vendredi 25 avril 2014

Chypre : vers une solution à deux Etats ?

Et si on partageait Chypre...
Penser l’impensable au sein de l’Union européenne
Orient XXI > Magazine > Hugh Pope > 24 avril

Les pourparlers entre la partie grecque et la partie turque ont repris sous l’égide de l’ONU pour surmonter la division de Chypre qui a suivi l’invasion turque de 1974. Mais ils ont peu de chances d’aboutir. La création de deux États dans le cadre de l’Union européenne pourrait-elle être une solution ?

Un nouveau cycle de négociations a commencé le 11 février à Chypre, accompagné comme d’habitude d’une bouffée d’optimisme et d’informations assurant que les acteurs principaux étaient bien décidés cette fois à trouver un arrangement. Mais à quel genre de compromis peuvent-ils arriver ? Depuis des décennies, tous les pourparlers butent sur l’objectif affiché : une fédération composée de deux zones, l’une grecque, l’autre turque. N’est-il pas temps d’envisager d’autres solutions, y compris celle d’une séparation à l’amiable de l’île dans le cadre de l’Union européenne ?

C’est en 2004 que les deux parties ont été les plus proches d’un accord sur une réunification dans un cadre fédéral. Il s’agissait du plan Annan, du nom du secrétaire général de l’ONU à l’époque. Ce plan, résultat de plusieurs décennies de travail, avait obtenu l’aval des Nations unies, de l’Union européenne, des États-Unis, de la Turquie et même de la Grèce. Il y eut ensuite les « convergences » recueillies par l’ONU lors des pourparlers de 2008 à 2012, et que l’on connaît grâce à de nombreuses fuites. Elles montrent que toute solution fédérale ressemblerait fortement aux principes qui ont abouti au plan Annan.

Rejet de la solution fédérale


Et pourtant, en 2004, la réalité du sentiment populaire s’est imposée. 76 % des Chypriotes grecs, représentant quasiment les 4/5e de la population de l’île ont répondu « non » à un référendum sur ce plan ; la population turque, en revanche, l’avait accepté. Comme l’a écrit Kofi Annan dans une lettre au Conseil de sécurité, « ce n’est pas seulement un plan qui a été rejeté, c’est la solution fédérale elle-même ».

Les deux côtés de l’île n’ont jamais été aussi étrangers l’un à l’autre qu’aujourd’hui. Leurs infrastructures, leurs langues, leurs systèmes administratifs sont presque entièrement séparés. Le nombre de passages à la frontière a diminué, et l’idée fédérale recueille de moins en moins de suffrages dans les sondages.
En 2004, 65 % des Chypriotes turcs se déclaraient en faveur du plan Annan. Mais en 2010, ils ont confortablement élu un leader qui a bâti sa carrière sur une solution à deux États.

Des miracles peuvent se produire, et beaucoup de gens sur l’île attendent désespérément un compromis. Les sondages montrent qu’il existe toujours, des deux côtés, une majorité en faveur d’une fédération bizonale et bicommunautaire comme solution de rechange. Mais quand on entre dans les détails, on s’aperçoit que les formules fédérales risquent de ne pas survivre au référendum nécessaire à leur adoption. Pour le seul côté chypriote grec, selon le sondage SeeD/Cyprus 2015, seule une minorité se prononce en faveur de l’égalité politique (32 %), d’un gouvernement fédéral (31 %), de la bizonalité (19 %) , de la bicommunalité (18 %) et de deux États constitutifs (15 %).

Il faut de nouvelles idées. Comme l’a suggéré l’International Crisis Group (ICG) dans son rapport du 14 mars intitulé « Divided Cyprus : Coming to Terms on an Imperfect Reality » (« Chypre divisée : conclure un accord à partir d’une réalité imparfaite »), les deux parties devraient élargir leurs perspectives et chercher à quelles conditions les Chypriotes grecs, majoritaires, pourraient offrir l’indépendance complète aux Chypriotes turcs et soutenir pleinement leur adhésion à l’Union européenne.
Un tel compromis exige l’aval de la population chypriote grecque. Ce sera difficile, car l’opinion publique chypriote grecque continue, en théorie, à rejeter absolument toute partition. Mais en privé, des officiels grecs chypriotes de haut rang admettent — surtout quand ils se trouvent à la table des dirigeants économiques qui cherchent à sortir Chypre de sa terrible crise bancaire de 2013 — qu’il faut trouver d’urgence une nouvelle voie pour l’économie et la société.

En outre, de plus en plus d’experts pressent les Chypriotes grecs d’envisager des solutions en dehors du traditionnel objectif fédéral, si discrédité aujourd’hui que presque personne ne prête attention à la nouvelle session de négociations. Le Congressional Research Service (CRS) du Congrès américain a observé l’année dernière que dans la rhétorique chypriote turque, et turque tout court, la solution à deux États était de plus en plus présente. Et qu’à moins d’une percée spectaculaire au début des négociations, cette réalité pourrait gagner du terrain dans les esprits.

