lundi 27 avril 2015

Dunja Mijatović (représentante de l'OSCE) critique la loi pénalisant la "négation" des "crimes de guerre" (pas ceux des Grecs, bien entendu) dans la Chypre grecque

PRESS RELEASE
Cyprus bill to criminalize denial of war crimes muzzles free expression, says OSCE Representative

VIENNA, 9 April 2015 – OSCE Representative on Freedom of the Media Dunja Mijatović expressed concern today that the Parliament of Cyprus approved a measure criminalizing the denial of war crimes.

The bill, adopted on 2 April, penalizes the denial or the gross degradation of war crimes recognized as such by the Parliament through a unanimous decision or a unanimous resolution.

Those convicted face prison terms of up to five years and a €10,000 fine.

“While fully acknowledging the humanitarian intentions of this bill, I believe that this measure raises serious concerns about compliance with international freedom of expression standards,” Mijatović said. “The authorities should have taken into consideration the right to openly discuss questions of a sensitive and controversial nature as one of the fundamental aspects of freedom of expression which distinguishes a tolerant and pluralistic democratic society from a repressive regime.”
Mijatović said criminalizing debates on history, even including false and offensive statements, is not conducive to a better understanding among people, communities and authorities of OSCE participating States.

Mijatović also said that prohibitions on particular statements related to the culture and history of different nations and regions would subordinate international free-speech standards to fragmented national strategies on the regulation of speech and expression and make worse the attempts to reconcile and ultimately seek justice for victims. Free speech and free media are essential in this process, she said.

The OSCE Representative on Freedom of the Media observes media developments in all 57 OSCE participating States. She provides early warning on violations of freedom of expression and media freedom and promotes full compliance with OSCE media freedom commitments. Learn more at www.osce.org/fom, Twitter: @OSCE_RFoM and on www.facebook.com/osce.rfom
Source : http://us6.campaign-archive2.com/?u=b11aceda364f8f9afa6cadbbb&id=de2ca8d1b1&e=f802f9f9bd

Voir également : Le nettoyage ethnique des Chypriotes turcs par les Chypriotes grecs (1960-1974)

Conflit chypriote : 500 Chypriotes turcs disparus en 1963-1974

Chypre, 1963 : le bain de sang de la "Semaine noire"

Quelques rappels sur l'intervention turque à Chypre

Turhan Feyzioğlu : "Chypre, la Grèce et le rêve de l'Enosis"

Jean Savard, "avocat de la défense"

Chypre : "Nul ne peut nier qu'il n'ait existé quelque chose d'irrationnel, de passionné, dans le choix du camp grec."

Grèce-Allemagne : les demandes de réparations sont illégitimes

Non, les réparations allemandes ne sont pas une solution à la dette grecque

LE MONDE | 03.04.2015 à 12h52 • Mis à jour le 08.04.2015 à 17h17 | Par Jean-Marc Dreyfus (Maître de conférences en histoire à l’université de Manchester (Royaume-Uni)

Avec les demandes officielles du gouvernement d’extrême gauche d’Alexis Tsipras faites à l’Allemagne de payer des dommages pour les dévastations subies par la Grèce, la seconde guerre mondiale revient une fois de plus en force dans le débat public. Et cette fois sous une forme inédite : celle du dossier des réparations d’Etat à Etat venant d’un pays d’Europe occidentale, membre de la Communauté européenne depuis 1981.

Ces exigences ont été avancées juste avant les célébrations du 70e anniversaire de la libération des camps et de la fin de la guerre. Alors que la Grèce affronte une terrible crise financière et un endettement record malgré de dures politiques d’austérité imposées par l’Union européenne (UE), le jeu politique s’est récemment tendu et les réparations que devrait payer l’Allemagne ont été chiffrées – jusqu’à 160 milliards d’euros.

Or l’Allemagne a payé massivement des réparations depuis 1945 et la République fédérale tient jusqu’à aujourd’hui une comptabilité sou à sou de ce que lui a coûté la mise en œuvre de centaines de textes officiels ; 71,115 milliards d’euros ont été dépensés (la RDA et l’Autriche, également Etats successeurs du IIIe Reich, n’ont rien payé).

