, c’est-à-dire que les Chypriotes grecs ont fait en leur temps main basse sur la République de 1960.

Il n’y a d’ailleurs pas de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui qualifie l’intervention parfaitement légitime de la Turquie en 1974 comme une « agression », une « invasion » ou une « occupation ». C’est au contraire la Grèce que l’archevêque Makarios, le président chypriote grec de l’époque, avait en termes ouverts et dramatiques accusée le 19 juillet 1974 devant le Conseil de sécurité d’avoir envahi et occupé Chypre le 15. C’est cette invasion et cette occupation destinées à réaliser l’Enosis (l’union de Chypre avec la Grèce), et la violation de l’état des choses créé par la Constitution et les traités de 1960 qui entraînèrent l’intervention de la Turquie en vertu des droits et obligations que lui conférait le Traité de garantie de 1960.

Et quant au fait que ce serait la partie chypriote turque qui aurait travaillé à la sécession, l’archevêque Makarios n’avait-il pas confessé à diverses reprises, comme par exemple au Times avril 1963, soit huit mois avant de pirater l’Etat, qu’il était impossible aux Chypriotes grecs de renoncer à l’Enosis ? La résolution 186 (1964) du Conseil de sécurité d’envoyer des forces des Nations unies (UNFICYP) dans l’île avait pour but de prévenir une reprise des combats et de contribuer au maintien et à la restauration de l’ordre légal, au retour à des conditions normales.

Immédiatement après que cette résolution avait été entérinée par le Conseil de sécurité, les Chypriotes turcs s’adressèrent au secrétaire général et lui demandèrent d’agir le plus efficacement possible afin que la loi et l’ordre fussent restaurés, et de contribuer à un retour aux conditions normales en faisant respecter la constitution de 1960. Celui-ci écarta cette requête, expliquant que ce n’était pas dans cette intention que le Conseil de sécurité avait voté la résolution 186. La résolution 186 admettait donc qu’il n’y avait pas, sur l’île, des conditions normales, mais se refusait à restaurer l’ordre : autant de preuves que les institutions de 1960 étaient dans l’incapacité de fonctionner comme stipulé dans la Constitution, ce qui frappait de nullité la République.

La partie turque fit une deuxième tentative de retour au parlementarisme par association, en sollicitant l’aide de l’UNFICYP au mois de juillet 1965
; il lui fut répondu par le président chypriote grec de la Chambre des représentants, Glafcos Clerides, qu’ils devaient au préalable reconnaître le gouvernement chypriote grec en tant que gouvernement chypriote, entériner toutes les lois promulguées en leur absence et accepter que soit aboli l’article 78 de la Constitution sur les majorités séparées. Comme les Chypriotes turcs n’acceptaient pas les conditions humiliantes qui leur étaient faites, les Chypriotes grecs s’empressèrent de les blâmer pour ne pas vouloir faire partie du gouvernement légitime de la République. La direction chypriote turque de l’époque y revint à diverses reprises : c’était là une dernière trahison qui allait déclencher la suite des événements et, pour finir, la division de l’île comme l’émergence de deux gouvernements séparés.

Ces réalités n’ont pas empêché les Chypriotes grecs de réussir à légitimer leur action derrière le voile de l’« état d’urgence » depuis 1963. Ceci alors que leur refus de s’engager dans un nouveau partenariat avec les Chypriotes turcs et leur choix de maintenir des « conditions anormales » par le vote du 24 avril 2004 leur interdisent sans contestation aucune de mobiliser l’argument de la nécessité et de la soi-disant « République de Chypre » en tant que gouvernement de l’île toute entière."

Voir également : Chypre : pourquoi l'intervention turque ?

Le nettoyage ethnique des Chypriotes turcs par les Chypriotes grecs (1960-1974)

Conflit chypriote : 500 Chypriotes turcs disparus en 1963-1974

Chypre, 1963 : le bain de sang de la "Semaine noire"

Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île

Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île (2)

Le sort des Turcs tombés à la merci des Grecs

La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Les Chypriotes grecs réclament l'argent des contribuables européens et russes

Crise budgétaire - 21/06/2012 | 07:01 - 285 mots
Chypre pourrait demander l'aide de la Russie et de la zone euro

Romaric Godin
Nicosie demanderait, selon les informations du Handelsblatt, une aide de la Russie et, pour ses banques, du FESF et du MES.
Chypre va sans doute la semaine prochaine demander l'aide de l'Union européenne... et de la Russie. Selon le site Internet du quotidien allemand Handelsblatt, la république insulaire devrait déposer "dans la semaine qui vient" une demande d'aide bancaire auprès du FESF ou du MES et, parallèlement, obtenir un crédit de la Russie de 3 à 5 milliards d'euros.

Moscou intéressé

Moscou avait déjà accordé une aide de 2,5 milliards d'euros à Chypre l'an passé à des conditions avantageuses. Chypre a en effet une importance considérable pour l'économie russe et pour celles de l'ex-URSS, car elle est la plate-forme financière utilisée par les oligarques locaux.
Un effondrement du système financier chypriote aurait des conséquences très sérieuses sur l'économie de ces pays. D'où l'intérêt de la Russie dans cette affaire.

Eviter les conditions

En décidant de diviser son aide entre Bruxelles et Moscou, Nicosie entend éviter de passer sous les fourches caudines des conditions de la Troïka. La grande peur des Chypriotes, c'est qu'on leur impose non seulement une austérité drastique (le gouvernement est dirigé par une alliance entre communistes et centristes), mais surtout une augmentation de son taux d'imposition avantageux qui fait la richesse de son système financier. Nicosie pourrait donc s'inspirer de Madrid en ne demandant qu'une aide bancaire qui ne soumet pas aux conditions d'une aide classique (mais dont les conditions restent cependant à définir).

Un système financier très éprouvé

Les banques chypriotes ont été durement touchées par leur exposition en Grèce. La banque populaire chypriote, connu sous le nom de Marfin, doit absolument trouver 1,8 milliard d'euros avant la fin juin pour satisfaire aux règles de solvabilité de l'Union européenne. Mais les autres banques ne sont guère plus vaillantes après les coupes réalisées dans leur portefeuille d'obligations grecques.
21/06/2012, 07:01  |
Source : http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120620trib000704953/chypre-pourrait-demander-l-aide-de-la-russie-et-de-la-zone-euro.html

Un commentaire :

"gege71 a écrit le 21/06/2012 à 12:05 :

Si je comprend bien Chypre est aussi un paradis fiscal Comment peux t-on faire l'europe avec autant de disparité dans les systèmes fiscaux. Concurrencer les autres pays de la zone euro, puis demander de l'aide pour couvrir ses besoins. Ce n'est pas acceptable Je comprends pourquoi les armateurs grecs menacent de se délocaliser à Chypre Laissons Chypre se débrouiller avec ses problèmes et proposons en parallèle une harmonisation des systèmes fiscaux. Ceux qui refusent sortent de la zone euro"

Voir également : Chypre : une plaque tournante du blanchiment d'argent sale

Les réseaux de prostitution forcée à Chypre

Demetris Christofias pointe du doigt les racines grecques des difficultés économiques de Chypre

Demetris Christofias: Cypriot Economic Trouble Rooted in Greek Woes
By A. Papapostolou on June 24, 2012 in Cyprus, News, Politics

Cyprus President Demetris Christofias on Sunday blamed the island’s economic troubles on neighbouring Greece’s woes
and insisted that reforms by his government would check a growing public deficit.
“The economy of Cyprus continues to have healthy foundations despite the problems, distortions and inequalities accumulated over the years,” the Communist politician told To Vima weekly in an interview.

