samedi 22 décembre 2012

L'impasse calamiteuse de la Megali Idea

Youssef Courbage et Philippe Fargues, Chrétiens et Juifs dans l'Islam arabe et turc, Paris, Payot & Rivages, 1996 :

"(...) une exceptionnelle vitalité démographique ne pouvait garantir l'éternité aux chrétiens. Leur survie politique était difficilement concevable hors du moule institutionnel patiemment creusé à partir de la prise de Constantinople. Dès les premiers vagissements de l'Etat-nation, la chrétienté ottomane se désintégra. En 1914, avant de disparaître, les minorités dépassaient les 3 millions d'âmes. Présentes dans toute la Turquie, elles étaient néanmoins près de constituer deux masses compactes. D'un côté, les Grecs : regroupés à Istanbul, en Turquie d'Europe et sur les côtes de la mer Egée et de la mer Noire, ils comptaient également quelques communautés en Anatolie intérieure, jusqu'au coeur du pays arménien. De l'autre, les Arméniens, dont la présence s'étirait du Caucase à la Méditerranée. Nombreux étaient les villes et les villages où les chrétiens se mêlaient aux musulmans, Turcs et Kurdes. Si les Grecs ignoraient souvent la langue turque, la moitié des Arméniens l'avaient adoptée. On était pourtant loin d'une symbiose.

Plusieurs nationalismes allaient bientôt s'affronter. Certains étaient dénués d'assise territoriale concrète, tels l'ottomanisme (qui rêvait d'unir autour de la dynastie tous les Ottomans musulmans, chrétiens et juifs, turcs et non turcs), le panislamisme (rassembleur de tous les musulmans du monde autour du sultan), le panturquisme (qui élargissait le champ national à tous les Turcs d'Asie centrale), ou encore le nébuleux pantouranisme, qui revendiquait l'unité des peuples pratiquant une langue d'origine turque, de la Mongolie à la Hongrie. Trois nationalismes avaient cependant une vision territoriale précise. Le nationalisme grec prônait une Grande Grèce sur les deux rives de la mer Egée, et l'arménien un Etat formé de la Grande et de la Petite Arménie. L'un et l'autre étaient victimes d'une illusion démographique, fréquente parmi les minorités chrétiennes d'Orient : les Grecs surestimaient leur croissance et les Arméniens leur nombre. Pris en tenailles entre les deux, les Turcs détenaient pourtant partout la majorité. Abandonnant le ralliement strictement religieux derrière la bannière de l'islam, ils se regroupèrent sous celle du troisième nationalisme, pour la première fois territorial. Jamais disputée depuis Byzance, l'Anatolie se trouvait ainsi d'un coup trois fois convoitée." (p. 220-222)

"Quant à la prospère communauté grecque de Turquie, elle régla après la guerre [la Première Guerre mondiale] la facture de l'ambition démesurée du gouvernement hellène. Non seulement celui-ci sous-évalua un ennemi qui venait d'être défait, mais il crut, en dépit de toutes les évidences, que la démographie penchait du côté grec.

Pour le Premier ministre Eleftherios Venizelos, il était notoire que, « grâce à leurs qualités reproductrices, les Grecs de Smyrne s'accroîtront au point que leur population dépassera celle de l'ensemble de l'Empire turc avant la fin de ce siècle ».

Forts de ces belles certitudes et sous l'ombrelle des troupes alliées, les Grecs tentèrent de rebâtir la Grande Grèce, après avoir occupé l'Anatolie occidentale. La guerre gréco-turque de 1920-1922 tourna à la déroute des occupants et fut scellée par le traité de Lausanne de 1923, dont l'une des clauses prévoyait un gigantesque échange de populations : les Turcs de Grèce contre les Grecs de Turquie.

Effectuons un retour en arrière. A l'indépendance de la Grèce (1830), les Grecs d'Istanbul et d'Asie Mineure perdirent certaines de leurs positions. Leur millet s'éclipsa au profit de la millet arménienne. Néanmoins, ils se maintinrent pendant un siècle, malgré les sollicitations de la Grèce, qui les incita souvent à la sédition. En dépit des nationalismes agressifs, des Grecs préférèrent à la liberté, récemment acquise sur les rives peu clémentes de Morée ou d'Epire, l'aisance sur celles du Bosphore ou en Anatolie. Ils purent même se renforcer d'une immigration venant de la Grèce sécessionniste, car les dirigeants ottomans voulaient préserver l'édifice multinational." (p. 227-228)

Voir également : La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie

La guerre gréco-turque de 1919-1922 : le témoignage capital d'Arnold J. Toynbee sur le nettoyage ethnique commis par les Grecs en Anatolie occidentale

