mercredi 31 décembre 2014

Profanation d'un cimetière juif en Grèce

Profanation d’un cimetière juif en Grèce
Dans la ville de Larissa, on a retrouvé des tags de croix gammées et d’inscriptions antisémites

JTA 28 décembre 2014, 15:21

Athènes – Des vandales ont profané le cimetière juif de la ville de Larissa, au centre de la Grèce, avec des tags de croix gammées et de messages antisémites sur le mur du cimetière.

Une croix gammée a été taguée sur les portes du cimetière, tandis que le mot « Juden », le symbole « SS », et l’épithète « 6 millions » ont été griffonnés sur les murs du cimetière, a fait savoir mercredi la communauté juive.

« Nous demandons à la justice, aux élus locaux et la police de prendre toutes les mesures nécessaires pour arrêter et punir les coupables et de protéger les lieux juifs dans notre pays, » a fait savoir une déclaration conjointe de la Communauté juive de Larissa et du Conseil central des communautés juives en Grèce.

Il y a eu plusieurs cas de vandalisme cette année dans les cimetières juifs et dans des mémoriaux de l’Holocauste en Grèce.


« L’antisémitisme n’est pas seulement une menace pour les Juifs. L’antisémitisme est une menace pour notre démocratie,  » dit encore la déclaration.

Une récente enquête de l’Anti-Defamation League a montré que la Grèce a le taux le plus élevé d’attitudes antisémites en Europe : 69 % des Grecs partageraient des opinions antisémites. C’est près de deux fois le taux du pays qui se situe derrière, la France, avec 37 %.
Source : http://fr.timesofisrael.com/profanation-dun-cimetiere-juif-en-grece/

Voir également : Athènes : le mémorial de la Shoah a été souillé pour la seconde fois cette année

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mardi 23 décembre 2014

Présidentielle grecque : un député révèle une tentative de corruption (700.000 euros en liquide)

Présidentielle-Un député grec dévoile une tentative de corruption
Publié le 19-12-2014 à 15h23

ATHENES, 19 décembre (Reuters) - Un député grec, membre d'un petit parti dont le gouvernement tente d'obtenir le soutien, dit s'être vu offrir un pot-de-vin afin de voter pour Stavros Dimas, candidat présenté par la coalition au pouvoir pour le poste de chef de l'Etat.

L'élection du président grec est devenue un enjeu national et international car en cas d'échec après trois tours de scrutin, le parlement sera automatiquement dissous et des élections législatives anticipées auront lieu.

Ce scénario pourrait bénéficier au parti de gauche Syriza qui a promis de renégocier les accords conclus avec l'Union européenne et le FMI pour la mise en oeuvre d'un plan de sauvetage financier de la Grèce.

Pavlos Haikalis, membre du parti des Grecs indépendants et vedette de comédies télévisées, a indiqué à la chaîne Mega TV qu'on lui avait offert environ deux ou trois millions d'euros, dont 700.000 euros en liquide, la promesse d'un remboursement de prêt immobilier et des contrats publicitaires, en échange de son soutien à Stavros Dimas.

La proposition lui a été faite par une personne appartenant au "secteur financier" et non par un membre du personnel gouvernemental.

"Il s'agissait d'une discussion qui a commencé sur le ton de la plaisanterie et qui est devenue très sérieuse", a-t-il raconté.

Sofia Voultepsi, porte-parole du gouvernement, a qualifié cette déclaration de "spectacle méprisable" et a demandé à Haikalis de rendre publiques les preuves qu'il affirme avoir transmises au parquet.

Ces révélations interviennent deux jours après l'échec du premier tour de scrutin au parlement qui a vu Stavros Dimas recueillir seulement 160 voix sur 300, soit une majorité insuffisante pour être élu.