D’après les sondages, les aspirations des Chypriotes grecs et des Chypriotes turcs semblent en fait souvent très proches. Depuis longtemps, les Chypriotes grecs souhaitent une solution solidement ancrée dans les valeurs et les structures européennes. Les Chypriotes turcs assurent vouloir la même chose : ils souhaitent faire partie de l’Union européenne, et non de la Turquie, même s’ils maintiennent qu’en dernier ressort, la protection de leur petite communauté incombe à Ankara. Pour eux, le lien avec l’Union européenne est crucial.

Si les Chypriotes grecs soutiennent l’idée d’une séparation à l’amiable, personne dans l’Union européenne ne peut s’y opposer réellement, puisque la totalité de l’île appartient déjà en théorie à l’UE et que la plupart des Chypriotes turcs possèdent déjà un passeport européen. Mais pour convaincre les Chypriotes grecs, les Chypriotes turcs devront adapter leurs positions. Les parties turques (celle de Chypre, mais aussi Ankara) ne peuvent ni faire campagne pour un État chypriote turc indépendant, ni le proposer directement : cette idée a été rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU à la suite d’une déclaration unilatérale d’indépendance prématurément annoncée en 1983. Les Chypriotes turcs devront adopter une nouvelle stratégie : manier une rhétorique coopérative et examiner l’idée d’un État dans le cadre de discussions informelles, parallèlement au processus languissant arbitré par l’ONU.
Des concessions pour convaincre

Pour convaincre, les parties turques devront également faire des concessions substantielles : retirer les quelque 30 000 soldats turcs, ou la grande majorité d’entre eux ; renoncer à prolonger le Traité de garantie de 19601, détesté par les Chypriotes grecs ; offrir des compensations pour leurs propriétés, (ils possèdent les deux tiers des terrains du nord) ; restituer la station balnéaire de Varosha, aujourd’hui ville fantôme, à ses propriétaires chypriotes grecs ; reconnaître aux Chypriotes grecs la propriété des gisements de gaz au large de la partie chypriote grecque de la côte ; enfin, les parties turques devront reculer la ligne de front afin de ne plus occuper que 29 % du territoire au maximum, contre 37 % actuellement.

À ce prix, on pourrait très bien arriver à la solution européenne, que les Chypriotes grecs affirment si souvent voir se réaliser : le retrait des troupes turques et l’intégration d’un État chypriote turc dans l’Union européenne. Tout cela après une nécessaire période de transition de plusieurs années. Les deux côtés partageraient des normes juridiques et des règlements de base, une monnaie et un régime de délivrance de visas. Forts de ces droits nouveaux, de la confiance et de la sécurité qu’ils leurs apporteraient, les Chypriotes turcs abandonneront sans doute leurs exigences anti-européennes ainsi que les limites posées à l’achat de terres par les Chypriotes grecs dans la nouvelle entité.

Dans le cas de Chypre, personne n’a complètement raison. Tout le monde porte une part de responsabilité dans le gel du conflit. Tout bien considéré, la création d’un État turc chypriote dans le cadre de l’UE ne sera pas un cadeau fait à l’un ou l’autre côté. L’Europe hésitera sûrement à l’idée d’accueillir en son sein un nouvel État, turc, petit et musulman. Mais elle n’est pas étrangère à la situation actuelle. L’UE a dû enfreindre ses propres règles pour inclure maladroitement, lors du traité de 2004, une Chypre non réunifiée. En outre, au moins 100 000 Chypriotes turcs sur 200 000 sont déjà citoyens de l’Union européenne grâce à leur passeport de la République de Chypre.

L’Union européenne figurera parmi les bénéficiaires de la résolution d’un conflit qui pèse depuis quarante ans sur de nombreux processus locaux et régionaux, en premier lieu sur les relations – tendues - entre l’UE, la Turquie et l’OTAN, et plus récemment sur la question des conditions de l’exploitation par les États riverains des nouveaux gisement offshore de gaz naturel dans l’est de la Méditerranée. Loin d’être une partition, cette solution permettrait de réunifier Chypre à l’intérieur de l’Union européenne.
Hugh Pope

1Accord signé entre le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce, le 16 août 1960 à Nicosie. Par cet accord, Londres officialise l’indépendance de l’île de Chypre et l’abandon de toute prétention territoriale future. Les trois États deviennent garants de l’équilibre constitutionnel de la République de Chypre. Le traité accorde, en particulier, un droit d’intervention militaire, sous certaines conditions, aux trois puissances garantes, pour rétablir l’ordre constitutionnel si celui-ci venait à être modifié.
Source : http://orientxxi.info/magazine/un-etat-chypriote-turc-au-sein-de,0570