Trabzon, une pomme de discorde entre les nationalismes grand-grec (Megali Idea) et grand-arménien (Miatsial Hayastan)

Le soi-disant génocide des Grecs micrasiatiques

Le mensonge de l'expulsion d'1,5 million de Grecs d'Anatolie par les kémalistes

vendredi 21 décembre 2012

Guerres balkaniques (1912-1913) : les effroyables atrocités grecques, d'après les lettres des soldats grecs eux-mêmes

Daniel Lefeuvre, Pour en finir avec la repentance coloniale, Paris, Flammarion, 2008, p. 88-91 :

"En 1912-1913, les Balkans s'enflamment pour la deuxième fois depuis le début du siècle. Le 17 octobre 1912, la Serbie, la Grèce et la Bulgarie engagent les hostilités contre l'Empire ottoman. En trois semaines, les alliés occupent la Macédoine tandis que l'armée bulgare est aux portes de Constantinople. Le 3 décembre, le gouvernement ottoman demande l'armistice et le 30 mai 1913, le traité de Londres contraint les Turcs à céder toute la partie européenne de l'empire, à l'exception d'une portion de la Thrace. Moins d'un mois plus tard, la guerre reprend à propos du partage de la Macédoine. Le 25 juin 1913, la Bulgarie attaque ses alliés de la veille auxquels la Roumanie vient prêter main-forte. Menacée d'écrasement, la Bulgarie sollicite la paix qui est rétablie par le traité de Bucarest du 10 août.

Dans les mois qui suivent, la Dotation Carnegie pour la paix internationale diligente une enquête, destinée à vérifier si les dispositions des Conventions de La Haye ont bien été respectées par les belligérants. Quelles sont ces dispositions ?

L'article 4 de la convention impose de traiter « avec humanité » les prisonniers de guerre. L'article 21 renvoie à la Convention de Genève du 22 août 1864, sur la protection et les soins à accorder aux blessés et aux malades. L'article 23 interdit « d'employer des armes, des projectiles ou des matières propres à causer des maux superflus » et « de détruire ou de saisir des propriétés ennemies ». L'article 25 proscrit le bombardement « des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus », l'article 28 « de livrer au pillage même une ville ou localité prise d'assaut ». Dans les territoires occupés (article 46), « l'honneur et les droits de la famille, la vie des individus et la propriété privée, ainsi que les convictions religieuses et l'exercice des cultes, doivent être respectés. La propriété privée ne peut pas être confisquée », tandis que l'article 47 interdit « formellement » le pillage.

Le rapport des enquêteurs de la Dotation, rendu public en 1914, est effrayant : « Il n'y a pas dans le droit international une clause relative à la guerre sur terre et au traitement des blessés qui, dans une mesure plus ou moins grande, n'ait été violée par tous les belligérants [...] malgré l'existence d'une convention internationale qu'ils ont tous signée et qui n'est autre que la Convention internationale concernant les lois et coutumes de guerre sur terre et l'Annexe qui l'accompagne, élaborées l'une et l'autre après la seconde conférence de La Haye, en 1907 [qui] est restée inconnue des armées balkaniques en général, à l'exception, peut-être, de quelques officiers isolés. »

Les témoignages recueillis et les documents réunis sont accablants. Pour notre édification sur la manière dont les Européens se font la guerre entre eux, à peine séchée l'encre des conventions internationales qu'ils ont négociées et ratifiées, voici quelques extraits de lettres de soldats grecs, qui pourraient tout aussi bien avoir été écrites par des Bulgares ou des Serbes.

Spiliotopoulos Philippes note, le 11 juillet 1913 : « Nous avons incendié tous les villages abandonnés par les Bulgares [...]. Sur les 1 200 prisonniers que nous avons faits à Nigrita, il n'en est resté que 41 dans les prisons. » Nicos Théophilatos, le 11 juillet 1913 : « On m'a donné 16 prisonniers pour les remettre à la division et je n'en ai amené que 2 seulement. Les autres ont été mangés par les ténèbres, massacrés par moi. » N. Zevras, le 12 juillet : « Nous avons violé toutes les jeunes filles rencontrées. » S.Z. Kaliyanis, le 13 juillet : « Nous incendions tous les villages bulgares que nous occupons et nous tuons tous les Bulgares qui nous tombent dans les mains. » Anastase Ath. Patros, le 14 : « Cher cousin, nous brûlons ici des villages et nous tuons des Bulgares, femmes et enfants. » "

Voir également : La brutalisation entraînée par les Guerres balkaniques (1912-1913), elles-mêmes provoquées par les Etats chrétiens-orthodoxes (Grèce, Serbie, Bulgarie)

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

La christianisation-grécisation forcée des enfants turcs musulmans par les stato-nationalistes grecs

La barbarie de la tourbe grecque en 1912-1913

Le traitement historiographique de la question de la violence contre les minorités en Grèce

L'antagonisme gréco-slave

jeudi 6 décembre 2012

Aggravation de la corruption en Grèce

Fiscal Crisis Worsens Greek Corruption
By Andy Dabilis on December 5, 2012 in Economy, News, Politics

Greece’s crushing financial crisis, and punishing austerity measures are making corruption worse in the country, with more people driven to tax evasion and to other ways of trying to survive, the annual graft ranking of Transparency International has found.