Deux autres votes sont prévus, le premier le 23 décembre et le suivant le 29 décembre. Le gouvernement a besoin de l'appui d'une vingtaine de parlementaires indépendants ou appartenant à de petits partis pour faire élire son candidat. (George Georgopoulos; Pierre Sérisier pour le service français)
Source : http://www.challenges.fr/monde/20141219.REU3573/presidentielle-un-depute-grec-devoile-une-tentative-de-corruption.html

La Grèce encore au bord du chaos

18 décembre 2014
La Grèce de nouveau au bord du chaos

J'ai passé la semaine en Grèce, notamment pour suivre Pierre Moscovici qui effectuait sur place sa première visite officielle comme commissaire aux affaires économiques et monétaires. Voici la version longue de mon reportage paru dans Libération daté du 18 décembre.

Les marchés ont voté : pour eux, la Grèce n’est absolument pas prête à voler de ses propres ailes, cinq ans après qu’elle ait dû appeler à son chevet ses partenaires de la zone euro ainsi que le Fonds monétaire international (FMI). Alors que l’Espagne, l’Irlande et le Portugal sont sortis sans coup férir de leur programme d’aide, la Grèce s’est pris les pieds dans le tapis en ne parvenant pas à s’entendre avec la troïka (Commission, Banque centrale européenne, FMI) sur les nouvelles mesures d’austérité conditionnant le versement de la dernière tranche d’aide européenne (1,8 milliard d’euros sur un total de 240 milliards).

Surtout, la perspective d’élections législatives anticipées fin janvier, 18 mois avant le terme normal de la législature, est devenue plus que probable, la majorité actuelle n’ayant pas le nombre de voix nécessaire pour faire élire un nouveau président de la République. Ce qui devrait amener au pouvoir la gauche radicale de Syriza, un épouvantail tant pour les autorités européennes que pour les marchés. Résultat : depuis 15 jours, les taux d’intérêt de la dette publique grecque ont flambé (à près de 9 % sur l’obligation à 10 ans) et la bourse d’Athènes s’est effondrée (- 20 % en quelques séances, du jamais vu depuis le krach de 1987…).  Devant ce retour des incertitudes, les capitaux commencent à quitter la Grèce, ce qui menace la stabilité des banques : « la liquidité diminue, on se rapproche de dommages irréparables pour l'économie grecque », a mis en garde dimanche le gouverneur de la Banque de Grèce et ancien ministre des Finances, Yannis Stournaras.

« Pourtant, tout s’annonçait plutôt bien », explique un diplomate européen en poste à Athènes : « après six ans de récession, 2014 s’achève avec une croissance de 0,6 % et on attend 2,9 % en 2015, le plus fort taux de la zone euro. Le chômage a connu une légère décrue et pour la deuxième année, il y aura un excédent budgétaire de 3 % du PIB hors service de la dette !» Mais, Antonis Samaras, le Premier ministre conservateur à la tête d’une coalition avec les socialistes du PASOK, a multiplié les erreurs politiques depuis l’été : « il a crié victoire trop vite en assurant dès cet été qu’à la fin de l’année la Troïka, si honnie en Grèce, serait partie et que le pays serait à nouveau maître de son destin », poursuit ce même diplomate. « Résultat : il a cru qu’il pouvait arrêter de faire des réformes et refaire de la politique locale comme avant ».

En juin, au lendemain des élections européennes remportées par Syriza (gauche radicale), devenu depuis 2012 le principal parti d’opposition, Samaras a viré cinq ministres réformateurs (dont celui de la santé, Adonis Georgianis, très apprécié des bailleurs internationaux pour son professionnalisme) pour les remplacer par « des incompétents populistes de la Nouvelle Démocratie dont le rôle principal est d’occuper les plateaux de télévision pour tenir pièce à Syrisa », comme le dénonce un fonctionnaire européen en poste dans la capitale grecque. Il ne s’arrête pas en si bon chemin et obtient le départ du secrétaire général chargé des recettes fiscales, Harry Theoharis, un poste théoriquement indépendant créé à la demande de la Troïka afin de couper le cordon ombilical entre le fisc et les politiques. Celui-ci, éduqué en Grande-Bretagne, n’a pas manqué de faire savoir  à Athènes et ailleurs, y compris sur Twitter, qu’il avait été victime de Samaras qui n’avait pas apprécié qu’il s’intéresse de trop près à ses amis… L’image de « réformateur » du Premier ministre grec est sortie, suite à ce mouvement de personnel, fortement écorné, tant auprès des autorités européennes que des marchés.