Cyprus takes over the European Union’s rotating presidency on July 1st.  Estimates predict that it needs approximately 4.0 billion euros to prop up its banks and help narrow the budget deficit, which widened last year to double the EU ceiling of three per cent of gross domestic product (GDP).
“Cyprus is facing the prospect of entering (a rescue) mechanism not because of the fiscal state of the economy, but because of the need to recapitalise Cypriot banks which have important exposure to the Greek economy,” Christofias said.  “In every downgrade of the Cypriot economy, the exposure of our banks to Greece is portrayed as the main cause,” he said.

Christofias said reforms already undertaken would bring the deficit to “around 3.0 per cent” from 6.5 per cent in 2011, with the aim of trimming it further to “as close to 2.5 per cent as possible.”  Cyprus will ask Russia for a loan of up to 5.0 billion euros ($6.4 billion) this week and then request aid from eurozone partners for its ailing banks, an EU diplomat said Wednesday.

The crisis-hit Mediterranean island will “first try to get a bilateral loan from Russia,” stated the diplomat, speaking on condition of anonymity.
Cyprus would then probably request eurozone aid for its banks next week
along the lines of an offer made to Spain, he said.
(source: To Vima, AFP)
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/06/24/demetris-christofias-cypriot-economic-trouble-rooted-in-greek-woes/

La Grèce a violé un accord UE-FMI

La Grèce a violé un accord UE-FMI
AFP Publié le 24/06/2012 à 19:09

La Grèce avait violé un accord avec l'UE et le FMI en embauchant quelque 70.000 fonctionnaires en 2010-2011, selon des rapports publiés dimanche par le magazine To Vima.


Cet hebdomadaire de centre-gauche cite un premier rapport interne en ce sens de la mission permanente de la Troïka (UE, BCE et FMI), ainsi qu'un deuxième établi par le ministre des finances par intermim, George Zannias.

"Pendant que le gouvernement (dirigé par les socialistes du PASOK, NDLR) passait des lois réduisant le nombre de fonctionnaires, il en faisait rentrer par la fenêtre", selon un membre anonyme de la Troïka, cité par To Vima. Il a ajouté que 12.000 autres personnes avaient également été embauchées dans des collectivités locales alors que des mesures d'économies par fusion de municipalités étaient officiellement en cours.

Le rapport que Zannias devait transmettre à son successeur désigné après l'élection du 17 juin, Vassilis Rapanos, révèle qu'il y a toujours officiellement 692.000 fonctionnaires, sans changement, alors que 53.000 ont pris leur retraite en 2010.

Hospitalisé d'urgence vendredi, Rapanos n'a toujours pas pu prêter serment.
Alors que 40.000 départs ont eu lieu en 2011, le réduction nette n'a été que de 24.000, indique To Vima.

La Grèce s'était engagée à ne remplacer sur cette période qu'un fonctionnaire sur cinq dans le premier mémorandum négocié en l'échange d'une aide massive financière.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/06/24/97002-20120624FILWWW00172-la-grece-a-viole-un-accord-ue-fmi.php

Moody's et Fitch dégradent la note de Chypre

Moody's dégrade Chypre de 2 crans

Avec AFP Mis à jour le 14/06/2012 à 00:17 | publié le 13/06/2012 à 23:19 Réagir

L'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé ce soir de deux crans la note d'endettement de long terme de Chypre à "Ba3", l'enfonçant encore plus loin en catégorie "spéculative".


Moody's a prévenu que la note de Chypre restait sous examen en vue d'un éventuel abaissement. L'agence veut "évaluer les risques substantiels pour le secteur bancaire et l'Etat provenant d'une sortie de la Grèce de la zone euro", après les élections législatives grecques prévues dimanche. "La raison principale du changement de note aujourd'hui [mercredi] est la hausse concrète de la probabilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro, et de ce fait l'augmentation du montant probable du soutien que le gouvernement pourrait devoir accorder aux banques chypriotes", a expliqué l'agence.

Une aide de la Russie ou de la Chine ?

La note de "Ba3" correspond à un emprunteur pouvant faire face à ses engagements dans des circonstances normales mais présentant certains risques pour les créanciers. Jusque-là, Moody's supposait un plan d'aide à ces banques d'un montant entre 5 et 10% du produit intérieur brut. Désormais, l'hypothèse est celle d'un montant "plus élevé", qui "accroîtra la dette publique d'un peu plus de 10 points de pourcentage du PIB". L'agence avait abaissé la veille la note de deux banques du pays, Hellenic Bank d'un cran à "B1" et Bank of Cyprus d'un cran à "B2". Chypre a rejoint l'Union européenne en 2004 et adopté l'euro en 2008.

Le gouverneur de la banque centrale, Panicos Demetriades, a déclaré mercredi que si le pays faisait appel à des fonds étrangers pour recapitaliser son secteur bancaire, il souhaiterait plutôt recourir à des prêts bilatéraux de créanciers non précisés qu'à un plan de l'Union européenne. Les médias locaux évoquent un possible soutien de Moscou ou de Pékin.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/06/13/97002-20120613FILWWW00806-moody-s-degrade-chypre-de-2-crans.php

SECTEURS

Après Moody's, Fitch classe à son tour Chypre en catégorie « spéculative »

Par Claude Fouquet | 25/06 | 12:36 | mis à jour à 13:42

Fitch vient de décider d‘abaisser la note de Chypre. Une décision qui intervient deux semaines après que Moody's ait aussi dégradé ce pays et alors que Nicosie pourrait demander l'aide de l'Europe dès ce lundi.


Après Moody's il y a presque deux semaines, c'est au tour de l'agence de notation financière Fitch d'abaisser la note de la République de Chypre en catégorie spéculative.
Et une fois de plus c'est les craintes de plus en plus fortes qui pèsent sur le système bancaire chypriote qui conduit Fitch a reléguer le pays en catégorie « spéculative , en la faisant passer de « BBB- » à « BB+ ».

« L'abaissement de la note souveraine de Chypre reflète une augmentation matérielle des besoins en capital dont les banques chypriotes vont avoir besoin comparativement à l'estimation précédente », effectuée en janvier, explique Fitch afin de justifier sa décision.
Banques : 23 % du PIB nécessaire


Chypre, l'une des plus petites économies de la zone euro, est privée d'accès aux marchés financiers depuis un an. Elle doit trouver l'équivalent de 10% de son PIB, soit environ 1,8 milliard d'euros, avant le 30 juin pour recapitaliser Cyprus Popular Bank , la deuxième banque du pays. Une somme qui pourrit être plus importante selon Fitch qui estime que les besoins totaux des banques chypriotes pourraient atteindre 4 milliards d'euros, soit 23% du PIB. Selon l'agence de notation, les trois principales banques du pays (Bank of Cyprus, Cyprus Popular Bank (CPB) et Hellenic Bank) sont fortement exposées à la crise de la dette grecque.

Tout en reconnaissant que les estimations sur les besoins financiers des banques chypriotes sont encore très incertaines, Fitch souligne que l'argent nécessaire devra provenir des fonds publics et que ceci pourrait propulser le ratio dette/PIB au-delà de 100%. de ce fait, les objectifs de réduction du déficit budgétaire pour 2012 ne devraient pas être atteints et que celui-ci devrait s'élever à 3,9%, alors que le gouvernement envisageait initialement de le ramener sous les 3%.
L'assistance de l'Europe formalisée ce lundi

Chypre, qui s'apprête à présider l'Union européenne pour six mois, inquiète de plus en plus notamment depuis que Nicosie prévoit de solliciter l'aide de la zone euro pour renflouer ses banques. Le ministre chypriote délégué aux Affaires européennes a déclaré il y a deux semaines que Nicosie pourrait en effet demander jusqu'à quatre milliards d'euros à l'Union européenne. Selon certaines sources diplomatiques citées par l'AFP, cette demande d'assistance financière pourrait être formalisée des ce lundi. Information qui n'est conformée ni par la Commission européenne ni par la représentation permanente chypriote à Bruxelles interrogée par l'AFP.