Greece is now the most corrupt country in the European Union, even behind Mafia-dominated Italy, falling from 80th to 94th on the ignominious list, highlighting once again the county’s culture of wrongdoing with near-impunity. Most every sector is affected, with professionals, auto mechanics, civil servants, lawyers, and others asking for bribes in return for services.

Greece now ranks below the drug cartel haven of Colombia and the corruption-riddled African country of Liberia on TI’s chart.


“Transparency International has consistently warned Europe to address corruption risks in the public sector to tackle the financial crisis, calling for strengthened efforts to corruption-proof public institutions,” the Berlin-based group said in a statement accompanying its annual report.

The debt crisis in the Eurozone has led to more scandals such as tax-crime allegations in Greece and Italian corruption investigations that brought down two regional governments. Austria slid nine levels in the ranking to 25th, tying with Ireland, which dropped from 19th place after slipping five rungs last year. Italy, the second-worst ranked among euro-area nations, fell another three to 72rd place.

Denmark, Finland and New Zealand held on to their top slots in the ranking, while Afghanistan, North Korea and Somalia remained at the bottom, in 174th place. The index has become a benchmark gauge of perceptions of a country’s corruption, an assessment of risks used by analysts and investors.

Hurting Greece further is the unwillingness and inability of the government to go after tax evaders while imposing more pay cuts, tax hikes and slashed pensions on workers, the elderly and the poor. Unpaid taxes are at almost $70 billion and the “fakelaki,” culture of giving envelopes stuffed with bribes remains rife.

The U.S. jumped five points on the index, now ranking 19th, two points behind the U.K., which slid a slot. Russia, which has the worst score of any country in the Group of 20 most- industrialized countries, climbed 10 spots to 133.

(Source: Bloomberg)
Source : http://greece.greekreporter.com/2012/12/05/fiscal-crisis-worsens-greek-corruption/

La Grèce est-elle vraiment "victime de l'austérité" ?

La facture s'il vous plaît
Publié le 27 novembre 2012

La Grèce victime de l'austérité ? Pas en termes de dépenses publiques en tout cas...

La zone euro et le FMI se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi pour réduire la dette grecque à 124% du PIB d'ici 2020, ce qui représente un allègement de 40 milliards d'euros.

Nikos Tsafos

Économiste de politologue de formation, Nikos Tsafos est consultant en gaz naturel et blogueur sur l'économie grecque.

Voir la bio en entier

Préambule de la rédaction :

Les ministres des Finances des dix-sept pays de la zone euro se sont réunis ce lundi à Bruxelles dans l'optique de décrocher un accord sur les moyens à mettre en oeuvre pour ramener la dette de la Grèce de 190% l'an prochain à 120% du PIB en 2020.

Alors que Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, souhaite que les créanciers publics acceptent l'effacement d'une partie des créances qu'ils détiennent - au même titre que les banques et institutions financières privées qui avaient accepté en février une décote de plus 50% sur les titres souverains qu'elles détenaient - d'autres pistes sont également évoquées. Parmi celles-ci, la Banque centrale européenne (ainsi que d'autres banques centrales nationales) a d'ores et déjà annoncé qu'elle accepterait de renoncer aux plus-values réalisées sur les obligations grecques qu'elle a acquis dans le passé. Toujours dans l'optique d'agir sur les taux d'intérêt, les Etats membres de l'Union européenne pourraient concéder une baisse des taux d'intérêt sur les prêts bilatéraux (c'est à dire de pays à pays, ndlr) consentis à la Grèce. Enfin, selon le New York Times, le gouvernement grecque plancherait sur le rachat de titres souverains auprès des investisseurs privés, sur une base volontaire, à un prix plus faible qui permettrait toutefois aux détenteurs de réaliser un léger profit.

Un consensus doit être obtenu afin de verser une nouvelle tranche d'aide de plus de 30 milliards d'euros. Avec un taux de chômage frappant 24% de la population active, le PIB du pays devrait chuter de nouveau de 4,2% en 2013 avant de renouer avec la croissance en 2014, selon les dernières estimations de la Commission européenne parues en novembre. Alors que les politiques d'austérité imposées à la Grèce par la Troïka (Union européenne, FMI et BCE) en contrepartie d'une aide internationale sont largement pointées du doigt, Nikos Tsafos s'interroge chiffres à l'appui dans un article repris en septembre par Contrepoints : contrairement aux idées répandues, le gouvernement grec a t-il vraiment joué la carte des politiques d'austérité ?

