lundi 30 novembre 2015

Attentats de Paris : les caches grecques du terroriste Abdelhamid Abaaoud

Attentats du 13 novembre : les caches grecques d’Abdelhamid Abaaoud

LE MONDE | 28.11.2015 à 10h52 • Mis à jour le 28.11.2015 à 11h51 | Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

Ni démenti ni confirmation. La police grecque refuse toujours d’officialiser – sans pour autant les démentir – les informations révélées vendredi 27 novembre par l’ensemble des médias grecs, selon lesquelles Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attentats de Paris, était bien présent à Athènes au moins jusqu’au mois de janvier. Selon le principal quotidien grec, Kathimerini, des traces ADN lui appartenant ont été retrouvées dans deux appartements perquisitionnés en janvier.

A l’époque, une cellule terroriste vient d’être démantelée à Verviers en Belgique. Les enquêteurs belges remontent la piste d’un téléphone portable jusqu’en Grèce. Le 17 janvier, l’antiterrorisme grec investit un appartement situé dans le quartier de Pangrati, au cœur d’Athènes. Là, deux hommes sont arrêtés puis extradés vers la Belgique. Et des empreintes sont analysées. 
Questions sans réponse

Deux jours plus tard, de nouveau sur information belge, une deuxième opération est menée dans le quartier un peu plus excentré de Sepolia. L’appartement est vide, mais des papiers français y sont retrouvés, et de nouvelles empreintes prélevées. Qui correspondent notamment à celles trouvées à Pangrati. Seule conviction : la même personne a circulé dans ces deux appartements, sans que la police grecque puisse identifier de qui il s’agit.

Après les attentats du 13 novembre, la police française a fait parvenir à la grecque des échantillons génétiques d’un certain nombre de terroristes. En les comparant avec le matériel génétique des caches de Pangrati et Sepolia, la police scientifique grecque – qui refuse de commenter cette information, sans la démentir – aurait identifié Abaaoud.

Lire aussi : L’antiterrorisme français en état de mort clinique

Le 19 novembre, Bernard Cazeneuve, le ministre français de l’intérieur, avait déjà déclaré que « postérieurement aux attentats de Paris, un service de renseignement d’un pays hors d’Europe nous a signalé avoir eu connaissance de sa présence en Grèce ». Ce que démentaient jusqu’à aujourd’hui les autorités grecques. Comment Abaaoud est-il entré en Grèce alors que tous les services de renseignement le croyaient encore en Syrie ? Jusqu’à quand est-il resté à Athènes ? Est-ce de là qu’il a coordonné les attaques parisiennes ? Avait-il des complices ? Autant de questions pour l’instant sans réponse.
Source : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28/attentats-du-13-novembre-les-caches-grecques-d-abdelhamid-abaaoud_4819696_4809495.html

Pour rappel : La Turquie arrête 400 migrants illégaux

Grèce : le ministre des Finances Varoufakis accuse les créanciers de "terrorisme"

Voir également : Des Turcs parmi les victimes des attentats de Paris

Attentats de Paris : des relais du lobby arménien dérapent

Athènes : violences à l'occasion du match entre le Panathinaikos et l'Olympiakos

Grèce: des violences sur le terrain et en dehors du stade conduisent à l'annulation du derby Panathinaikos-Olympiakos (photos et vidéos)

Belga |

Publié le Samedi 21 Novembre 2015 à 21h26

Le match au sommet du championnat grec entre le Panathinaikos et l’Olympiakos a été annulé samedi avant le coup d’envoi par l’arbitre Andreas Pappas en raison des violences qui ont émaillé l’avant-match.

Une heure et demie avant le début du match, des affrontements ont éclaté entre des supporteurs du Panathinaikos et des policiers anti-émeutes à l’extérieur du stade Apostolos Nikolaidis à Athènes.

Des violences ont également eu lieu dans l’enceinte du stade, un policier a d’ailleurs été transporté à l’hôpital après avoir reçu une chaise en plastique lancée depuis les tribunes.