Clé de répartition

Les demandes grecques sont donc disproportionnées par rapport à l’ensemble des paiements déjà effectué. Jamais un pays coupable d’exactions n’a payé autant que l’Allemagne, et surtout sur une durée aussi longue. Cette politique, résumée sous le nom de Wiedergutmachung (littéralement « faire le bien à nouveau »), est le résultat de la complexe situation d’après-guerre ; mais la RFA n’a pratiquement pas versé de réparations d’Etat à Etat, au contraire de ce qui lui avait été imposé par le traité de Versailles.

Si, en mai 1945, les Alliés victorieux étaient tout à fait prêts à faire payer l’Allemagne à nouveau, cette idée a été complètement abandonnée dès 1951. La grande conférence sur les réparations qui se déroula à Paris du 9 au 21 décembre 1945 prescrivit dans son acte final la création d’une Agence interalliée, placée sous la direction de l’économiste français Jacques Rueff (1896-1978).

Si le montant total des réparations que l’Allemagne devait verser ne fut pas fixé (on évoqua 20 milliards de dollars, la Grèce seule en réclamait 10 milliards), il fut décidé d’une clé de répartition. La Grèce figurait pour 2 % des sommes d’argent et 4,35 % des réparations en nature (principalement des démontages de machines).

Dès 1946 cependant, les Soviétiques se désolidarisèrent des Alliés occidentaux, qui avaient pour leur part des objectifs divergents (les Anglais voulaient réduire leurs frais d’Occupation, les Français cherchaient des compensations pour leurs 160 000 déportés, les Américains voyaient déjà le réarmement économique de l’Allemagne de l’Ouest, etc.).
Le talent du banquier Hermann Josef Abs

Tout fut suspendu en avril 1947 à la conférence de Moscou. Alors que l’Europe avançait rapidement vers sa division en deux blocs antagonistes, les résistances allemandes à tout paiement et aux démontages se faisaient de plus en plus vives. Et il fallait régler l’un des autres grands dossiers financiers de l’après-guerre, celui de la colossale dette nationale allemande.

Celle-ci provenait des emprunts massifs faits par le IIIe Reich, mais aussi des dettes impayées résultant du traité de Versailles. Il est aujourd’hui paradoxal, lorsque l’on considère le rôle de cette mémoire parcellaire dans le psychodrame de la crise grecque, de constater que les pays vainqueurs de l’Allemagne accordèrent une énorme réduction de cette dette, de l’ordre de 50 %.

Le talent des négociateurs allemands, du chancelier Adenauer en premier lieu et de son maître en finances de l’époque, le banquier Hermann Josef Abs, fit merveille. On voulait aussi permettre une reconstruction rapide du pays, éviter les erreurs commises après la première guerre mondiale. L’accord sur les dettes extérieures allemandes fut signé à Londres le 27 février 1953. Contrairement à ce qui a été souvent écrit à propos de cette conférence, l’accord ne prévoyait pas de repousser le versement de réparations à la signature d’un traité de paix, mais seulement le dédommagement des résistants de toute l’Europe déportés dans les camps de concentration allemands.

Dès l’après-guerre, les responsables grecs avaient pris l’habitude de gonfler considérablement les demandes de réparations. Le pays avait, il est vrai, particulièrement souffert de l’Occupation et la mémoire de la famine provoquée par les réquisitions systématiques demeure présente jusqu’à aujourd’hui. La répression contre les partisans grecs causa des exactions sanglantes, la destruction de nombreux villages.
Les déportations de Grèce

Les chiffres sur les dommages réels causés par l’Occupation demeurent imprécis, ainsi que le nombre des victimes, mais, dans certaines régions, à la fin de la guerre, 60 % de la population souffrait d’une maladie infectieuse à cause de la malnutrition ; 80 % des ponts et ouvrages d’art du pays avaient été détruits.

Au-delà de la difficulté pour les différents gouvernements de chiffrer les dommages subis, c’est toute la gestion du passé de la seconde guerre mondiale qui fut et demeure difficile en Grèce. Le pays entra dans une terrible guerre civile dès le mois de décembre 1944, avec la création de camps de concentration où la mortalité fut forte ; il subit un régime militaire de 1967 à 1974, qui accorda le titre de résistants aux collaborateurs armés des nazis, etc.

La reconnaissance du martyre des juifs grecs – et de la profondeur de l’antisémitisme dans le pays – fut aussi particulièrement tardive : pourtant, avec 60 000 victimes – dont 50 000 de la seule ville de Thessalonique –, qui représentaient 87 % de la population juive, la Grèce connut le taux de déportation le plus élevé d’Europe occidentale. De plus, la moitié des survivants juifs quittèrent le pays dans les dix ans qui suivirent la guerre, incapables de se réintégrer dans la société d’un pays où pourtant les communautés juives avaient une présence millénaire. A Salonique, la municipalité récupéra largement les biens des particuliers et de la communauté – dont le site du cimetière, sur lequel fut érigée l’université Aristote.