Voir également : Quelques rappels sur l'intervention turque à Chypre

Turhan Feyzioğlu : "Chypre, la Grèce et le rêve de l'Enosis"

Jean Savard, "avocat de la défense"

Chypre : "Nul ne peut nier qu'il n'ait existé quelque chose d'irrationnel, de passionné, dans le choix du camp grec."

jeudi 24 avril 2014

L'"auto-nettoyage ethnique" grec

Thierry Mudry, Guerre de religions dans les Balkans, Paris, Ellipses, 2005, p. 76 :

"Les autorités d'Athènes, le roi Constantin en tête qui se déclara « obligé de procéder à des représailles », tirèrent parti des événements de Demir-Hissar pour justifier la politique de « nettoyage ethnique » de la Macédoine égéenne que leurs soldats avaient déjà commencé à appliquer sur le terrain dès le tout début du mois de juillet [1913], avant même que les Bulgares ne se rendent coupables des agissements décrits plus haut. Les membres de la commission Carnegie remarquèrent que la propagande grecque avait excité l'opinion et préparé l'armée à combattre les Bulgares et à leur infliger un traitement inhumain en leur déniant la qualité d'hommes à part entière. Entrés le 4 juillet à Kukuş, ville bulgare de 13 000 âmes située au nord de Salonique, que les combats avaient relativement épargnée, les Grecs n'y laissèrent que des ruines. Connurent également le même sort en Macédoine égéenne 160 villages peuplés de Bulgares, dont une quarantaine dans la seule circonscription (kaza) de Kukuş. Les habitants qui n'avaient pas eu la présence d'esprit de fuir furent massacrés par les soldats, non sans avoir été préalablement dépouillés de leur argent et suppliciés. La région entière se vida ainsi de sa population d'ethnie bulgare.

Les Grecs organisèrent aussi dans les territoires que leur armée avait envahis et que le traité de Bucarest avait rétrocédés à la Bulgarie une manière d'« auto-nettoyage ethnique », comparable aux pratiques de l'armée serbe de Bosnie forçant, au lendemain de la signature des accords de Dayton, les Serbes des faubourgs de Sarajevo à s'en aller peu avant que la police bosniaque ne s'y déploie. A Strumica et Melnik, le commandement grec incita la totalité des non-Bulgares résidant dans la ville et aux alentours, Slaves patriarchistes, Grecs et Turcs, à partir et donna ordre aux soldats d'incendier leurs maisons pour empêcher tout retour."

Voir également : Guerres balkaniques (1912-1913) : les effroyables atrocités grecques, d'après les lettres des soldats grecs eux-mêmes

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

La christianisation-grécisation forcée des enfants turcs musulmans par les stato-nationalistes grecs

La barbarie de la tourbe grecque en 1912-1913

Le traitement historiographique de la question de la violence contre les minorités en Grèce

L'antagonisme gréco-slave

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie

dimanche 20 avril 2014

Selon les économistes allemands, la reprise de l'économie grecque est improbable

German Economists Say Greece’s Full Market Return Improbable

by Nikoleta Kalmouki - Apr 17, 2014

Greece’s full return to international market is highly improbable, according to a report submitted by economists to the German Ministry of Economics and Technology.


As reported, Greece will remain mired in recession in 2014, while the unemployment rate is not expected to start falling until 2016. The German economists estimate that Greece will need a new bailout package.

The report states that the complete refinancing of Greece through capital markets is highly unlike due to the country’s weak financial situation. According to their forecasts, Greek economy will stay submerged in recession throughout 2014, before starting to recover next year. The Greek Finance Ministry predicts GDP will increase by 0.6% in 2014 and 2.9% in 2015.

On Wednesday, April 9, the Greek government issued its first long-term bond since the start of the financial crisis. The issue of the Greek bond and the country’s return to international markets was much trumpeted by the Greek government with Prime Minister Antonis Samaras stating that “Greece is back”.