La violence est un mal récurrent dans le football grec. En mars dernier, une loi a été adoptée pour lutter contre ce fléau. Elle prévoit notamment l’annulation de rencontres sportives en cas d’incidents violents, comme cela a été le cas ce samedi à Athènes.
Source : http://www.nordeclair.be/1428664/article/2015-11-21/grece-des-violences-conduisent-a-l-annulation-du-match-au-sommet-panathinaikos-o
 
Publié le Lundi 30 Novembre 2015 à 16h55

Foot/Grèce - Violences: le Panathinaikos sévèrement sanctionné

La Fédération grecque de football a sévèrement sanctionné le Panathinaikos, infligeant au club athénien un retrait de trois points et match perdu sur tapis vert (3-0) contre l'Olympiakos, le derby athénien prévu le 21 novembre et finalement annulé à cause de violences dans et hors du stade. Le "Pana" a également écopé de quatre matchs à domicile à huis clos et 190.000 euros d'amende. Après ces sanctions, le Panathinaikos est désormais 5e du classement avec 19 points, à 17 longueurs du leader l'Olympiakos. Le club a la possibilité de faire appel. Le 21 novembre, l'arbitre du match Panathinaikos - Olympiakos avait pris la décision d'annuler le match après des violences ayant éclaté aux abords du stade Apostolos Nikolaidis deux heures avant le derby, puis dans le stade à dix minutes de l'heure du coup d'envoi prévue.

AFP
Source : http://www.lunion.com/607397/article/2015-11-30/foot/grece-violences-le-panathinaikos-severement-sanctionne

Voir également : Racisme anti-slaves en Grèce : des hooligans grecs attaquent des supporters croates au cours d'un match

Limassol (dans la partie grecque de Chypre) : violences grecques lors d'un match entre les équipes de volleyball féminin chypriote-grecque et turque

Nicosie : une équipe de basket turque victime du hooliganisme chypriote-grec

mardi 10 novembre 2015

La question chypriote : une résurgence de la question d'Orient

Stéphane Yerasimos, "L'obsession territoriale ou la douleur des membres fantômes", in Semih Vaner (dir.), La Turquie, Paris, Fayard, 2005, p. 52-56 :

"La polarisation provoquée par la guerre froide contribua paradoxalement à ouvrir la Turquie sur le monde extérieur. L'arrivée de nouveaux réfugiés des Balkans fuyant l'établissement des régimes communistes suscitait un rappel qu'il n'était plus de mise de dissimuler, puisqu'il se légitimait par la nouvelle vocation du pays : celle d'avant-poste de l'OTAN et de champion de l'anticommunisme. L'alliance avec les Etats-Unis lui conférait également une dimension régionale qui ne pouvait pas ne pas évoquer, et remettre en valeur, le rôle hégémonique qu'elle avait joué dans un passé récent. Son admission à l'OTAN, en même temps que celle de la Grèce, semblait par ailleurs devoir définitivement sceller une alliance esquissée entre les deux pays dans les années 1930.

LA RESURGENCE DE LA QUESTION D'ORIENT : DE LA QUESTION CHYPRIOTE...

C'est alors qu'est survenue la question chypriote. Cette résurgence de la Question d'Orient peut être considérée à l'origine comme étrangère à la conjoncture des deux Etats impliqués, la Grèce et la Turquie, comme au contexte régional. Il s'agit en effet d'une affaire chypriote, chypriote-grecque comme chypriote-turque, dans laquelle les deux nations mères se sont trouvées entraînées. La cession de l'île à la Grande-Bretagne, en 1878, l'avait placée à part de la Question d'Orient, évitant son inclusion dans la recomposition nationale qui avait suivi l'effondrement de l'Empire ottoman. Dans le cas contraire, on aurait vraisemblablement assisté à une solution à la crétoise, annexion de l'île par la Grèce et éviction brutale ou graduelle de sa population musulmane. Si cela ne s'est pas déroulé ainsi, c'est que la Grande-Bretagne a voulu conserver le plus longtemps possible cette île ancrée au large du Moyen-Orient ; ce n'était pas par manque de zèle des Chypriotes grecs, tout aussi imbus du grand dessein de l'hellénisme que leurs « compatriotes » du domaine égéen.

La période de réflexion et de recomposition entreprises par la Grèce et la Turquie à l'intérieur des frontières fixées en 1923 abandonnait les Chypriotes à leurs rêves et, si ceux-ci furent ravivés au début des années 1950, ce fut bien moins à l'origine à cause d'un regain d'irrédentisme dans les mères patries que dans le cadre de la vague de décolonisation qui secouait le vieil Empire britannique.
Ce sont donc plutôt les Chypriotes grecs qui ont sollicité les gouvernements d'Athènes, soucieux de ne pas effaroucher les grands protecteurs occidentaux grâce auxquels ils venaient de gagner la guerre civile contre le communisme, mais désireux en même temps de redorer leur blason, après les désastres de ce conflit, par une nouvelle victoire de l'hellénisme. Ce sont de même les Chypriotes turcs (obsédés par le précédent crétois) qui ont entraîné Ankara, avec la bénédiction cette fois-ci de la Grande-Bretagne, qui trouvait ainsi le moyen de prolonger sa présence en devenant arbitre du conflit d'intérêts qui se profilait.