La question des réparations allemandes ne fut cependant pas close en 1951. Les Alliés occidentaux imposèrent à la République fédérale des dédommagements individuels de victimes allemandes du nazisme : l’édifice complexe du Wiedergutmachung fut imposé de l’extérieur. Sur l’impulsion de la France, la RFA fut ensuite contrainte de payer des réparations individuelles aux victimes étrangères du nazisme. Cela fut acté par une série de onze conventions bilatérales, signées entre juillet 1959 et août 1964, uniquement avec des pays d’Europe de l’Ouest.
L’accord de 1960

L’accord germano-grec fut signé le 18 mars 1960, après des années de discussions entre diplomates sur le nombre de victimes et la somme dont chacune bénéficierait. Contre la fin du séquestre des biens allemands en Grèce, Bonn s’engageait à payer 115 millions de deutschmarks en quatre versements. La somme fut payée d’Etat à Etat, mais il revint au gouvernement hellène de répartir l’argent entre les victimes : il y eut 96 000 demandes déposées. La question des réparations fut considérée ensuite comme close.

L’Allemagne avait réussi à éviter ce qu’elle craignait le plus : le paiement de pensions régulières. Mais la crise des réparations ne fut pas terminée pour autant. Elle rebondit plusieurs fois, escalada à partir de 1995 et la plainte déposée par quatre survivants du massacre de Distomo [crime de guerre nazi commis le 10 juin 1944 à la fin de l’occupation allemande en Grèce qui fit 218 victimes]. Les tribunaux grecs eurent à trancher – finalement en faveur de l’immunité d’un Etat étranger, la RFA.

Les demandes démesurées de réparations exprimées à Athènes ces dernières semaines s’inscrivent à la fois dans la crise aiguë de la dette nationale et dans la longue histoire grecque d’une gestion difficile de son passé dans la seconde guerre mondiale et aussi d’une vision uniquement victimaire.

Il y a là bien des effets de manche contre l’Allemagne – mais alors, pourquoi ne pas s’en prendre aussi à tous les anciens Alliés de la seconde guerre mondiale qui ont accepté que l’Allemagne ne paie pas ? Il n’est pas sûr que la réouverture du dossier des réparations d’Etat à Etat, avec la critique des décisions prises à la sortie de la guerre dans un tout autre contexte, soit une solution, ni à la crise de la dette grecque – dette que la Grèce ne remboursera probablement jamais –, ni à celle, politique, de l’Europe européenne, qui s’est construite sur le refus de nouvelles guerres. Et ce d’autant plus qu’une approche purement comptable nécessiterait de prendre en compte les milliards versés à la Grèce par les fonds structurels européens, manière de réparations aussi.

La République fédérale d’Allemagne a toujours été un contributeur net de ces fonds. Plus généralement, les demandes grecques permettent de mettre en avant la longue réflexion développée depuis 1945 sur les réparations aux victimes de violences de masse et de génocide. Ces réparations peuvent prendre des formes multiples, de l’identification et la restitution des cadavres jusqu’aux excuses officielles, en passant par la condamnation des criminels, le droit à la vérité et des aides au développement économique.

Les réparations individuelles aux victimes – partie intégrante des processus de justice transitionnelle et des politiques des droits de l’homme – sont un héritage important de la seconde guerre mondiale et de décennies de lutte des groupes de victimes à travers le monde et les réflexions à leurs sujets doivent être approfondies. Et cela passe aussi par la construction d’un récit historique précis plus que par des demandes irréfléchies.

Jean-Marc Dreyfus a récemment publié : L’Impossible réparation. Déportés, biens spoliés, or nazi, comptes bloqués, criminels de guerre (Flammarion, « Au fil de l’histoire », 2015). Il a dirigé, en collaboration avec Elisabeth Anstett  Human remains and identification. Mass violence, genocide and the “forensic turn” [Restes humains et identification. Violence de masse, génocide : le « tournant médico-légal »] (Manchester University Press, à paraître en 2015).

