vendredi 10 octobre 2014

Le Grec-Egyptien Jean-Gilles Malliarakis et ses sympathies pour l'islamisme iranien, Assad et Kadhafi

Marie-France Etchegoin, "Ceux qui ne désarment pas", Le Nouvel Observateur, 25 septembre 1987 :

"La Librairie française, 27, rue de l'Abbé-Grégoire, dans le 6e arrondissement à Paris. Edouard Drumont, Léon Degrelle, Charles Maurras : ils sont tous là. Au milieu d'innocents albums sur « les Monastères de tradition », « la Celtitude », « Hugues Capet » ou « Pétain ». Aux côtés d'un irréprochable « Que-sais-je » sur « l'Indo-Européen ». Rayon économie : « ouvrages de référence », papier luxe relié cuir, sur « la Finance juive » ou les Rothschild. Rayon scientifique : Faurisson ou Arthur de Gobineau.

Jean-Gilles Malliarakis, le patron de la boutique, entend préserver le patrimoine : « Tout cela fait partie de la littérature française. Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'on arrache des pages entières de Voltaire ou de Balzac, sous prétexte d'antisémitisme ? Il restera quoi ? Albert Cohen et les films de Woody Allen ? » Malliarakis n'aime pas qu'on l'accuse d'antisémitisme. « Vous vous rendez compte que c'est avec ce genre de procès d'intention qu'on a exécuté Brasillach ? » Il crie très fort, Malliarakis. Il insulte « les petits cons qui le persécutent », ce qui fait beaucoup rire les quelques crânes rasés qui l'entourent : « Si vous voulez à tout prix m'injurier, ne cherchez pas du côté de Hitler mais de Mussolini. Nous avons, nous l'avouons, quelques tendresses pour Benito. »

Malliarakis est à la tête du MNR (Mouvement nationaliste révolutionnaire) qui se réclame du « fascisme social » et qui s'affirme anticommuniste, anti-américain et pro-arabe. Diplômé de Sciences-Po, Malliarakis fait figure d'intellectuel dans les milieux de l'extrême droite française. Un idéologue qui sait, lui, ne pas faire de « lapsus » quand on lui parle des chambres à gaz (« Tout génocide est haïssable »). Ce qui ne l'empêche pas de diffuser dans sa librairie ce qui se fait de mieux en matière de littérature révisionniste. Par « intérêt historique », cela va de soi. Ce sont sans doute les mêmes nobles motivations qui le guident quand il publie dans la revue du MNR, « Troisième Voie », de violentes diatribes contre le « mythe juif d'Auschwitz ». Dans la même revue, on peut lire aussi un hommage à « l'islam nationaliste », un appel à lutter avec les musulmans pour récupérer le tombeau du Christ tombé aux mains des juifs, et les louanges de l'Iran, de la Syrie, de la Libye (1). (...)

(1) Une convergence qui n'a rien d'étonnant... On sait notamment que Wahid Gordji a versé de l'argent à la librairie Ogmios qui diffuse elle aussi les thèses révisionnistes."

On mesurera la consistance de l'"anticommunisme" de quelqu'un qui a soutenu de tels régimes (sponsors du terrorisme international par ailleurs), et qui aujourd'hui défend ouvertement le PKK.