Ainsi, Chypre, un des rares endroits de la région à n'avoir suscité, pendant la grande recomposition du XIXe et du début du XXe siècle, ni guerre, ni révoltes, ni massacres, ni nettoyages ethniques, devint-elle la scène d'un remake de la Question d'Orient.
Si dirigeants et opinions publiques grecs et turcs se sont pris de passion pour leurs frères chypriotes, au point d'annihiler en un rien de temps les patients efforts de réconciliation en marche depuis deux décennies et de ressortir tous les griefs accumulés depuis la chute de Constantinople, c'est surtout parce que la revendication chypriote permettait aux uns et aux autres de conjurer une défaite. La « catastrophe » de 1922 pouvait ainsi ne plus signifier pour les Grecs le renoncement définitif au grand dessein de l'hellénisme. Les Turcs pouvaient enfin démontrer qu'ils étaient capables d'arrêter l'éternelle fuite vers l'Anatolie.

La conséquence inévitable de ce processus, inconsciemment guidé par le souci d'en découdre avec le passé que de ménager l'avenir, fut que la question chypriote s'envenima d'étape en étape. Le compromis d'un Etat bicommunautaire en 1960 fut remis en question en 1963 et l'escalade aboutit à l'intervention militaire turque de 1974. Cette intervention, parce qu'elle était en même temps la première sortie en force turque hors des frontières de 1923, marqua un bouleversement complet dans les rapports de la Turquie avec le monde extérieur.
Entre-temps, la dimension régionale acquise par la Turquie dans le cadre de la guerre froide, l'arrivée au pouvoir de gouvernements conservateurs enclins à valoriser les traditions, mais aussi l'évolution de la question chypriote, avaient conduit à une révision du passé ottoman. Celui-ci cessait d'être un souvenir douloureux ou honteux pour évoquer une époque glorieuse. La grande période civilisatrice n'était plus celle, mythique, de l'Asie centrale, mais une pax ottomana porteuse de tolérance et de progrès. Plus encore, l'Empire perdait sa réalité multi-ethnique pour devenir une projection vers le passé de l'Etat-nation turc. Dans ce contexte, les territoires de l'Empire se muaient, pour la première fois, en « patries perdues ». Cette réinvention du passé fonctionnait en miroir dans le contexte de l'affrontement gréco-turc. La réouverture du conflit autorisait également la partie grecque à ne tenir la « catastrophe » de 1922 pour la fin de la Grande Idée. L'élaboration des « patries perdues » fut donc réciproque, ravivant griefs et inquiétudes. Pour les Grecs, la Turquie entrait indiscutablement dans une phase d'expansion néo-ottomane. Pour les Turcs, les appétits des Grecs montraient qu'ils ne pensaient pas que le processus de rétrécissement de l'Empire ait atteint ses limites et qu'une suite était donc possible. L'équilibre atteint en 1923 était rompu, au moins dans les esprits ; la douleur des membres fantômes s'installait.

L'intervention de 1974 confirma toutes les craintes, justifia toutes les appréhensions.
Pour la Turquie, cet acte était comme la démonstration nécessaire de sa volonté de ne plus reculer, même si le territoire chypriote n'avait jamais fait partie du Pacte national. Pour la Grèce, c'était une agression caractérisée d'un territoire de l'hellénisme, même si Chypre n'avait jamais fait partie d'un Etat grec. Plus encore, cet événement porta vraiment la question chypriote sur la scène internationale où l'intervention turque fut presque unanimement condamnée comme une agression contre un Etat souverain. Cela suscita aussitôt dans l'opinion publique turque des réminiscences du passé ottoman, lorsque les grandes puissances retrouvaient leur unanimité pour réprimander la Sublime Porte. La crainte de l'« expansionnisme ottoman » chez les uns raviva la menace du « front chrétien » chez les autres.