    Jean-Marc Dreyfus (Maître de conférences en histoire à l’université de Manchester (Royaume-Uni)
Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/04/03/non-les-reparations-allemandes-ne-sont-pas-une-solution-a-la-dette-grecque_4609305_3232.html

L'historien allemand Götz Aly a mis en évidence l'ampleur de la collaboration de l'administration grecque avec le IIIe Reich, ainsi que la culture du déni prévalant dans ce pays à propos d'autres crimes contre d'autres minorités : http://www.berliner-zeitung.de/meinung/kolumne-zu-griechenlands-verbalattacken-griechen-muessen-die-opferrolle-ueberwinden-,10808020,30137050.html

Voir également : Seconde Guerre mondiale : les lourdes responsabilités de l'administration grecque dans la déportation des Juifs de Salonique et la spoliation de leurs biens

L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

L'oppression religieuse en Grèce

Oppression des minorités et irrédentisme : l'europhobie violente du nationalisme grec

La politique discriminante et restrictive de l'Etat grec à l'encontre des musulmans de Thrace occidentale

La politique de brimades de l'administration grecque à l'encontre de la minorité turque de Thrace occidentale

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

samedi 4 avril 2015

Les Grecs en Asie mineure (1919-1922) : une défaite annoncée

I. D., "Les Grecs en Asie-Mineure", Le Monde illustré, n° 3297, 65e année, 26 février 1921 :
« Ni moralement, ni matériellement, ils ne peuvent s'y maintenir ».

Le général Gouraud a exposé à la Conférence de Londres la situation exacte des alliés en Asie Mineure et a conseillé d'user de modération vis-à-vis des Ottomans. Un correspondant vient de nous adresser à ce sujet, une note sur la bataille de In Euni [Inönü] qui mit aux prises les armées helléniques, mandataires de l'Entente et les forces de Mustapha Kemal, chef du gouvernement national d'Angora. Le traité de Sèvres sera-t-il révisé ? Rendra-t-on au sultan certaines parties des territoires que la guerre lui avait enlevées ? Les Grecs conserveront-ils Smyrne et renverseront-ils dans le Proche Orient la suzeraineté turque ? Autant de questions que la Conférence de Londres étudie. L'opinion que notre correspondant expose dans les lignes qui vont suivre, lui est donc purement personnelle.

M. Calogeroupolos, Président du Conseil de la Grèce de Constantin et chef de la délégation hellène à la Conférence de Londres, vient de déclarer devant cette Conférence « qu'il suffirait à l'armée hellène de quelques courtes semaines pour balayer l'Anatolie des troupes kémalistes ». A son passage à Paris M. Calogeroupolos avait aussi parlé de la « barbarie turque » et de la « mission humanitaire » de la Grèce en Asie-Mineure. Le général Gouraud et le colonel George, ce dernier d'accord avec les maréchaux Foch et Wilson, contestent les déclarations du diplomate grec. Ces techniciens qui connaissent la situation en Asie-Mineure, certainement mieux que M. Calogeroupolos, montrèrent que pour y faire la guerre « il faut au moins 16 ou 18 divisions quand la Grèce n'en possède que 8 dont 3 immobilisées par la défense de Smyrne et que l'armée hellène en avançant aurait toujours ses lignes de communication menacées par les troupes de Mustapha Kémal dont la valeur est toujours croissante et qui ne sont plus des bandes irrégulières mais qui constituent une véritable armée régulière. »

Quant à la « mission humanitaire » de la Grèce, il suffirait de rappeler les conclusions du rapport de la Commission interalliée de contrôle qui fut envoyée à Smyrne le lendemain du débarquement des troupes hellènes et qui furent publiées dans l'Eclair du 5 janvier 1920. Il y est dit au paragraphe II de l'Etablissement des responsabilités que « l'occupation grecque loin de se présenter comme l'exécution d'une mission civilisatrice a pris immédiatement l'aspect d'une conquête et d'une croisade ». Ces hauts témoignages réduisent l'expédition grecque en Asie-Mineure à ses justes proportions. On ne saurait le nier, les troupes helléniques n'y ont pas cueilli des lauriers comme l'avait annoncé leur presse ; à In Euni, elles furent même battues par les forces de Mustapha Kemal.