« Nous examinons toutes les possibilités », s'est contentée d'affirmer cette dernière, évoquant des prêts bilatéraux ou une demande d'aide limitée au secteur bancaire. Car le pays aurait également sollicité sur le plan politique un prêt bilatéral de la Russie d'environ 3 à 5 milliards d'euros à la Russie . Une manière pour Chypre de diversifier ses aides mais surtout de tenter de desserer la pression européenne : une assistance russe lui permettrait d'expliquer qu'elle n'avait pas besoin que l'aide européenne soit assortie de mesures d'austérité comme celles demandées à l'Espagne notamment.
Source : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202137222096-apres-moody-s-fitch-classe-a-son-tour-chypre-en-categorie-speculative-337346.php

mercredi 20 juin 2012

Pays-Bas : Geert Wilders exige que l'argent des contribuables néerlandais ne soit plus gaspillé pour la Grèce parasitaire

07.06.2012
Geert Wilders, Angela Merkel et l'euro.


Pays-Bas. Le Président du PVV Geert Wilders a réagi à des articles parus dans la presse.

D’un côté, la Chancelière allemande Angela Merkel plaide pour que les pays membres de l’Union européenne transfèrent progressivement plus de compétences à l’union européenne. Elle estime que pour répondre à la crise de la dette, la formation d’une union politique est indispensable, et dans le pire des cas avec un groupe limité de pays.

De l’autre côté, les Pays-Bas doivent emprunter 8,4 milliards d’euros pour compenser les manques à gagner que l’État enrégistre à cause de la crise. Un milliard d’euros devant servir à soutenir la Grèce.


Les Députés PVV Van Dijck, Bontes et Geert Wilders ont posé des questions parlementaires à ce sujet.

Geert Wilders dénonce le fait que le gouvernement réalise des économies aux Pays-Bas sur la déduction des frais de transport des travailleurs et envoie de l’argent à la Grèce corrompue. Geert Wilders exige que les Pays-Bas n’expédient plus d’argent à la Grèce.
Source : http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2012/06/07/geert-wilders-angela-merkel-et-l-euro.html

Voir également : Pays-Bas : Geert Wilders et Teun van Dijck exigent des explications quant à l'affaire des 400 chars qui auraient été achetés par les Grecs

Pays-Bas : Geert Wilders humilie la Grèce corrompue

Nikos Lekkas confirme l'existence d'une "corruption systématique" en Grèce

Grèce : le contrôleur fiscal dénonce la "corruption systématique"

Le Monde.fr avec AFP | 08.06.2012 à 11h55 • Mis à jour le 08.06.2012 à 11h55

Le directeur de la brigade grecque des contrôles fiscaux a donné son estimation de l'évasion fiscale dans son pays. "L'évasion fiscale en Grèce atteint 12 % à 15 % du produit intérieur brut, ce sont 40 à 45 milliards d'euros par an" en moins dans les caisses de l'Etat, a détaillé Nikos Lekkas au quotidien allemand Die Welt. "Si nous pouvions en récupérer ne serait-ce que la moitié, le problème de la Grèce serait résolu", a-t-il indiqué.

"Nous avons les lois nécessaires depuis 1996, elles n'ont juste jamais été appliquées", selon lui, mais "nos politiques ont commencé à le comprendre". Et de poursuivre : "Si la corruption systématique qui a cours dans toute la société" ne cesse pas, et en particuliers si les élites continuent de rester impunies tandis que le reste de la population est pressuré, "il y aura une explosion sociale", a-t-il mis en garde.

"D'ACCORD AVEC LAGARDE"

M. Lekkas se dit par ailleurs "complètement d'accord avec Mme Lagarde", en référence à des propos tenus par la directrice générale du Fonds monétaire international fin mai qui avaient provoqué un tollé en Grèce.

Mme Lagarde avait estimé dans un entretien au quotidien britannique The Guardian que "les Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement", et ce, en "payant tous leurs impôts", et s'était dite moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d'Afrique. Elle avait ensuite exprimé des regrets face aux réactions offensées qu'avait suscitées ses commentaires.
Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/08/grece-le-1er-controleur-fiscal-d-accord-avec-lagarde-sur-le-paiement-des-impots_1714998_3214.html

Voir également : L'aveu de Georges Papandréou : la classe politique grecque est effectivement corrompue

Grèce : le Premier ministre George A. Papandreou admet publiquement que son pays est parasitaire

La Grèce est plus corrompue que la Turquie, la Macedoine et la Bulgarie selon le classement de Transparency International (2010)

Stelios Ramfos : "La crise grecque n’est pas économique, elle est culturelle"

entretien jeudi14 juin 2012
«La crise grecque n’est pas économique, elle est culturelle»
Richard Werly

Le philosophe grec Stelios Ramfos juge avec sévérité son pays, alors que les réformes européennes patinent. A la veille des nouvelles législatives du 17 juin, il décrypte les mentalités helléniques à l’épreuve du choc socio-économique. L’occasion de dénoncer l’aveuglement de l’Europe révélé, selon lui, par la crise


Un Socrate moderne? Dans son café préféré d’Athènes, non loin d’un parlement grec assoupi avant les élections du 17 juin, le philosophe Stelios Ramfos, 73 ans, s’amuse de l’au­dacieuse comparaison avec le maître à penser de l’Antiquité, qu’un nouveau procès fictif vient justement d’innocenter1. Et pourtant. Les débats qu’il suscite en Grèce, et la singularité de ses critiques sur l’Europe, dans la tourmente politico-financière actuelle, bousculent les vérités helléniques établies et remettent en cause pas mal de «valeurs traditionnelles». Tout comme il y a deux millénaires…

Le Temps: Une Grèce nouvelle est-elle,
oui ou non, en train d’émerger?

Stelios Ramfos: De quelle Grèce parle-t-on? La Grèce des rapports communautaires? Ou la Grèce réelle? Ma réponse est que la crise, aussi douloureuse soit-elle, n’a pas encore changé les mentalités. Ceux qui le croient se trompent. Une des raisons de l’enlisement des réformes est que la population n’est toujours pas convaincue de leur bien-fondé. Vous me direz que les statistiques sont incontestables, que notre faillite est consommée… Peut-être. Mais les Grecs restent des sentimentaux. Pour eux, la perception demeure plus importante que les faits et les chiffres.

– Parler de «mentalité grecque», n’est-ce pas réducteur?

Circulez dans ce pays, parlez avec les gens, écoutez-les… Les Grecs ne sont pas du tout rationnels. Ils ne raisonnent pas comme les Européens de l’Ouest. Nous n’avons pas connu la Renaissance. Notre histoire n’a pas forgé les consciences individuelles. Notre structure mentale est restée d’une certaine manière atrophiée, focalisée sur les problèmes du moment. La Grèce s’est retrouvée, après son indépendance, propulsée au rang des Etats «modernes», sans avoir forgé de réel contrat social. On le dit souvent, mais c’est vrai: le noyau central de notre société reste la famille au sens large. Tout passe par le prisme des rapports personnels. Construire quelque chose avec l’autre, avec le citoyen lointain, n’a pas de sens. Le clientélisme de l’Etat grec et des partis a un fondement très culturel. Les Européens ont fait le pari que l’euro nous transformerait. Or c’est le contraire qui s’est produit. Le crédit bon marché permettait de satisfaire les besoins de la famille, des clans… Les mentalités se sont jouées de la finance.
– Les mentalités peuvent
tout de même évoluer!