La situation était mûre pour instrumentaliser ces représentations. La Grèce restait convaincue que seule la pression du « monde civilisé » pourrait faire reculer les Turcs. A cette vision s'ajoutait l'expérience du containment pratiqué par les Etats-Unis à l'égard de l'Union soviétique : une propagande patiente et soutenue présentant la Turquie comme une puissance agressive et maléfique, pour mieux l'exclure ou la marginaliser dans les instances internationales, devait pouvoir atteindre à terme son but. Dans cet objectif, la Grèce pouvait compter sur une alliance avec la diaspora arménienne. Celle-ci entendait mettre en avant le terme « génocide », institutionnalisé à partir de 1948 suite à l'Holocauste des juifs, afin de maintenir vivace son projet national tragiquement frustré en 1915.

Cette offensive puisa dans un terreau fécond, celui de la vaste littérature de la fin de l'Empire ottoman, et trouva une opinion occidentale largement ouverte à ces représentations. La vieille image du Turc n'eut donc pas trop de peine à se réinstaller dans les esprits. Côté turc, cela eut un double effet pervers. Se réimplanta le sentiment d'encerclement dominant pendant la dernière époque ottomane, et celui-ci fut instrumentalisé par les pouvoirs conservateurs, qui purent ainsi promouvoir un nationalisme sourcilleux et s'ériger en protecteurs d'un peuple présenté comme esseulé et menacé de toutes parts. L'emballement des dynamiques internes du pays, qui conduisirent au coup d'Etat de 1980, ne contribua pas à apaiser les tensions internes ni les représentations extérieures."

Voir également : Les relations gréco-turques : un bilan (jusqu'en 1980)

Le président chypriote-grec Nikos Anastasiadis invite à une réévaluation de l'histoire de Chypre
 
Turhan Feyzioğlu : "Chypre, la Grèce et le rêve de l'Enosis"
 
Jean Savard, "avocat de la défense"
 
Chypre : "Nul ne peut nier qu'il n'ait existé quelque chose d'irrationnel, de passionné, dans le choix du camp grec."

Quelques mensonges grecs ordinaires sur Chypre
 
Les causes profondes du conflit chypriote
 
Chypre : la question de la présence militaire turque
 
Chypre : la question des soi-disant "colons" turcs
 
Chypre : pourquoi l'intervention turque ?
 
Le nettoyage ethnique des Chypriotes turcs par les Chypriotes grecs (1960-1974)
 
Conflit chypriote : 500 Chypriotes turcs disparus en 1963-1974
 
Chypre, 1963 : le bain de sang de la "Semaine noire"
 
Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île
 
Chypre : la question du patrimoine culturel de l'île (2)
 
La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle
 
Le sort des Turcs tombés à la merci des Grecs
 
Charles de Gaulle était partisan de la position turque sur Chypre : la partition (taksim)

dimanche 8 novembre 2015

Grèce : malgré la législation répressive, Nikos Filis (ministre de l'Education) rejette publiquement la thèse du "génocide grec pontique"

(Video) Greek Education Minister Nikos Filis: Massacres Against Pontian Greeks “NOT” Genocide

By Gregory Pappas on November 3, 2015

In a controversial statement on Greek television, Greece’s current education minister Nikos Filis stated that although his government recognizes an official Pontian Genocide Day, he believes personally that the actions against Pontian Greeks in the early 1900s did not constitute a genocide.

Almost a half million Greek Pontians were massacred in the early part of the 20th century by Turks. Entire villages were wiped out in brutal campaigns, forcing a population of Greek-speaking residents of the southern shores of the Black Sea region known as Efxinos Pontos to relocate to mainland Greece.

Filis reiterated in the interview (see video below) that his personal opinions as an academic and a former journalist did not constitute official government policy and referred to seven years of research he had conducted.

In his interview, he did recognize the pain and blood shed, but reiterated that the events did not constitute a genocide.
Source : http://www.pappaspost.com/video-greek-education-minister-nikos-filis-massacres-against-pontian-greeks-not-genocide/

Greek Education Minister Rejects Pontic Genocide; Causes Uproar
By Philip Chrysopoulos -
Nov 3, 2015

Greece’s Education Minister Nikos Filis rejected the notion that the slaughter of Pontian Greeks by the Turks was a genocide.


The leftist minister appeared on Star television late on Monday night in an interview and debate with the audience. Specifically, Filis said that he recognizes the pain and suffering of Pontians and is saddened by the blood shed, but a line should be drawn between a “bloody ethnic cleansing and the phenomenon of genocide.”