Les Grecs se voyant incapables de vaincre les Turcs par les armes, étaient parvenus à corrompre le chef d'une tribu circassienne qui secondait jusqu'alors les armées nationalistes. Dans la première quinzaine de janvier le gouvernement d'Angora commençait à s'apercevoir de certains signes d'insubordination dans cette tribu. La révolte se manifesta enfin ouvertement et le chef de la tribu, Tcherkess Edhem, commença la bataille, d'accord avec l'état-major grec, avec plusieurs milliers de cavaliers, une batterie de canons et seize mitrailleuses qui lui étaient confiées par les Turcs. Donc préparation du côté grec, surprise du côté turc.

Les Turcs prirent une position centrale pour couvrir les deux directions stratégiques importantes de Ouchak et de Brousse et lancèrent leur cavalerie aux trousses des bandes d'Edliem qui s'étaient avancées jusqu'aux environs de Kutahya. Ces bandes furent défaites dès les premières rencontres et poursuivies jusqu'à Guédoss, au Nord de Ouchak, qui fut occupée, pendant que le gros de la cavalerie turque empêchait les Grecs de se porter au secours des rebelles pat un grand raid vers Akhissar qui menaçait leurs lignes de communications.

Pendant que cette bataille se déroulait au Sud, trois divisions grecques, appuyées par une brigade de cavalerie et une très forte artillerie attaquèrent dans la direction de l'Est et arrivèrent facilement jusqu'aux environs de In Euni en même temps que les avant-gardes turques le 9 janvier 1921. L'artillerie grecque était nettement supérieure. L'infanterie turque était dans la proportion de 1 à 3, vis-à-vis des forces grecques. La bataille s'engagea et dura 12 heures consécutives. Les Grecs qui depuis leur débarquement à Smyrne n'avaient rencontré que des bandes irrégulières et qui étaient habitués à chanter toujours facilement victoire, furent complètement surpris par cette résistance victorieuse.

Le lendemain la bataille recommençait sur tout le front. L'armée grecque qui avait réalisé quelques progrès à l'aile droite des Turcs, était obligée le soir même de battre en retraite devant les attaques de l'aile gauche qui la mettait dans une situation périlleuse.

La manoeuvre du commandant turc Ismet Pacha, qui dans cette bataille inopinée fit passer durant la nuit ses troupes dans une position stratégique de flanc propre à l'offensive, est un exemple éclatant de la valeur manoeuvrière de l'armée nationaliste turque.

Les Grecs comprirent le danger et donnèrent l'ordre de retraite à minuit. Cette retraite fut désordonnée et désastreuse. Ce n'est que parce que la cavalerie turque était occupée au Sud à disperser les bandes des rebelles, dont elle reprenait tous les canons et les mitrailleuses, que l'armée turque ne pût recueillir tous les fruits de cette victoire. Néanmoins quelques petits groupes de cavalerie et de l'infanterie poursuivirent l'armée grecque en déroute jusqu'aux portes de Brousse. Ce n'est que des considérations stratégiques qui les dissuadèrent d'entrer dans la ville. 
Cet exposé technique suffit pour montrer la valeur de la stratégie en chambre de M. Calogeroupolos qui aurait fait sourire M. Lloyd George lui-même, et prouve que les armées grecques ont là une tâche bien au-dessus de leurs forces, qu'elles sont matériellement incapables de mener à bien.

Mais les Grecs, qui ne peuvent pas vaincre, massacrent. Ils ont massacré la population civile, les femmes et les enfants, à Smyrne, à Ménémen, à Brousse, partout où ils passent ou se trouvent. Ils détruisent et profanent les mosquées, les mausolées. C'est la destruction systématique de l'élément et de la propriété turcs. Ces faits sont connus du monde entier et les quelques photographies que nous publions illustrent la façon dont les Grecs s'acquittent de leur « mission humanitaire et civilisatrice ». Donc, moralement, aussi, ils sont inférieurs à la tâche.

Voici le procès. Les juges délibèrent !

Pour voir les photographies accompagnant cet article : http://www.mediafire.com/?28c14ll7pdwa73y

Voir également : L'impasse calamiteuse de la Megali Idea

La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle
 
Le soi-disant génocide des Grecs micrasiatiques

Le mensonge de l'expulsion d'1,5 million de Grecs d'Anatolie par les kémalistes

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie

La guerre gréco-turque de 1919-1922 : le témoignage capital d'Arnold J. Toynbee sur le nettoyage ethnique commis par les Grecs en Anatolie occidentale

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

La question grecque-pontique

L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs

La lutte d'indépendance impulsée par Mustafa Kemal : une résistance à l'occupation de l'Entente et aux irrédentismes gréco-arméniens