– Il faut comprendre à quel pays vous avez affaire. Notre modernisation reste ligotée par notre fonds culturel médiéval qui repousse la nouveauté et l’organisation, supposées engendrer un avenir meilleur. Le rapport au temps est essentiel. Les Grecs ne vivent pas dans la même temporalité que les Allemands qui, contrairement à nous, séparent bien distinctement le passé, le présent, et le futur. Ici, seul compte le présent! Or sans perspective, tout devient noir et blanc. Tout se polarise. Les réformes européennes ne sont acceptables que si vous vous projetez dans le futur. Les Grecs pensent, sans le savoir ou sans se l’avouer, à la manière du XVIIIe siècle. Ils pensent toujours en termes de lutte des classes. En termes de bien et de mal. Une union nationale au service d’un projet d’avenir est dès lors très difficile. D’autant que la confiance n’existe pas. Le Grec n’a confiance ni en son voisin, ni en son Etat. Il croit sa famille, son parti, celui avec lequel il a, par sa naissance ou sa vie sociale, un lien de parenté. C’est le soubassement de la catastrophe.

– Faire l’inventaire de ces comportements est facile. Le défi est de les comprendre, d’en tenir compte dans le processus de réforme. Comment?

L’UE confond géographie et culture. L’élargissement ne signifie pas que nous nous ressemblons davantage. La problématique grecque, intimement liée à la religion orthodoxe, est celle d’une bonne partie de l’Europe orientale, et surtout celle de l’immense Russie. Les traits de caractère que j’évoque se retrouvent de Chypre à Vladivostok! Notre chrétienté est celle du Moyen Age. Nous faisons partie de la civilisation européenne, sans partager les valeurs culturelles de l’Europe moderne. Je sais que cela va choquer, mais les valeurs européennes n’ont toujours pas pénétré. Trente années d’appartenance à l’UE, c’est très peu. Il n’y a eu dans ce pays aucune réforme de l’éducation, seulement des changements superficiels. On a rendu l’Etat grec compatible avec l’UE. On ne l’a pas transformé.

– La transformation d’une société, n’est-ce pas le rôle de ses élites?

Qu’ont fait les élites grecques depuis trente ans? Elles se sont occupées de leur intégration dans l’Europe. Elles ont pénétré les réseaux de pouvoir, les universités… Mais elles n’ont pas cherché à moderniser la société grecque. Pire: nos élites ont flatté, en Grèce, le désintérêt pour l’Etat. Les armateurs, pour prendre cette catégorie phare d’entrepreneurs mondialisés, sont une caricature. Ils font leurs affaires, se tiennent le plus possible à l’écart de l’Etat grec, qui ne les taxe pas, et ils redistribuent, via leurs fondations privées. Comment voulez-vous que les Grecs ne raisonnent pas en termes marxistes?

– Ce n’est donc pas la faute
de l’Europe…

– Si, parce que les Européens ont bâti leurs plans de réformes sur des certitudes statistiques. Ils ont raisonné en termes de vérité absolue: l’austérité budgétaire est la condition de la viabilité de l’Etat. Donc on coupe dans les dépenses publiques et l’on diminue les salaires de façon horizontale, sans équité. Mais que faire si la population ne se reconnaît pas dans ses vérités absolues? C’est ce qui se passe en Grèce. Les Allemands auraient mieux fait de relire Kant et de s’inspirer ses «idées régulatrices» 2. Relisez Kant, Mme Merkel! Il faut trouver une synthèse entre le grand dessein européen, les exigences économiques et les traditions. Essayons de comprendre pourquoi l’Europe du Sud est affectée par cette crise. Le poids du catholicisme très traditionnel – ce que j’appelle le paléo-catholicisme – de cette périphérie méridionale joue, comme l’orthodoxie en Grèce, un rôle considérable. La grécité n’est pas du folklore. Cela n’a rien de futile. Vous parlez aux Grecs du salut de leur Etat alors qu’eux sont obsédés par le salut de l’âme. Comment vous faire comprendre?

– Ne doit-on pas, parfois, passer outre aux traditions?

– Elles constituent le soubassement de l’Europe. Les ignorer est impossible, suicidaire. On ne peut pas dissocier le rejet des réformes en Grèce de notre propension au nihilisme. C’est le fameux «nous n’avons plus rien à perdre» que vous entendez partout. La théologie orthodoxe raisonne en termes de sentimentalisme. Notre sentimentalisme est apocalyptique. Il favorise les grandes catastrophes, l’impasse. La troïka [la mission d’experts européens chargés de superviser les réformes] aurait mieux fait de s’entourer d’anthropologues ou de philosophes, au lieu de s’enfermer dans les ministères. L’Europe n’est pas homogène. Acceptons-le. Des questions aussi essentielles que la valeur travail ne sont pas partagées dans les mêmes termes. Les Grecs – c’est là aussi le poids de l’orthodoxie – privilégient la tradition ascétique. Ils ont un rapport différent à l’éternité. Nous n’avons pas connu Thomas d’Aquin3. Le travail, c’est un peu un péché. La raison, nous l’ignorons.
– Et la démocratie? L’UE négocie
avec des gouvernements élus.
A eux de changer leur pays…

– On ne peut pas s’arrêter aux élections et croire qu’elles vont tout résoudre. La richesse de Kant et de ses idées régulatrices est justement la recherche de synthèse. En Grèce, nos besoins financiers excèdent de très loin la capacité de nos politiciens à assumer leurs responsabilités. Il faut par conséquent forger des solutions adaptées. Voilà le problème structurel! Cette crise n’est pas qu’une affaire d’économistes.

Pourquoi les fonctionnaires de Bruxelles ne demandent jamais leur avis aux philosophes, aux anthropologues? Nous leur aurions expliqué pourquoi le processus des réformes échouera tant que les Grecs penseront qu’ils peuvent en garder juste une partie: celle qui leur convient…

– Les Européens sont-ils donc naïfs?

– Ils le sont. Je suis toujours frappé par les références à la Grèce antique. Or qui sont les plus grands spécialistes de l’Antiquité et de l’archéologie? Des Européens, pas des Grecs. Avec, parmi eux, de très grands chercheurs allemands. Or qu’en ont-ils déduit? Que le berceau de ce pays était l’Athènes de Socrate, alors que nous sommes tout autant, voire plus, les enfants des pères de l’Eglise orthodoxe. Je vais être provocateur, mais l’héritage d’Aristote ou de Platon, c’est une affaire allemande, pas grecque. Les Européens ont façonné notre héritage à leur image.

– Que faire, dans ces conditions? Lâcher la Grèce?

– Non, au contraire. L’UE doit demeurer clémente et répéter aux Grecs un unique message avant et après le 17 juin: tout dépend de vous. Il ne faut pas fermer la porte, car l’Union a besoin de son flanc sud pour être l’Europe. La société européenne ne peut exister que si elle assume et gère ses contradictions. Je le redis haut et fort: cette crise n’est pas économique. Elle est culturelle. Il faut parler d’éducation. Il faut poser les questions existentielles et y répondre. Il faut dépasser le nihilisme avec lequel flirte une partie de plus en plus grande de la population grecque. Cette crise doit servir de psychothérapie. En Grèce, la troïka doit changer d’interlocuteurs, rencontrer ceux qui écrivent, qui font vibrer l’âme grecque. Il lui faut provoquer notre philotimo, notre sursaut d’honneur. Il faut stimuler notre amour pour l’UE. Arrêtons de dérouler un tapis rouge aux politiciens médiocres. Ils ne représentent qu’une partie de la solution. Ils pensent en termes de partis. Il faut recréer des formes, réinventer une dynamique. C’est l’indifférence des fonctionnaires qui tue l’Europe. La Grèce des traditions populaires nourrit peut-être les clichés, mais c’est la Grèce réelle.

