mercredi 20 mars 2013

Ce qu'est l'économie chypriote-grecque

Chypre
Chypre. L’économie se résume à la finance et au tourisme

Économie lundi 18 mars 2013

Chypre envisage de taxer les dépôts bancaires en échange d’un plan d’aide international pour régler sa crise. Ce projet qui n’est pas sans faire de remous est l’occasion d’un décryptage de l’économie chypriote, basée uniquement sur le tourisme et la finance

Un plan d’aide de la taille du PIB

Chypre demande à l’Union européenne, à la Banque centrale européenne et au FMI de participer à un plan d’aide de 17 milliards qui lui permettrait de faire face à la crise bancaire déclenchée l’an dernier par les deux premiers établissements de l’île. 17 milliards, cela paraît peu après les quatre plans d’aide à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et à l’Espagne, mais c’est tout de même l’équivalent du Produit intérieur brut de l’île.

Les Russes très exposés

La taxe de 6,75 % (9,9 % au-dessus de 100 000 €) sur les dépôts bancaires devrait rapporter 5,8 milliards. Cela douche les 840 000 Chypriotes, mais l’Union européenne a exigé cette taxe en pensant surtout aux étrangers qui détiennent des fonds dans ce paradis fiscal auquel on reproche le blanchiment d’argent. Ils supporteront les deux tiers de la facture, même si à Chypre, seuls 37 % des dépôts sont détenus par des étrangers. À eux seuls, les Russes détiendraient 15 à 20 milliards sur les 68 milliards de dépôts même si Chypre garantit l’anonymat des dépôts. Le géant Gazprom, le pétrolier Loukoïl et la holding Evraz sont enregistrés à Chypre pour profiter du traité fiscal bilatéral de 1998. Le gouvernement chypriote souligne régulièrement qu’il ne faut pas confondre évasion fiscale et blanchiment d’argent. L’évasion fiscale, favorisée par l’imposition à 10 % des sociétés que l’Union européenne veut voir relever à 12,5 %, existe bel et bien mais elle est légale. L’OCDE a d’ailleurs classé Chypre en 7e position pour ce qui est des lois anti-blanchiment, devant la France (9e). Sans doute, mais les services secrets allemands ont révélé que ces lois vertueuses étaient peu appliquées.

La finance plombe l’économie

Le secteur bancaire, qui accordait des prêts généreux (l’endettement des ménages atteint 159 % du Produit intérieur brut), est entré dans une crise profonde. Banque de Chypre et Banque populaire de Chypre, qui ont bu la tasse dans les turbulences de la crise grecque, ne prêtent plus. La première chaîne de distribution est au bord de la faillite. Les promoteurs sont à bout de souffle. La construction est au point mort. Trois entreprises ferment chaque semaine.

Le salut pourrait venir d’« Aphrodite »

Or, le pays ne peut guère compter que sur la finance, qui représente sept fois la taille de son économie, et le tourisme. Il ne produit pratiquement rien, à part du cuivre, des pommes de terre, des citrons et des oranges qui constituent l’essentiel de ses exportations. Le salut pourrait venir d’énormes réserves de gaz découvertes en 2011. Il y a dans la nappe baptisée « Aphrodite » l’équivalent de onze siècles de consommation pour Chypre. Mais comme il n’est pas question d’utiliser le gazoduc Nabucco projeté par la Turquie, qui occupe la moitié de Chypre depuis 1974, il faudra attendre la construction d’une usine de liquéfaction, laquelle n’aboutira pas avant 2019. En attendant, le chômage atteint 15 % alors que l’île connaissait encore le plein-emploi, il y a quatre ans.

Even VALLERIE.
Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Chypre.-L-economie-se-resume-a-la-finance-et-au-tourisme_6346-2174425-fils-10_filDMA.Htm