However, European press and economic experts claim that the so-called return to markets is not a reason for celebration. German newspaper Süddeutsche Zeitung stated that “Greece is seeing its return to the markets as the country’s return to normalcy. But the situation is a little different”. The newspaper claimed that the Greek government is hiding the truth from its citizens for political purposes.
Source : http://greece.greekreporter.com/2014/04/17/german-economists-say-greeces-full-market-return-improbable/

vendredi 18 avril 2014

Mauvaise nouvelle pour les Chypriotes grecs : tractations d'Israël en vue d'un partenariat gazier avec la Turquie

ISRAEL TO PICK TURKEY AS GAS PARTNER

Israel in talks with Egypt, Turkey on gas export deals. This plan deals a blow to Greek Cypriot LNG plans and could deprive Europe of an alternative to Russian gas. Construction of Turkey's pipeline may start in 2015


    by Reuters
    Published : 14.04.2014 22:07:28

MILAN/LONDON — Israel's drive to export its newfound natural gas could help to rebuild strained ties with old regional allies Egypt and Turkey, but could deprive Europe of a precious alternative to Russian gas. Israel has in recent months signed energy deals with Jordan and the Palestinian Authority, though relations with the Palestinians are at a low ebb, and now needs to expand its export horizons to cash in on its huge energy discoveries. If all goes well, the latest developments could see first pipelines being laid between Israel and Turkey as soon as 2015, and a gas cooperation between Israel and Egypt is also emerging, which would allow export access to Asia's major markets.

Once close allies, ties between Israel and Turkey were severely damaged following a deadly raid by Israeli commandos on a Turkish yacht carrying pro-Palestinian activists trying to defy an Israeli blockade on the Gaza Strip in 2010. Poor relations remain a barrier to a deal on gas, though the sides are talking.

Talks between the Leviathan consortium and Turkish counterparts are focusing on building a 10 billion cubic metre sub-sea pipeline at an expected cost of $2.2 billion, giving Israel access to a major emerging market and one of Europe's biggest power markets by 2023. "We think construction phase for a pipeline to transport Israeli gas to Turkey could begin in the second half of 2015," a Turkish energy official said. A separate yetto- be-built pipeline linking Europe with the Caspian through Turkey in 2019 could eventually also open up a new market for Israeli gas in western Europe. Meanwhile, a growing population and soaring demand have left Egypt's own liquefied natural gas export (LNG) plants in need of new supply, as domestic shortages eat into seaborne exports through the Suez Canal to the world's most lucrative market in Asia. This has put Israel's previous plans to pump its gas reserves into a future export plant in Greek Cyprus on the back burner, dealing a major blow to the indebted Mediterranean island's ambitions to become a global player in the gas market.

A Greek Cypriot LNG export plant was due to deliver at least 5 million tonnes a year to Europe and Asia, allowing Europe to reduce its growing dependency on Russia, which has become of particular concern since the crisis in Ukraine cast a Cold War chill over East-West relations.

Israel's new plans throw Greek Cypriot developments into doubt. "If Israel has really ditched Greek Cyprus as a partner to develop the region's gas resources, then we (Greek Cyprus) really do have to find quite a lot more gas if we want to become a viable exporter, and that would inevitably throw our plans back by several years," said one source involved in developing Greek Cyprus's gas reserves.

The possibility of sanctions on Russia's energy sector in response to Moscow's annexation of Crimea and troop build-up along Ukraine's eastern border have underscored Europe's acute need to diversify its oil and gas sources. Israel plans to export gas by pipeline and through several floating LNG production plants, which cool gas to liquid form, so they can ship it to the world's largest markets. At stake for Israel is a $150 billion tax take should export deals be agreed by a consortium operating its gasfields. Its strategic re-alignment effectively places a tantalisingly close new gas province out of Europe's reach. Egypt offers a way for the U.S.-Israeli group of companies developing Israel's giant Leviathan gas field to reach the Asian market, where LNG fetches about twice the price Europeans pay.

Talks between the Leviathan consortium - Israel's Delek Drilling, Ratio, and Avner Oil, and U.S.-headquartered Noble Energy - and Egyptian authorities are focusing on feeding Israeli gas into the country's idled LNG export facilities.

Britain's BG Group, which runs one of Egypt's under-utilised LNG plants and is among the world's top LNG trading firms, is in talks with the Leviathan partners.

The favoured option is to build a subsea pipeline from Leviathan to link up with BG Group's offshore pipeline network in Egyptian waters, allowing Israeli gas to feed directly into its LNG plant at Idku, according to industry sources. If realised, this would not only revive output at Idku but also mean that Israel's first LNG exports would take place from an Egyptian plant.

Previous land-based pipelines between Egypt and Israel were repeatedly bombed by groups opposed to links with Israel, but a subsea pipeline would be much harder to target. As part of a twin-track export policy, Israel also aims to ship LNG to distant Asian and South American markets through a floating plant to be moored above the Leviathan field.
Source : http://www.dailysabah.com/energy/2014/04/15/israel-to-pick-turkey-as-gas-partner

Nouvelle flambée antisémite en Grèce

A Rising Anti-Semitic Storm in Greece
April 13, 2014 2:35 pm

Author:
Ronald S. Lauder

The so-called Affair Baltakos in Greece is one of those eye-opening moments that throws into sharp relief the problems posed by far-right extremist parties in Europe.