1. Un procès fictif a innocenté en mai 2012 le philosophe que les juges athéniens, en 399 av. J.-C., avaient contraint à s’empoisonner à la ciguë.

2. Kant (1724-1804) défend comme «idée régulatrice» un «concept tiré de notions et qui dépasse la possibilité de l’expérience». Et un usage régulateur de la raison.

3. Thomas d’Aquin (1224-1274), dominicain, soutient que la foi chrétienne n’est ni incompatible, ni contradictoire avec l’exercice de la raison.

De Stelios Ramfos, il faut lire: «Like a Pelican in the Wilderness» (Holy Cross Orthodox Press, en anglais).
Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5d6301e2-b54f-11e1-89f5-b044793362e7/La_crise_grecque_nest_pas_économique_elle_est_culturelle

Bouc-émissairisation des Européens albanais en Grèce

GRÈCE
Les détenus albanais, boucs émissaires de la crise

Un prisonnier sur cinq en Grèce est d'origine albanaise. Condamnés le plus souvent pour trafic de drogue, leur cas nourrit les discours xénophobes. Abandonnés par les autorités de Tirana, ils sont une cible facile, s'inquiète un quotidien albanais.
21.05.2012 | Kristo Çakuli | Gazeta Shqip

Les chiffres officiels du ministère de la Justice grec, publiés en mars, font état de 11 965 personnes détenues dans les prisons grecques. Parmi elles, 7 482 sont des ressortissants étrangers dont 2 224 Albanais, soit un prisonnier sur cinq. Avec un âge moyen de 27 ans, la majorité écrasante des détenus albanais est condamnée pour trafic de drogue. Voilà de quoi apporter de l'eau au moulin des discours extrémistes.
Mais ces statistiques sont aussi inquiétantes pour l'Etat albanais qui, deux décennies après le grand exode de ses ressortissants vers l'ouest de l'Europe, a abandonné ces derniers à leur sort. Jusqu'ici aucune mesure n'a visé à les soutenir culturellement ou économiquement, à les inciter à revenir chez eux ou à défendre leurs intérêts. Or ces derniers font souvent l'objet de traitements indignes, sont mal nourris, pas toujours bien défendus... Autant de facteurs qui se sont aggravés avec la crise économique que traverse le pays et dans laquelle ils apparaissent comme de parfaits boucs émissaires.

Un accord albano-grec signé en 2006 autorise pourtant l'extradition réciproque de prisonniers, mais le transfert progressif des détenus albanais en Grèce vers les prisons albanaises est resté lettre morte faute de structures suffisantes du système carcéral albanais.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi autant d'Albanais peuplent les prisons grecques. Viennent en premier lieu les migrations massives et clandestines, le chômage de longue durée, l'absence d'un environnement familial protecteur, les multiples obstacles légaux empêchant l'intégration des Albanais, le racisme latent de certains Grecs, l'existence de groupes mafieux qui exploitent la misère et la faiblesse humaine. Le tout combiné contribue à plonger les jeunes Albanais dans l'arène du crime.

Autre raison : les tribunaux grecs sont particulièrement intransigeants avec les étrangers. Ancien ministre de la Justice, Mihalis Statopulos, déclarait récemment à la télévision : "La justice grecque est contrainte par les conventions européennes de respecter la présomption d'innocence. Or, pour les étrangers, c'est plutôt le contraire : ils sont suspects tant que leur innocence n'a pas été pas prouvée." Invité à une autre émission télévisée, Costas Skouras, le vice-président de l'Association des juges et des procureurs grecs, déclarait fin mars : "Les prisons grecques se sont fondamentalement transformées en 'camps de concentration' pour immigrés étrangers et miséreux grecs, car les riches trouvent facilement la voie de sortie." Dans la même émission, un représentant du parti Nouvelle Démocratie a dit : "L'absence d'une politique sérieuse à l'égard des émigrants et les peines maximales de leurs condamnations font que les prisons grecques, dont la capacité d'accueil est de 8 000 personnes, en comptent actuellement près de 30 % de plus."

Un reportage sur la criminalité des immigrés, publié par le quotidien grec Eleftherotypia en mai 2009, témoigne aussi de la prédisposition négative et de la partialité de la justice grecque envers les étrangers. On y évoquait 169 cas où des citoyens albanais résidant en Grèce accusaient la police grecque d'abus de pouvoir et d'usage disproportionné de la force contre eux ou leurs proches. Dans la totalité des cas, les juges ont innocenté les policiers.
Enfin, la philosophie actuelle de la "criminalité innée" des émigrants a aussi été nourrie par des tours de passe-passe statistiques liant la montée de la délinquance à l'arrivée massive d'immigrés en Grèce ces trois dernières années. Ce n'est qu'une partie de la vérité. Car la criminalité n'est pas uniquement l'apanage des prétendus "couches défavorisées de la société" ou encore d'un quelconque "héritage ethnique" comme veulent faire croire certains. Elle est, en revanche, tributaire du milieu social de l'individu qui le voit naître et grandir. Shakespeare le savait déjà en affirmant : "Les plus terribles et atroces crimes de l'Histoire ont eu lieu chez les riches, dans la splendeur de leurs palais de marbre, et non chez les pauvres, dans les caves sombres de la société primitive."
Source : http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/21/les-detenus-albanais-boucs-emissaires-de-la-crise

Voir également : Haine anti-européenne au sein de l'armée grecque

Expulsion, hellénisation et oppression des Albanais par le stato-nationalisme grec

Les exactions des andartes grecs dans le sud de l'Albanie en 1914

Oppression des minorités et irrédentisme : l'europhobie violente du nationalisme grec

mardi 12 juin 2012

Détournements des retraites des morts

Grèce : retraites de morts détournées
Avec Reuters Publié le 08/06/2012 à 19:47

Deux fonctionnaires grecs sont accusés d'avoir empoché un million d'euros en détournant à leur profit les pensions de retraite d'une vingtaine de personnes décédées, a-t-on appris vendredi de source autorisée. Selon un responsable de la police grecque, une enquête interne, qui se poursuit, a révélé jusque-là la fraude portait sur au moins 19 personnes. "Nous nous attendons à ce que ce nombre augmente", a-t-il ajouté.


L'enquête a été déclenchée lorsque des proches de personnes décédées ont signalé que leur parent défunt recevait des courriers électroniques leur demandant de s'acquitter d'une taxe de solidarité prélevée sur leurs pensions de retraite.

Les deux employés soupçonnés de la fraude avaient ouvert des comptes bancaires en leur nom, et ont été incapables de justifier l'origine des sommes qui s'y trouvaient. La Grèce, placée sous assistance financière internationale, est depuis des années confrontée à une corruption rampante qui entrave la lutte contre l'évasion fiscale.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/06/08/97002-20120608FILWWW00766-grece-retraites-de-morts-detournees.php

Voir également : Gabegie grecque ordinaire : 1,8 million d'euros dépensés pour les retraites... des morts

Des touristes allemands en Crète : "Nous ne payons pas les bières car vous nous êtes redevables"

German Tourists in Crete Say ‘We Don’t Pay for Beers Because You Owe Us’
By Marianna Tsatsou on June 5, 2012 in News

A night club in Hersonissos on Crete was turned into a Far West Saloon, when German tourists denied paying for the bill.


The Germans, after having consumed much alcohol, had fun in a crowded bar of Hersonissos, and did not want to pay for their beers, saying that Greeks owe money and they do not owe the bartender anything!