After comments to the contrary by the show host and an audience member, Filis maintained his position saying that he had expressed the same exact opinion seven years ago as a journalist and reiterated that the killings “was not a genocide in the scientific sense.”

Filis clarifies that this was his personal opinion and does not express the opinion of the Greek government.

The minister’s comment created a controversy among Pontians and other Greeks, causing several lawmakers of the opposition to call for his dismissal or resignation.

Records show that in the aftermath of World War I, at least 350,000 Pontian Greeks were exterminated through systematic slaughter by Turkish troops, deportations involving death marches, starvation in labor and concentration camps, rapes and individual killings. Entire villages and cities were devastated, while thousands were forced to flee to neighboring countries.

The Ottoman government’s plan to annihilate the Christian populations living within Turkey, including Greeks, Syrians and Armenians, during World War I was set into force in 1914 with the decree that all Pontian men aged between 18 to 50 would have to report to the military. Those who refused to do so, were ordered to be shot immediately.

The Pontic genocide had officially been recognized by Greek Parliament in 1994. Also, an anti-racist law voted in September 2014 has sanctioned prison sentences for those who deny genocide as well as fines from 5,000 to 20,000 euros, and even stricter fines for public officials (10,000-25,000 euros).
Source : http://greece.greekreporter.com/2015/11/03/greek-education-minister-rejects-pontic-genocide-causes-uproar/

Ceux qui s'offusquent de ces propos, mettent en avant des chiffres farfelus, qui ne résistent pas à une analyse sérieuse :

"La publication officielle de l'état-major turc chiffre le nombre des combattants tués dans les accrochages avec l'armée régulière à 11 188, tandis que le nombre de villageois turcs tués par les bandes grecques est fixé à 1 817. Mais comment dénombrer les morts en déportation et ceux des massacres des irréguliers ? La population grecque du vilâyet de Trabzon était estimée en 1914 à 350 000 personnes. Si on y ajoute celle des vilâyets de Sivas et de Kastamonu, on arrive aux environs de 475 000 personnes. Parmi eux, près de 86 000 personnes se sont réfugiées en Russie pendant la première guerre mondiale et 322 500 personnes sont arrivées en Grèce lors de l'échange des populations en 1923. La différence donne 65 à 70 000 personnes, dont un tiers concerne les hommes en armes et les deux tiers la population non combattante disparue soit en 1916-1918 soit en 1921-1923." (Stéphane Yerasimos, "La question du Pont-Euxin (1912-1923)", Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 153, janvier 1989, p. 33)

Les déclarations de M. Filis sont importantes, à plusieurs titres :

1. elles constituent un véritable défi pour la législation répressive mise en place en Grèce (mais aussi dans la Chypre grecque) pour sanctionner la contestation des allégations génocidaires visant la Turquie ;

2. cette thématique du "génocide pontique" suit de près la "reconnaissance" internationale du "génocide arménien" et les pressions liberticides qui vont avec (cf. le cas de Valérie Boyer en France), or on voit ici qu'il n'y a pas d'unanimité au sein même de l'intelligentsia grecque (voir également les écrits de Dimitri Kitsikis et Georgios Nakratzas) ;

3. l'Etat grec avait amplement participé à l'instrumentalisation de la question arménienne, dans les années 70 (cf. Stéphane Yerasimos, "L'Europe vue de la Turquie", Hérodote, n° 118, 2005/3, p. 73).

Voir également : La question grecque-pontique

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

Trabzon, une pomme de discorde entre les nationalismes grand-grec (Megali Idea) et grand-arménien (Miatsial Hayastan)

L'impasse calamiteuse de la Megali Idea
 
La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie
 
La guerre gréco-turque de 1919-1922 : le témoignage capital d'Arnold J. Toynbee sur le nettoyage ethnique commis par les Grecs en Anatolie occidentale

Les Grecs en Asie mineure (1919-1922) : une défaite annoncée

L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs
 
Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Sources bibliographiques sur le contentieux gréco-turc

Le Parlement arménien refuse d'entériner les allégations génocidaires ridicules des Grecs pontiques et des Assyro-Chaldéens

Une cadre du parti SYRIZA admet la responsabilité du PASOK et de la ND dans les politiques discriminatoires à l'encontre de la minorité turque de Thrace occidentale

Le président chypriote-grec Nikos Anastasiadis invite à une réévaluation de l'histoire de Chypre