As I said in a press statement last week, the affair underscores that Europeans need to establish a common policy forbidding dealings with neo-Nazi, racist, and anti-Semitic elements, and create a clear “cordon sanitaire” vis-à-vis these parties.

Here’s what happened: Takis Baltakos, a top adviser to Greek Prime Minister Antonis Samaras, had to resign recently after Baltakos was caught on videotape discussing a government investigation of the neo-Nazi Golden Dawn Party with a Golden Dawn official. In the apparently secretly recorded videotape, Baltakos seems to insinuate that the charges against Golden Dawn are politically motivated.

A virulently anti-Semitic and anti-immigrant group, Golden Dawn stands accused of major crimes. Police and magistrates are investigating charges that the party’s members and supporters were involved in a series of violent attacks, including the killing of a left-wing rapper in September.

Golden Dawn, unfortunately, is no fringe group. This party, which has capitalized on a wave of anger against harsh austerity measures Greece enacted because of the Eurozone crisis, has become the country’s third largest political force.

So I joined the Word Jewish Congress’ Greek affiliate, the Central Board of Jewish Communities in Greece (KIS), in voicing outrage that an aide to the Prime Minister had spoken with a neo-Nazi. KIS expressed its “strong resentment that a government official was in conversation” with the fellow, a member of Parliament named Ilias Kasidiaris.

KIS further stated that the Affair Baltakos shows that Greece and Europe have a “duty to isolate those who seek the return of Nazism, and those who disseminate racist, xenophobic and anti-Semitic ideas, in order to safeguard democracy.”

Meanwhile, the crackdown on Golden Dawn continued last week when the Greek Parliament voted to strip legal immunities from Kasidiaris and four other Golden Dawn lawmakers, clearing the way for another round of criminal charges.

I have confidence in the legal process in Greece. If the charges are upheld in court and Golden Dawn is ruled a criminal organization, the full force of the law must be brought to bear on it, and I believe that this will be done.

Ronald S. Lauder is president of the World Jewish Congress. This article comes from his blog at www.worldjewishcongress.org.
Source : http://www.algemeiner.com/2014/04/13/a-rising-anti-semitic-storm-in-greece/

Voir également : L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

Les Grecs et l'accusation antisémite du crime rituel

L'oppression des Juifs de Salonique par l'Etat grec

Seconde Guerre mondiale : les lourdes responsabilités de l'administration grecque dans la déportation des Juifs de Salonique et la spoliation de leurs biens

Pas facile d'être juif en Grèce...

Grèce : le célèbre compositeur tiers-mondiste Mikis Theodorakis assume fièrement sa judéophobie

Le communiste fou Mikis Theodorakis dénonce un "complot international" visant à "exterminer physiquement" le peuple grec (sic)

Le Comité Juif Américain tire la sonnette d'alarme concernant la participation de l'extrême droite grecque fanatique à l'"union nationale"

Bild : les Juifs allemands inquiets et mécontents de l'entrée éventuelle du parti extrémiste LAOS dans le "gouvernement grec d'union nationale"

Les milices ultra-nationalistes, racistes et conspirationnistes s'épanouissent en Grèce

Consternation de la presse israélienne devant la percée électorale du parti néo-nazi grec

Les organisations juives américaines condamnent le leader néo-nazi grec

L'économie grecque est toujours dans le pétrin

Greece's economy is still a huge mess
April 11, 2014: 2:15 PM ET

Enthusiasm surrounding Thursday's Greek debt offering illustrates just how desperate investors have become in their futile search for yield.


By Cyrus Sanati

FORTUNE -- The wildly successful sale this week of billions of euros of newly minted Greek bonds has politicians and pundits proclaiming the end of the long-running European sovereign debt crisis. That private investors would be clamoring over each other to buy medium-term Greek notes at a measly 4.75% yield must mean that both Greece and Europe are back in fighting form and that most, if not all, of their major economic troubles are behind them.

Nothing could be further from the truth.


Thursday's debt offering only illustrates the severity at which the global junk debt bubble has grown and how desperate investors have become in their futile search for yield. Investors have no real confidence in Greece or Europe. Either they have lost their minds or they view Greece as some sort of momentum play in which they will try to cash out right before the bottom falls out of the market. Europe remains an economic basket case, and Greece continues to be the weakest link in a brittle chain.

The Greek economy is in shambles, and the only reason it hasn't defaulted on its debt for a third time is the European Central Bank's low interest rate policy and the 240 billion euros in aid that have flowed into the nation's coffers from the International Monetary Fund and the European Union over the last four years.
MORE: GM ignition recall earnings hit: $1.3 billion in first quarter

So no, the European sovereign debt crisis isn't over. It is just taking time off from its hectic government-mandated 30-hour workweek to go on holiday.


