lundi 25 juin 2012

Quelques mensonges grecs ordinaires sur Chypre

Ergün Olgun, "Chypre : mythes, réalités objectives et avancées possibles", Outre-Terre, n° 10, 2005/1, p. 447-448 :

"Dans sa lettre au secrétaire général du 7 juin 2004, Tassos Papadopoulos prétend qu’il y a à Chypre-Nord 119 000 « colons illégaux ». On n’entrera pas ici dans une discussion sur le caractère inacceptable du terme de colon. Mais M. Papadopoulos prête dans la même lettre à la dernière version du Plan de l’ONU l’intention de sédentariser à Chypre tous les « colons ». C’est là une grossière déformation des faits puisque le Plan limite le nombre des personnes qui seraient susceptibles d’être naturalisés à 45 000, auxquels viennent s’ajouter les personnes qui avaient la nationalité chypriote au 31 décembre 1963, leurs enfants et les conjoints de ceux-ci.

Dans un entretien avec le Khaleej Times 4 septembre 2004, M. Papadopoulos proclame ouvertement qu’il n’y pas eu de Chypriote turc assassiné de 1963 à 1974. Commentaire de Loucas G. Charalambous, journaliste chypriote grec de premier plan : « Le président a-t-il des trous de mémoire ? » ; « Il nous faut résister à la tentation d’éclater de rire [...] Rappelons seulement au président les affrontements sanglants de Mansoura-Tylliria, de Lefka-Ambelikou, de Trypimeni, d’Arsos, de Mari et de Kophinou-Ayios Theodoros ; 22 cadavres rien qu’à Kophinou [...] Personne n’ira le nier, l’affirmation du président selon laquelle il n’y aurait pas eu de Chypriote turc tué est un mensonge évident. »

Tassos Papadopoulos écrit au secrétaire général de l’ONU le 7 juin 2004 et le répétera « catégoriquement » dans son exposé lors du débat général à la 59e session de l’Assemblée des Nations unies le 23 septembre : « Les Chypriotes grecs et [lui-même] ont pris l’engagement d’une solution bizonale et bicommunautaire. » Pour réitérer dans les deux cas que toute résolution portant sur la propriété et les biens doit respecter le droit au retour des réfugiés. Le deuxième argument de la réinstallation des réfugiés ruinant le premier, celui de la bizonalité, qui est un pilier acquis du règlement et que M. Papadopoulos s’est engagé à respecter. Il faut à l’évidence qu’il mette ses prétentions de côté et prépare son peuple à des restrictions en matière de retour pour faciliter l’établissement de la bizonalité."

Voir également : Les causes profondes du conflit chypriote

Chypre : pourquoi l'intervention turque ?