When a Greek group of friends heard the Germans denying to pay the bill, they got angry and soon the bar was turned into a modern arena. The Greeks outnumbered the Germans in the brawl. Needless to say, the Germans left the bar with many bruises.

(source: Proto Thema)
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/06/05/german-tourists-in-crete-say-we-dont-pay-for-beers-because-you-owe-us/

Alain Juppé reproche à Mélenchon son alliance avec Mikis Theodorakis

Juppé accuse Mélenchon de "relations sulfureuses" avec des personnalités se disant antisémites

Publié le 12.06.2012, 10h51

Alain Juppé a accusé Jean-Luc Mélenchon d'entretenir des "relations sulfureuses" avec des personnalités se disant "antisémites", comme le compositeur grec Mikis Theodorakis, voyant là un motif pour le PS de "s'expliquer" sur ses alliances avec l'"extrême gauche".
Mikis Theodorakis "affiche aujourd'hui sa foi antisémite. C'est un copain de M. Mélenchon", le leader du Front de gauche, "voilà, cela ne gêne pas le PS", a déclaré le maire UMP de Bordeaux sur France Inter.


"Référez-vous aux déclarations de l'intéressé (Théodorakis) qui dit +je suis antisémite et antisioniste+", a insisté l'ancien ministre des Affaires étrangères qui a ajouté: "M. Mélenchon entretient des affinités sulfureuses avec des personnalités qui se disent antisémites".
"Le PS ferait bien de s'expliquer sur ses alliances avec l'extrême gauche" car le Front de gauche appartient "évidemment" à l'extrême gauche, a ainsi souligné M. Juppé, notant encore: "Quand on prône l'insurrection civique, la lutte des classes, piquer l'argent dans la poche des gens parce qu'ils sont riches..."
Sans citer de nom, l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet avait accusé lundi soir sur France 2 Jean-Luc Mélenchon d'accueillir "sur son site internet des gens qui font profession d'antisémitisme".
"Est ce que l'antisémitisme de gauche c'est mieux que l'antisémitisme de droite?", avait-elle demandé, alors qu'elle défendait la position du "ni ni" (ni FN, ni Front républicain anti-FN) arrêtée par son parti pour le second tour des législatives en cas de duel entre un candidat FN et un candidat de gauche.
Source : http://www.leparisien.fr/bordeaux-33000/juppe-accuse-melenchon-de-relations-sulfureuses-avec-des-personnalites-se-disant-antisemites-12-06-2012-2045220.php

Voir également : Grèce : le célèbre compositeur tiers-mondiste Mikis Theodorakis assume fièrement sa judéophobie

Le communiste fou Mikis Theodorakis dénonce un "complot international" visant à "exterminer physiquement" le peuple grec (sic)

vendredi 8 juin 2012

Grèce : pas d'excuses pour les électeurs de l'extrême droite ultra-nationaliste (LAOS et "Aube Dorée")

Aube dorée/Extrême droite en Grèce : la crise n'explique pas tout

Modifié le 04-06-2012 à 20h21

LE PLUS. "Aube dorée", parti d'extrême droite qualifié de néo-nazi, a obtenu 7% des voix aux dernières législatives grecques. La faute à la crise, oui, mais pas seulement. Nicolas Pitsos, chercheur au Centre d’Etudes Balkaniques de l’INALCO, détaille les causes récentes et plus anciennes qui ont mené à une telle percée.

Édité par Hélène Decommer   Auteur parrainé par Laura Thouny

Des émissions véhiculant des discours antisémites, des persécutions contre des immigrés en plein centre-ville, des agressions prenant comme cible les partisans de partis de gauche. Non, il ne s’agit pas d’images d’archives de l’entre-deux-guerres, c’est bel et bien en Grèce du XXIe siècle où tout cela se passe. Ou pour être plus précis c’est tout simplement en Europe que ces incidents se multiplient jour après jour. Des discours racistes du Front national en France ou de la Ligue du Nord en Italie, aux massacres d’Oslo par le représentant d’une droite islamophobe et antimarxiste, en passant par les référendums à caractère xénophobe lancés par l’UDC en Suisse et les pogroms anti-Rom et anti-juifs en Hongrie, une nouvelle géographie de la haine se dessine sur l’ensemble du continent européen.

Aucune société ne semble être à l’abri de ce déferlement de rhétoriques et pratiques d’exclusion, de discrimination et de persécution prônées et professées par les différents courants d’extrême droite. La montée de ces partis voire même leur entrée au Parlement, dans un contexte de crise économique aux conséquences sociales dramatiques, ne peut que nous rappeler les souvenirs cauchemardesques d’une époque de l’histoire européenne et mondiale que l’on croyait, du moins qu’on espérait, à jamais révolue.

Certes, la crise économique et plus précisément sa gestion néolibérale, hostile à toute idée d’Etat social, constituent un cadre incontestablement propice à la progression des idées d’extrême droite, reposant notamment sur la désignation de l’Autre comme bouc émissaire. Néanmoins, le pourcentage obtenu lors des dernières élections législatives par les deux partis de l’extrême droite (LAOS et Aube dorée) en Grèce serait révélateur à mon avis d’au moins deux phénomènes bien antérieurs à la crise. Il s’agit d’une part de la diffusion dans l’espace public de discours et de pratiques racistes et xénophobes et leur banalisation, et d’autre part du rapport de la société grecque à son histoire.

Une stigmatisation politique et médiatique depuis 20 ans

Depuis les années 1990, la Grèce devient pour la deuxième fois de son histoire un pays d’accueil pour immigrés et réfugiés (la première remontant aux années 1920 et l’accueil réservé aux populations de la Turquie actuelle, suite au traité de Lausanne, était tout sauf chaleureux). Des titres et des reportages sensationnels ou encore une lecture étriquée des statistiques ont familiarisé et accoutumé les spectateurs, auditeurs ou lecteurs, à des amalgames dangereux entre immigration et criminalité. Parallèlement, on constate la diffusion dans l’espace public et dans les discussions privées de clichés et préjugés racistes, ceux désignant les Albanais comme "voleurs" en sont les premières démonstrations déplorables.

Dès lors tout acte de délinquance, que les immigrés en soient réellement ou fictivement les auteurs, est surmédiatisé, dans une surenchère de cannibalisme et de lynchage médiatique. D’autre part, leurs conditions de vie misérables ou encore leur contribution à l’essor superficiel et artificiel de l’économie grecque basé en grande partie sur l’exploitation de leur labeur, ne sont qu’accessoirement évoqués ou complètement occultés par la plupart des médias.

De surcroît, l’emploi de termes tels qu’"opération balai" pour désigner les opérations d’arrestation d’immigrés par la police ou leur expulsion forcée inculque petit à petit au public la représentation de l’immigré comme un paria, allant jusqu’à associer sa présence à un danger pour la santé publique. Il s’agit des propos de certains représentants des partis politiques n’ayant a priori aucune filiation avec les formations d’extrême droite, ayant une double finalité ou au moins aboutissaient à un double résultat : contourner le débat sur les responsabilités des politiques néolibérales appliquées par les gouvernements successifs de ces vingt dernières années à propos de la situation de crise économique et sociale, ou encore esquiver le débat sur les responsabilités des dirigeants grecs eux-mêmes, qui auraient laissé se perpétuer voire même favoriser les pratiques de corruption.

La stigmatisation systématique de l’immigré a vu naître des centres de détention adoptant une logique de marginalisation, afin de l’identifier encore davantage à un danger potentiel pour le reste de la société. Enfin, des incidents tels que le refus de permettre à des élèves d’origine albanaise de porter le drapeau grec lors des défilés scolaires, à l’occasion de la fête nationale, ont démontré à quel point les principes d’un racisme différentialiste/culturaliste, traduits par l’opposition à l’intégration au sein d’une société de tout individu considéré comme différent aux critères de la définition de la nation établis par les architectes de l’identité nationale, sont profondément ancrés dans les mentalités d’une partie de la société grecque.