Thursday morning in Athens started off with a real bang at the Greek Central Bank -- no, literally, a bomb exploded. Thankfully, no one was hurt (the bombers called ahead and the area was evacuated by police), but the explosion did cause damage to the columned façade of the ornate building, where, up until a few years ago, monetary policy was decided by Greek officials. That role has since shifted to Frankfurt after Greece joined the euro. Now an Italian, Mario Draghi, the head of the ECB, makes those decisions for them.

The bomb was supposedly planted by Greek "anarchists," who were protesting the country's first big bond offering since the sovereign debt crisis broke out four years ago. Groups in opposition to the government have been labeled as such for believing that Greece should leave the euro and try to rebuild the nation's battered economy without accumulating additional debt. Think of them like the Tea Party, but with explosives.

But no little bomb was going to scare off investors from throwing money at Greece, all for the chance to earn around 5% a year in interest. Many had been waiting for months for the Greek Central Bank to take the plunge and offer some longer-term notes. Up until Thursday, the central bank only offered investors very short-term 13-week and 26-week notes. Rates on that short-term paper offered investors, mostly hedge funds hopped up on risk and 5-Hour Energy shots, a chance to make a fat double-digit return on their money.

But as the global debt bubble has expanded, yields on everything from risky leveraged loans to junk bonds have fallen as fixed-income investors dial up the risk in a collective race to the bottom. They have been encouraged by the massive drop in defaults and bankruptcies across the public and private debt markets to justify their investments as sound.

Of course, bankruptcies are at an all-time low -- anyone who needs funding can get it at a low rate. It is the same ridiculous justification that investors used when explaining why they bought up subprime mortgages before 2008 -- foreclosures were at a near all-time low so therefore the market was safe. But as we know now, the absence of defaults and foreclosures didn't mean that at all; it just meant that the bottom had yet to fall out of the market.

In 2010, as the U.S. was "recovering" from the housing bust, Europe was facing its biggest economic challenge since the World Wars. Investors had lent billions to nations that used the euro on the grounds that their money was safe and sound. They quickly found out that that wasn't the case.

MORE: The worrying collapse in global trade

Greece became ground zero in this conflict. When the country had its own currency, the drachma, the Greek debt market was small, risky, illiquid, and underdeveloped -- pretty much mirroring Greece's economy. As such, there were few international investors willing to buy Greek bonds. Those that did required high returns on their investment, with interest rates well into the double-digits. So, the Greek government didn't borrow that much cash. It kept spending at a minimum, and it financed most of its budget through taxes.

But when it joined the euro, the markets elevated Greece to first-world status, on par with nations like Germany and the Netherlands, which were also users of the single currency. With access to cheap funding, the Greeks borrowed like mad.

While some of the cash was used to build much-needed infrastructure, the bulk went to subsidizing the Greek economy. That's because, as part of the euro, Greek exports and services suddenly became really expensive, especially to nations that weren't on the euro, which were basically all of Greece's neighbors.

By giving up monetary control to the ECB, the Greeks could no longer control the value of its currency or its interest rate policy. This wiped out some of Greece's greatest strengths; namely, its cheap labor force and cheap agricultural products. Suddenly, Greece was no longer a cheap place to go on vacation -- Turkey and Tunisia were just as nice, had just as much history and culture, but came at a quarter of the cost.

The Greek government used cheap debt to prop up its economy. It hired as many Greeks as it could and stuffed them in dead-end bureaucratic jobs. It built "bridges to nowhere" and white elephants. It was able to pay off the low interest on the debt pretty easily, but it never paid the principal. It just kept "rolling it over" when it came due -- meaning it issued some other sucker the same amount of debt. Yes, it was a Ponzi scheme. By 2010, Greece's debt-to-GDP ratio had reached 120%, and investors weren't willing to play anymore. The loss of the debt machine equaled disaster.

Greece has gone through an economic depression in the last four years. Without access to the international debt markets, the country was forced to default on its debt (twice), cut government spending, and sell off assets. The IMF and EU pumped 240 billion euros into the country to keep it from descending into total chaos, but that wasn't enough. The government had to lay off thousands, creating a chain reaction that depressed the entire economy.

Today, Greece remains an economic disaster. Even though it wiped out 100 billion euros in principal from its outstanding debt in its restructuring, it still has way too much debt on its books.


The debt wouldn't be that big of a deal if the country had the ability to service it, but it can't even do that. While the government has slashed spending considerably, it still runs at a deficit when factoring in the legacy debt payments, meaning that it still has to borrow money to stay afloat.

Greece's GDP has contracted by a mind-boggling 25% in the last four years, 2.3% in the fourth quarter of 2013. It is projected to "grow" 0.5% this year, but that won't be enough to pull the country out of its debt hole. Unemployment is running at 27%, with youth unemployment at 58%.

