mercredi 20 mars 2013

Grèce : trois anciens ministres accusés de fraude fiscale

La Grèce accuse trois anciens ministres de fraude fiscale

Publié 07 mars 2013, mis à jour 08 mars 2013

Un procureur grec a accusé trois anciens ministres hier (6 mars) d’avoir dissimulé la provenance de leur fortune. Ce sont les derniers responsables politiques haut placés confrontés à des problèmes juridiques alors que la colère de l’opinion publique augmente face à une classe politique largement considérée comme corrompue.


Parmi eux figure Yannos Papantoniou, un ancien homme politique socialiste et ministre des finances lorsque la Grèce a rejoint la zone euro en 2001. Il est accusé d'infraction à la législation fiscale pour n'avoir pas indiqué en 2008 que son épouse disposait d'un compte suisse à la banque HSBC sur lequel étaient déposés 2,2 millions d'euros.

George Voulgarakis, ancien ministre de l'intérieur âgé de 53 ans, est également accusé d'avoir dissimulé à l'État que son épouse avait placé 117 000 euros sur un compte situé dans une banque étrangère en 2007.

Les deux hommes ont rejeté ces accusations qui s'inscrivent dans le contexte de l'affaire de la « liste Lagarde » sur laquelle figurent des fraudeurs fiscaux supposés. Cette liste a suscité un tollé au sein de la population qui accuse la riche élite grecque de mener le pays vers la faillite.

>> Lire : Un journaliste grec est poursuivi par un tribunal pour la publication d’une liste de fraudeurs fiscaux

Au cours d'une commission parlementaire consacrée à l'examen de la liste Lagarde contenant les noms d'environ 2 000 Grecs aisés qui dissimulent de l'argent à l'étranger, les deux Grecs ont déclaré que les comptes appartenaient seulement à leur épouse.

Petros Doukas, ancien secrétaire d'État aux finances âgé de 60 ans et membre du parti conservateur actuellement au pouvoir, est également mis en cause pour acte délictueux. Le procureur n’a pas accepté l’explication de M. Doukas sur la disparition en 2010 d'un million d'euros de ses comptes, selon des fonctionnaires de la Cour.
M. Doukas nie les accusations qui pèsent contre lui. Il a déclaré que l'argent avait été transféré sur un compte d'investissement déclaré dans son compte de résultat.

En vertu de la loi, les responsables politiques grecs doivent déclarer l'origine de leur fortune à la suite du renforcement de la législation en 2010, juste après le début de la crise de dette.

Lors de la condamnation du dirigeant politique le plus haut placé depuis des années, le tribunal a condamné l'ancien ministre de la défense Akis Tsohatzopoulos à huit ans de prison en début de semaine. M Tsohatzopoulos avait falsifié des comptes de résultat entre 2006 et 2009 et n'a pas déclaré son manoir néo-classique acheté en 2009, selon le tribunal.

Alors que le responsable politique socialiste était sur le point de devenir premier ministre dans les années 1990, il a nié les accusations et envisage de faire appel.

Le gouvernement grec de coalition s'est fixé comme priorité absolue la répression plus sévère de l'évasion et de la fraude fiscales de haut niveau, qui ont mauvaise presse auprès de l'opinion publique violemment frappée par l'austérité.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
Source : http://www.euractiv.com/fr/justice/la-grece-accuse-trois-anciens-mi-news-518323