Une mémoire collective tronquée

Cette mentalité découle d’une lecture de l’histoire insistant sur une continuité, une supériorité et une exemplarité supposées de la nation grecque, ingrédients incontournables de toute narration nationaliste du passé, ignorant ou minimisant au contraire, la participation de l’Etat grec dans des pratiques d’assimilation forcée, de colonisation ou d’exactions commises envers de populations se retrouvant au sein de ses frontières, lors de ses campagnes d’expansion territoriale.

Les réactions nationalistes d’une partie de la société au début des années 1990, contre le choix du nom de Macédoine pour l’appellation d’un nouvel Etat voisin issu de la dissolution de l’ex-Yougoslavie, constituent une manifestation éloquente de cet état d’esprit.


Quelques années plus tard, au moment des débats sur la suppression de l’indication de la confession sur les cartes d’identité, un délire obscurantiste allait dévoiler les rapports étroits entre un nationalisme politique et un nationalisme religieux, sous prétexte que l’identité nationale était mise en danger. Dans une société qui attend encore sa laïcisation, l’Eglise orthodoxe de Grèce a délibérément occulté que l’origine de cette pratique renvoyait à l’Occupation allemande et à la politique nazie d’extermination des communautés juives. Cela nous amène également à nous interroger sur l’affaiblissement d’une mémoire collective face à cet événement de l’histoire grecque et mondiale.

Ce phénomène n’est qu’un des aspects que revêtent le déni et l’oubli de la composition ethnolinguistique et confessionnelle plurielle de la société grecque dans le passé et le présent. Dans un pays où les discours et les gestes proches de l’idéologie de l’extrême droite se sont progressivement infiltrées au sein des différentes couches de la société et où les héritiers intellectuels des régimes monarcho-fascistes ou des nostalgiques de la dictature des colonels existent toujours, la montée des partis d’extrême droite, dans un contexte de crise de confiance envers les deux partis qui ont dominé la scène politique en Grèce depuis le rétablissement d’un régime démocratique en 1974, était prévisible.


Dénoncer et agir

Au-delà de la dénonciation de ce phénomène, la nécessité d’agir est plus urgente que jamais alors que l’on compte chaque jour de nouvelles victimes des agressions racistes. Avant toute chose, il faudrait impérativement commencer par assurer la protection des individus ciblés par ces actes souvent très violents. On a longtemps soupçonné des affinités idéologiques d’une partie des policiers avec les responsables de ces actes, derrière l’inertie voire l’indifférence des forces de l’ordre dans des incidents d’agression raciste. L’analyse sociologique du vote du 6 mai dernier, démontrant les pourcentages élevés obtenus par les partis d’extrême droite au sein de la police ne peut plus justifier l’ajournement d’une opération de réévaluation des critères de recrutement au sein de ce service.

La mise en place par l’Etat d'une politique de réaménagement urbain, dans des quartiers où son désinvestissement progressif a conduit à la dégradation des conditions de vie des habitants, offrant un terrain propice aux membres du parti néo-nazi qui y font régner la terreur envers tout individu dont l’orientation idéologique, sexuelle, confessionnelle, ou tout simplement sa physionomie ne correspond à leur modèle, constituerait une proposition possible mettant en valeur la mixité sociale comme un atout et non pas une faiblesse de la société.

D'autre part, dans le domaine de l’éducation, on devrait essayer de présenter non seulement une version grécophone et chrétienne orthodoxe de l’histoire de l’Etat grec, mais il faudrait insister davantage sur l’écriture d’une histoire plurielle de l’espace auquel il correspond actuellement, mettant en avant les apports et témoignages multiples de différentes communautés ethnolinguistiques et confessionnelles continuent à façonner la société grecque.

Enfin, si on dépassait le cadre de la nationalité ou de l’identité nationale pour désigner un individu, en le remplaçant par celui de la citoyenneté, une citoyenneté inspirée non pas par celle de la démocratie athénienne où les femmes, les esclaves et les métèques étaient exclus, mais plutôt par le modèle d’une société où tout individu indépendamment de ses caractéristiques ou préférences personnelles serait inclus et respecté et dans laquelle, alors on pourrait espérer voir le spectre de l’extrême droite peu à peu disparaître.
Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/564218-aube-doree-extreme-droite-en-grece-la-crise-n-explique-pas-tout.html

Voir également : Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Expulsion, hellénisation et oppression des Albanais par le stato-nationalisme grec

Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes

La Grèce indépendante de 1833 : un territoire déjà épuré de ses musulmans

Le sort des Turcs tombés à la merci des Grecs

La brutalisation entraînée par les Guerres balkaniques (1912-1913), elles-mêmes provoquées par les Etats chrétiens-orthodoxes (Grèce, Serbie, Bulgarie)

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

La christianisation-grécisation forcée des enfants turcs musulmans par les stato-nationalistes grecs

La barbarie de la tourbe grecque en 1912-1913

Les exactions des andartes grecs dans le sud de l'Albanie en 1914

La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le traitement historiographique de la question de la violence contre les minorités en Grèce

Quand est-ce que l'Etat grec va reconnaître l'identité ethnique des minorités habitant son territoire ?
 
L'oppression religieuse en Grèce

Haine anti-catholique au sein du clergé grec-orthodoxe

Déficit de laïcité en Grèce

Oppression des minorités et irrédentisme : l'europhobie violente du nationalisme grec

La politique de brimades de l'administration grecque à l'encontre de la minorité turque de Thrace occidentale

La politique discriminante et restrictive de l'Etat grec à l'encontre des musulmans de Thrace occidentale

Haine anti-européenne au sein de l'armée grecque

Un journaliste israélien agressé par des sauvages

Greek envoy condemns attack on 'Post' reporter
By JPOST.COM STAFF
06/07/2012 19:18
In letter to 'Post's Editor-in-Chief, Greek ambassador strongly condemns attack on journalist Gil Shefler.

Greek Ambassador Kyriakos Loukakis strongly condemned a mob attack against Post reporter Gil Shefler in Athens, in a letter sent to The Jerusalem Post on Thursday.

Shefler was assaulted in the Greek capital on Tuesday while trying to film a mob attack outside the National Archeological Museum. Gang members who were beating refugees, migrants and homeless people turned on Shefler after he took his camera out, chased him down the street and brutally beat him.
In a letter addressed to the Post's Editor-in-Chief Steve Linde, Loukakis said that "the Greek government unreservedly condemns the attack" and stated that the police were conducting a thorough investigation into the incident.

Shefler was rushed to the hospital following the assault where he received treatment for head and chest wounds. He was later released in good condition and returned safely to Israel.

The ambassador emphasized that the attack was "an isolated incident and is in no way indicative of the overall situation in Athens, where citizens and visitors enjoy a safe, secure and hospitable environment."

He added that the incident does not reflect or represent Greek values or traditions, a people who "have fought hard in their history not only for freedom, but also for the freedom of thought and expression, non-discrimination and tolerance."
Source : http://www.jpost.com/International/Article.aspx?id=273101

Pas facile d'être juif en Grèce...

A Jew in Greece
By MONI BEN-EZRA
05/30/2012 23:14
Being a Jew in Greece has certainly become different, it has certainly become more difficult.

ATHENS – Being a Jew in Greece has certainly become different, it has certainly become more difficult.

Why? The financial crisis driving the whole country well into a deep recession for more than four years has mainly impacted the private sector. Medium and small-sized companies are the major victims of the crisis so far, with closures or huge drops of turnover, lack of liquidity, soaring unemployment etc.