Surtout que, dans le même temps, Samaras a refusé les nouvelles mesures d’austérité exigées par la Troïka, même si ce n’est pas forcément à tort. « Les idéologues du FMI qui se montrent de plus en plus durs en exigeant toujours davantage de coupes dans le budget alors que ça n’est plus supportable par le peuple et qu’ils ne veulent pas comprendre qu’il n’y a plus de majorité politique au Parlement grec, la Vouli, pour les voter », s’énerve un fonctionnaire européen : « ils feraient mieux de se concentrer sur la réforme de l’appareil d’État au lieu d’exiger une réforme des retraites dans les cinq mois, ce qui est impossible pour n’importe quel pays, ou qu’on libéralise les licenciements collectifs alors que tout le monde a été licencié ! » « Il y a désormais une forte divergence sur le traitement de la Grèce entre d’un côté la Commission, de l’autre le FMI et la BCE », reconnaît une source de haut niveau.

De fait, à Bruxelles on a conscience que la dette grecque (détenue, pour les trois quarts, par les Etats de la zone euro, la BCE  et le Mécanisme européen de stabilité) se situe à un niveau insupportable (177 % du PIB) et qu’elle oblige la Grèce à « consacrer 5 % de son PIB au service de la dette », m’explique George Stathakis, donné comme futur ministre des Finances d’un gouvernement Syriza : « au maximum, on devrait y consacrer 2 %, un niveau que les marchés trouvent normal ». Mais alléger la dette est plus simple à dire qu’à faire, compte tenu de la rigidité de Berlin sur le sujet. Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, qui s’est rendu lundi et mardi à Athènes, estime néanmoins qu’il va falloir trouver une solution pour sortir définitivement la Grèce de l’ornière tout en la poussant à continuer les réformes. « Moscovici refuse de jouer les demis de fermeture : il est là pour donner des signes d’ouverture et essayer de trouver des solutions », dit-on dans son entourage. L’idée de la Commission serait que la Grèce s’engage d’elle-même sur un paquet de réformes, « ce qui serait moins intrusif que la Troïka », « centré sur la réforme de l’État ». En échange, la zone euro s’engagerait à alléger la dette du pays au fur et à mesure de leur mise en œuvre. Une sorte « d’haircut » par consentement mutuel.

La première phase de ce programme a été mise en œuvre,  le 5 mai, lorsque l’Eurogroupe a accepté un « agenda de croissance » présenté par le gouvernement grec en lui demandant, pour septembre, un « plan d’action » doté de délais précis. Mais, et c’est sans doute l’erreur la plus grave commise par Samaras, il n’a rien présenté, ni en septembre, ni en octobre, ni en novembre, donnant le sentiment que « décidément, les Grecs sont incapables de tenir parole et, qu’une fois la Troïka partie, tout recommencerait comme avant », explique une source haut placée. Une analyse qu’ont immédiatement faite les marchés en se désengageant du marché grec : « le bordel actuel a été créé par Samaras, peut-être intentionnellement afin de savonner la planche de Syriza conscient qu’il devrait sans doute convoquer des élections législatives anticipées pour le début de l’année 2015 ».

Depuis le ton est monté entre Alexis Tsipras et Antonis Samaras, le premier accusant le second de « mettre en scène une fuite des capitaux » afin d’attiser la peur des électeurs. Il a rencontré George Provopoulos, l’ancien gouverneur de la Banque centrale qu’il avait pourtant trainé dans la boue au plus fort de la crise, afin de lui demander des conseils pour éviter une fuite des capitaux et éviter un écroulement du système bancaire. « Nous continuerons les réformes », promet Stathakis, « mais des réformes qui ne détruiront pas la société grecque. Il n’est pas question de sortir du programme de façon anticipeé : nous nous mettrons d’accord sur des buts à remplir, mais il faut sortir du chantage permanent de nos alliés de l’Union européenne ».

Photos: Reuters
Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2014/12/la-gr%C3%A8ce-de-nouveau-au-bord-du-chaos.html