MORE: Golden Parachutes: Why it's bad business

Given this scenario, would you invest in Greece? Of course not.

Simply put, Greece doesn't stand a chance if it stays on the euro with no control over its monetary policy. Greece needs a cheaper currency to help compete with its neighbors so it can grow organically, much like it was able to do when it was on the drachma. It cannot do that if its monetary policy is being conducted in Frankfurt and its currency remains so expensive relative to the U.S. dollar and especially to the Turkish lira, its major economic rival in pretty much everything from tourism to olive production.

Some investors think that moral hazard has them covered, meaning that the EU would step in if Greece defaults, but that's a big gamble. True, Mario Draghi, the head of the ECB, poured cold water on the overall European sovereign debt crisis in 2012 when he said he would do "whatever it takes" to back the euro, but that doesn't mean he would be willing to fund the Greek state indefinitely. The fact that the EU allowed Greece to default shows that they aren't too keen on paying off private investors with public money.

Greece, whose debt is rated nine notches below junk, clearly isn't a safe investment. Real structural changes need to happen, not just inside Athens, but in Brussels, where the EU is based, for Greece to recover from this economic fiasco.
Source : http://finance.fortune.cnn.com/2014/04/11/greeces-economy-is-still-a-huge-mess/

samedi 5 avril 2014

Chypre : "Nul ne peut nier qu'il n'ait existé quelque chose d'irrationnel, de passionné, dans le choix du camp grec."

Jacques Lafon, "Turquie-Occident, un jeu de miroirs", Etudes, n° 6, volume 364, juin 1986, p. 730-731 :

"La Turquie ne nous intéresse que lorsqu'elle nous ressemble, en sauvegardant la supériorité du maître sur l'élève, du modèle sur la copie. Elle perd alors ce qui pourrait être son arme la plus puissante contre un Occident qui sait allier la défense des droits de l'homme à la Realpolitik : en étant différent, le pouvoir de faire peur. A cet égard, la popularité dont jouit en France la cause arménienne est directement liée au fait que, pendant ces dernières années, les Turcs n'ont pas utilisé les mêmes procédés que l'A.S.A.L.A. En bref, l'intégration par le discours sert surtout à aliéner ou à condamner.

Elle vole en éclats lorsque les intérêts de la Turquie se trouvent en concurrence directe avec ceux qui apparaissent comme occidentaux par nature : on voit alors resurgir les solidarités fondamentales où il n'est pas interdit de discerner le vieux réflexe de défense du monde chrétien contre l'Islam. Ce comportement est particulièrement net dans l'analyse que l'on fait chez nous de la guerre de Chypre et de la question arménienne.

Pour des raisons culturelles tenant à un héritage commun, l'Occident a généralement pris, dans le conflit chypriote, le parti de l'ancêtre civilisateur contre la barbarie. A une exception près : l'intervention de l'armée turque à Kyrénia le 20 juillet 1974, qui provoque directement à Athènes la chute du régime des colonels. L'Occident, pris dans sa propre logique, ne pouvait décemment désavouer une opération qui faisait sombrer une dictature. Mais, lorsque M. Ecevit, pour consolider sa victoire, occupe un tiers de l'île, alors qu'un gouvernement modéré dirigé par M. Karamanlis a été instauré à Athènes, c'est le tollé général : les Etats-Unis suspendent leur aide militaire à la Turquie et décident l'embargo sur les livraisons d'armes à destination d'Ankara. Nul ne peut nier qu'il n'ait existé quelque chose d'irrationnel, de passionné, dans le choix du camp grec. Même si l'on peut être sceptique sur la viabilité du système instauré par la constitution de 1960, et sur l'impraticable système de quotas et de vetos qu'il instaurait, il n'en demeure pas moins que c'est la remise en cause de ce compromis par Mgr Makarios, puissamment aidé en cela par la Grèce et l'opinion occidentale, qui a provoqué l'intervention turque de 1964. La lettre vexatoire adressée le 5 juin 1964 à Inonü par le Président Johnson, dans laquelle il le mettait en garde contre une intervention militaire à Chypre, ne pouvait que provoquer une flambée nationaliste en Turquie, et l'amélioration de ses relations avec Moscou. Lorsque le délégué américain Dean Acheson propose de rattacher Chypre à la Grèce, sauf transformation de Carpas en base militaire turque, régime d'autonomie locale et encouragement à émigrer moyennant compensation financière pour les Chypriotes turcs, Ankara accepte ce plan comme base de négociation Athènes et Nicosie le rejettent : c'était pourtant la plus raisonnable de toutes les solutions envisagées pour régler le problème de Chypre, qui eût peut-être évité et la crise de 1974 et la partition de l'île en 1983. Pendant toute cette période, la Turquie a été mise au coin par ses alliés occidentaux, avec les conséquences internes qu'on imagine."