Jews in Greece, traditionally entrepreneurs, merchants and businessmen or executives of all levels in the private sector, have been hit by considerable income reductions. Moreover, as owners of real estate, they have also seen the values of their investments dropping and respective income showing a sharp decrease if not vanishing altogether.

While some have reserves from the good days and can still afford a good quality of life, the majority follow the general population trends with severe financial problems.

The community of Athens, as an indication, is receiving new applications from its members requesting financial assistance through its welfare net and the number of young members addressing the community’s committee for employment assistance has never been so high.

Had it only been the financial aspect, things would certainly have been hard to face, but Jews in Greece have been through very difficult times in the past and they would have found the strength to persevere.

Unfortunately, Jews in Greece are also faced today with an adverse political environment which has direct consequences on them.


Three years ago the Athens Court of Appeals acquitted Costas Plevris, who had been accused of violating the anti-racism law for his despicable book, Jews, The Whole Truth.


The book classified Jews as subhuman and criticized Adolf Hitler for his failure to kill them all.

Unfortunately, politicians, scientists, people of culture, representatives of institutions of this country, the very civil society, supposedly captivated by respect for justice (a la carte in Greece) refused to stand stature and tolerated an irrational decision for which the rationale was based on “freedom of speech and expression.”

Why should they care? It was about Jews, a weak numerical minority in Greece, with little electoral strength, it – the court decision – seemed not to threaten many.


Just 18 months later, the leader of Golden Dawn, a neo-Nazi party, was elected to the Athens City Council and was greeting Athenians by raising his arm in the Nazi salute inside the City Council’s hall. A couple of weeks ago, 450,000 Greek voters have given Golden Dawn an unexpected seven percent and sent to the National Parliament 21 members of this party, who refused to stand – as all other members did – when the three elected Greek Muslim MPs swore on the Koran.

They denied them the right to be Greek, because of their different religion! Of course all mainstream political parties have heavily criticized Golden Dawn and its practices. Democratic reflexes were triggered, alas, too late.


Early signs of Greek society being driven by anger and turning to vote for the extremes did not sufficiently alarmed state officials.

And now, nostalgic ghosts of the Nazis, racists, anti-Semites, Holocaust deniers disguised as Greek Nationalists have already gone over the threshold to mainstream politics. They will be part of Greek Parliament and through their hands and especially their sick minds will pass the laws of the state, which are supposed to ensure the constitutional requirement for equal rights of all citizens, including Jewish citizens.
But there is more – and worse. As Greece is now heading for a new election on June 17, the New Democracy party which scored first in the previous election but did not manage to form a government of its own or by coalition with other pro-Euro parties, has invited all center-right forces to join the party and make a united front against the rise of the left.

Three months before elections, Mr. Samaras, the leader of New Democracy, had already welcomed into the party two candidates originating from LAOS, the other ultraright party, which did not make it this time to the parliament mainly because its voters fled to Golden Dawn. LAOS is by consequence dissolving and some of its former MPs are now turning to find a political shelter in New Democracy.


Among the most prominent is Thanos Plevris, the son of the acquitted Costas Plevris, who has also been his father’s attorney in court. Other politicians, too, are joining New Democracy from LAOS, abandoning their ex-leader Giorgos Karatzaferis, who had stated in the past that Jews are bloodthirsty.


So the party that has traditionally attracted the votes of the majority of Greek Jews, is now providing a shelter to some of the most passionate anti-Semites in Greece.


And all this is happening at times that Greek-Israeli relationships are of unprecedented extent and quality.

Is there fear instilled in Greek Jews? This is very personal.

Some do fear, some do not.

However, it is quite certain that Greek Jewry will not have an easy way forward. Community leaders are very worried by these developments. It is certainly time for international Jewry to act and warn that it will not tolerate any harmful behavior against Jews in Greece, a country that lost in the Holocaust a huge percentage of its Jewish population.

Not easy to be a Jew in Greece nowadays....

The writer is a business executive, an active member of the Jewish Community of Athens and a volunteer at its numerous functions since his youth and for over 30 years.
Source : http://www.jpost.com/Opinion/Op-EdContributors/Article.aspx?id=272085

Voir également : L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

Les Grecs et l'accusation antisémite du crime rituel

L'oppression des Juifs de Salonique par l'Etat grec

Seconde Guerre mondiale : les lourdes responsabilités de l'administration grecque dans la déportation des Juifs de Salonique et la spoliation de leurs biens

Grèce : le célèbre compositeur tiers-mondiste Mikis Theodorakis assume fièrement sa judéophobie

Le communiste fou Mikis Theodorakis dénonce un "complot international" visant à "exterminer physiquement" le peuple grec (sic)

Le Comité Juif Américain tire la sonnette d'alarme concernant la participation de l'extrême droite grecque fanatique à l'"union nationale"

Bild : les Juifs allemands inquiets et mécontents de l'entrée éventuelle du parti extrémiste LAOS dans le "gouvernement grec d'union nationale"

Les milices ultra-nationalistes, racistes et conspirationnistes s'épanouissent en Grèce

Consternation de la presse israélienne devant la percée électorale du parti néo-nazi grec

Les organisations juives américaines condamnent le leader néo-nazi grec

La majorité des policiers athéniens auraient voté pour le parti néo-nazi

Etonnant ? Le communiste Dimitris Christofias n'exclut pas un plan de sauvetage pour la Chypre grecque, du fait de sa situation financière critique

Demetres Christofias Does Not Exclude Bailout Mechanism for Cyprus
By Areti Kotseli on June 1, 2012 in Cyprus, Economy, News

“Cyprus can’t rule out external support for Greek-ravaged bank,” is an article on Reuters reporting that Cypriot Demetris Christofias, having evaluated the critical financial situation of his country, can’t exclude a bailout package for Cyprus.


Christofias said on Friday he could not rule out that Cyprus might have to enter a financial support mechanism because of the exposure of its banks to debt-crippled Greece, but that it was not a foregone conclusion, reports Reuters.


Economists and some officials on the Mediterranean island have been warning for months that it might be the latest Eurozone member to need support due to problems with banking and the costs of an explosion that knocked out its main power plant last year.

The article explains that Cypriot banks have been hit heavily by exposure to debt-crippled Greece and that its second-largest lender, Cyprus Popular, facing the prospect of nationalization if it does not find new investors by a mid-year deadline.


Asked whether bailing out the bank could in itself force the Eurozone’s third smallest economy to seek support, Christofias said, “I don’t take as a given that we will negotiate entry to a support mechanism, I don’t want to absolutely exclude it.”

The island has been shut out of international financial markets for more than a year, the article points out. It has limited sources of funding and Cyprus Popular would need around a 1.8 billion recapitalization requirement, almost 10 percent of Cypriot GDP.

That bill will likely rise if Greece leaves the Eurozone given the massive exposure of Cypriot banks to Greece.

Christofias said technocrats were asked to look at contingency planning to “deal with a chaotic situation” if Greece does leave the Eurozone. “It is something I hope will never happen,” he said.

Christofias implied that any help from EU partners would focus on the banking sector itself and not the Cypriot people.
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/06/01/reuters-report-demetres-christofias-does-not-exclude-bailout-mechanism-for-cyprus/

Voir également : La Chypre grecque, une chance pour l'UE et la zone euro ?

Etonnant ? La Chypre grecque est elle aussi dévastée par l'endettement et une véritable culture de corruption

Etonnant ? Standard & Poor's et Moody's abaissent la note de la partie grecque de Chypre

Etonnant ? La Chypre grecque est elle aussi au bord de l'effondrement économique