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L'austérité tue la Grèce. C'est du moins ce que l'on nous dit. Les hommes politiques et les médias ont une histoire toute prête : pour satisfaire les créanciers de la Grèce, le gouvernement réduit la dépense publique à des niveaux tellement bas que même les services de base délivrés par l’État sont mis en danger. En conséquence, le peuple grec, qui souffre de ces coupes sauvages, se rebelle. C'est l'histoire que l'on lit quotidiennement. Pourtant, presque tout y est faux.

Certes, la Grèce réduit la dépense publique. Mais appeler cela "austérité", c'est comme considérer que passer de cinq à quatre Big Macs par jour est un "régime". La réalité est plus complexe. Commençons par les finances publiques : les rentrées ont baissé en 2009, mais sont restées stables depuis, en raison de trois facteurs :

    les rentrées dépendantes des salaires, des autres revenus et des profits ont baissé, à cause du chômage élevé et de la chute des profits des entreprises



    le gouvernement a compensé en augmentant la TVA, en partie car elle est plus facile à collecter que les impôts directs qui souffrent d'une évasion fiscale importante



    enfin, les financements européens pour les investissements ont augmenté, fournissant au trésor des ressources supplémentaires



Ces éléments ont permis de maintenir un niveau de prélèvements obligatoires stable mais, l'économie étant en récession, le ratio prélèvements obligatoires sur PIB a cru lui à un plus haut des dix dernières années, à près de 41%. Certes, l'évasion fiscale est là et les prélèvements obligatoires pourraient être plus hauts, mais la part que l’État prend dans l'économie n'a jamais été aussi haute depuis dix ans. Dans le même temps, l'augmentation des impôts indirects a plongé l'économie dans la récession en réduisant fortement le revenu disponible des consommateurs. Les dépôts bancaires ont fondu de 35%, à cause de la fuite des capitaux et de la désépargne. La richesse grecque s'évapore.

La raison peut en être vue en examinant le volet dépenses de l'équation. Entre 2008 et 2011, l’État grec a réduit de 13,2 milliards d'euros ses dépenses hors charge de la dette. Mais, si l'on regarde en détail, ce n'est qu'une baisse de façade : la baisse des investissements représente près de la moitié de cette baisse des dépenses, tandis qu'une bonne partie du reliquat s'explique par la baisse des dépenses militaires. Autrement dit, l’État construit moins d'infrastructures et achète moins d'armes. Par contre, les aides sociales ont augmenté, et les dépenses de personnel de l'administration n'ont baissé que de 7%, surtout grâce aux départs en retraite et non grâce à une quelconque rationalisation de l'emploi public.

Mais ce n'est pas tout. En 2011, la dépense publique (hors charge de la dette) était à 43,1% du PIB, en baisse par rapport au 48,7% de 2009. Mais entre 2000 et 2006 les dépenses publiques n'étaient en moyenne que de 40% du PIB. Autrement dit, l’État grec dépense aujourd'hui trois points de PIB de plus que plus tôt dans cette décennie ! Et si l'on met de côté les variations des dépenses d'investissement, l’État grec dépensait en 2011 5,3% de PIB de plus qu'en 2000-2006 ! Une différence qui représente 11,5 milliards d'euros, soit grosso modo le montant que les créanciers de la Grèce lui demandent d'économiser sur les prochaines années.

Cela amène à se poser trois questions majeures :

    en quoi la baisse des dépenses d'investissements et de dépense met-elle en danger les services publics de base ?



    en quoi est-il choquant de vouloir faire revenir l’État à son niveau de dépenses de 2000-2006 ?



    pourquoi l’État ne pourrait-il pas fournir avec 43% du PIB les services qu'il fournissait avec 40% ?



Ce sont des questions importantes, qui mènent au cœur de la situation grecque. Le gouvernement augmente les taxes afin de gagner du tempos pour réduire les dépenses publiques à leur niveau d'il y a dix ans. Dire que l’État est au pain sec et ne peut donc pas fournir à ses citoyens les services élémentaires est une idiotie. L'argent n'est pas le problème. L’État grec est vivant et même bien vivant. Il mange encore mieux qu'il y a dix ans. Vous parlez d'un régime !

Billet préalablement publié sur Contrepoints
Mis à jour sur le site de l'auteur en novembre 2012 : Greek Default Watch
Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/grece-victime-austerite-pas-en-termes-depenses-publiques-en-tous-cas-nikos-tsafos-557400.html