Voir également : Quelques rappels sur l'intervention turque à Chypre

Turhan Feyzioğlu : "Chypre, la Grèce et le rêve de l'Enosis"

Jean Savard, "avocat de la défense"

mardi 1 avril 2014

La situation de la minorité turque de Thrace occidentale (années 50-60)

Ahmet Abdik, "La situation de la minorité turque en Grèce...", Le Monde, 13 août 1964 :

"Etonné par les affirmations de M. Maccas, ambassadeur de Grèce auprès du Conseil de l'Europe, publiées dans le Monde du 6 août, sur la situation de la minorité turque en Grèce, je me permets d'apporter quelques précisions sur le sujet.

Les Turcs de Thrace occidentale sont divisés en quatre communautés, dont chacune doit être, suivant les accords, gérée par un comité de sept à douze membres élus pour trois ans. Les gouvernements grecs successifs ont souvent fait obstacle à l'organisation de la minorité turque, par divers procédés : dissolution des comités, annulation des élections, etc. Notons aussi que les chefs religieux (muftis), au lieu d'être normalement élus par les communautés, sont nommés par décret royal.

Les mesures discriminatoires des dirigeants grecs à l'égard de la minorité turque se manifestent dans d'autres domaines. Les lois no 2185 du 15 août 1952 et no 2536 du 27 août 1953, par exemple, portant sur l'expropriation des terres, sont presque uniquement dirigées contre la minorité turque. En 1957 les terres appartenant aux Turcs du village Musellem sont, sur simple décision du responsable de l'agriculture, M. Kledis, expropriées en faveur des Grecs. En Thrace occidentale, seuls les Grecs ont bénéficié des divers crédits agricoles et commerciaux, toujours refusés aux Turcs. Ces mesures de répression ont provoqué un véritable exode. En effet, en 1923, 63 % de la population de la Thrace occidentale, soit cent trente mille personnes, était turque. Actuellement il n'en reste plus que soixante-quinze mille, malgré la croissance démographique.

Sur le plan culturel les gouvernements grecs pratiquent une politique d'assimilation. L'expression "école turque" est supprimée, les livres venant de Turquie confisqués et les enfants turcs obligés de fréquenter les écoles grecques. Il existe en Thrace occidentale un seul lycée réservé aux Turcs mais géré par les Grecs. L'accès de l'université est pratiquement interdit aux Turcs actuellement, et il n'existe encore aucun avocat, aucun médecin d'origine turque. En cas de litige entre le gouvernement grec et un citoyen hellène d'origine turque, celui-ci ne trouve aucun avocat pour défendre sa cause.

Pourtant, les biens et les droits nationaux de la minorité turque sont placés sous garantie internationale.

Les autorités grecques entretiennent malheureusement aussi la haine contre les Turcs. Témoin ce vers enseigné aux enfants : "Maman, maman, prie pour que j'aille à la guerre et que je tue beaucoup de Turcs."

Les émeutes des 5 et 6 septembre 1955 à Istanbul étaient organisées par le gouvernement de Menderes. Cependant les victimes grecques ont été promptement dédommagées et les responsables punis. La minorité grecque établie à Istanbul est très prospère. Notons qu'il existe treize établissements d'enseignement secondaire réservés et gérés par les Grecs, et il y a un très grand nombre d'avocats, médecins, etc., d'origine hellène. Je crois que le patriarcat du Phanar à Istanbul peut donner à ce sujet davantage de précisions puisqu'il se permet de jouer le rôle d'un super-consulat.

L'"hellénisme" est une variante de la "Megali Idea", encore vivante dans l'esprit de certains de ceux qui gouvernent la Grèce. Le mouvement de l'Enosis, que paraît conduire Mgr Makarios, s'inspire de cette même idée, a semé la haine et a créé le fossé entre les deux communautés chypriotes. On comprend dès lors pourquoi les Turcs de Chypre refusent l'Enosis et toute autre "solution" qui tendrait à les placer dans la situation qui est celle de la minorité turque de Grèce."

Voir également : La politique de brimades de l'administration grecque à l'encontre de la minorité turque de Thrace occidentale

La politique discriminante et restrictive de l'Etat grec à l'encontre des musulmans de Thrace occidentale

Le traitement historiographique de la question de la violence contre les minorités en Grèce

Quand est-ce que l'Etat grec va reconnaître l'identité ethnique des minorités habitant son territoire ?
 
L'oppression religieuse en Grèce

Oppression des minorités et irrédentisme : l'europhobie violente du nationalisme grec

Le fanatisme destructeur des Grecs à l'encontre de l'architecture turco-ottomane

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec