dimanche 8 novembre 2015

Grèce : malgré la législation répressive, Nikos Filis (ministre de l'Education) rejette publiquement la thèse du "génocide grec pontique"

(Video) Greek Education Minister Nikos Filis: Massacres Against Pontian Greeks “NOT” Genocide

By Gregory Pappas on November 3, 2015

In a controversial statement on Greek television, Greece’s current education minister Nikos Filis stated that although his government recognizes an official Pontian Genocide Day, he believes personally that the actions against Pontian Greeks in the early 1900s did not constitute a genocide.

Almost a half million Greek Pontians were massacred in the early part of the 20th century by Turks. Entire villages were wiped out in brutal campaigns, forcing a population of Greek-speaking residents of the southern shores of the Black Sea region known as Efxinos Pontos to relocate to mainland Greece.

Filis reiterated in the interview (see video below) that his personal opinions as an academic and a former journalist did not constitute official government policy and referred to seven years of research he had conducted.

In his interview, he did recognize the pain and blood shed, but reiterated that the events did not constitute a genocide.
Source : http://www.pappaspost.com/video-greek-education-minister-nikos-filis-massacres-against-pontian-greeks-not-genocide/

Greek Education Minister Rejects Pontic Genocide; Causes Uproar
By Philip Chrysopoulos -
Nov 3, 2015

Greece’s Education Minister Nikos Filis rejected the notion that the slaughter of Pontian Greeks by the Turks was a genocide.


The leftist minister appeared on Star television late on Monday night in an interview and debate with the audience. Specifically, Filis said that he recognizes the pain and suffering of Pontians and is saddened by the blood shed, but a line should be drawn between a “bloody ethnic cleansing and the phenomenon of genocide.”

After comments to the contrary by the show host and an audience member, Filis maintained his position saying that he had expressed the same exact opinion seven years ago as a journalist and reiterated that the killings “was not a genocide in the scientific sense.”

Filis clarifies that this was his personal opinion and does not express the opinion of the Greek government.

The minister’s comment created a controversy among Pontians and other Greeks, causing several lawmakers of the opposition to call for his dismissal or resignation.

Records show that in the aftermath of World War I, at least 350,000 Pontian Greeks were exterminated through systematic slaughter by Turkish troops, deportations involving death marches, starvation in labor and concentration camps, rapes and individual killings. Entire villages and cities were devastated, while thousands were forced to flee to neighboring countries.

The Ottoman government’s plan to annihilate the Christian populations living within Turkey, including Greeks, Syrians and Armenians, during World War I was set into force in 1914 with the decree that all Pontian men aged between 18 to 50 would have to report to the military. Those who refused to do so, were ordered to be shot immediately.

The Pontic genocide had officially been recognized by Greek Parliament in 1994. Also, an anti-racist law voted in September 2014 has sanctioned prison sentences for those who deny genocide as well as fines from 5,000 to 20,000 euros, and even stricter fines for public officials (10,000-25,000 euros).
Source : http://greece.greekreporter.com/2015/11/03/greek-education-minister-rejects-pontic-genocide-causes-uproar/

Ceux qui s'offusquent de ces propos, mettent en avant des chiffres farfelus, qui ne résistent pas à une analyse sérieuse :

"La publication officielle de l'état-major turc chiffre le nombre des combattants tués dans les accrochages avec l'armée régulière à 11 188, tandis que le nombre de villageois turcs tués par les bandes grecques est fixé à 1 817. Mais comment dénombrer les morts en déportation et ceux des massacres des irréguliers ? La population grecque du vilâyet de Trabzon était estimée en 1914 à 350 000 personnes. Si on y ajoute celle des vilâyets de Sivas et de Kastamonu, on arrive aux environs de 475 000 personnes. Parmi eux, près de 86 000 personnes se sont réfugiées en Russie pendant la première guerre mondiale et 322 500 personnes sont arrivées en Grèce lors de l'échange des populations en 1923. La différence donne 65 à 70 000 personnes, dont un tiers concerne les hommes en armes et les deux tiers la population non combattante disparue soit en 1916-1918 soit en 1921-1923." (Stéphane Yerasimos, "La question du Pont-Euxin (1912-1923)", Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 153, janvier 1989, p. 33)

Les déclarations de M. Filis sont importantes, à plusieurs titres :

1. elles constituent un véritable défi pour la législation répressive mise en place en Grèce (mais aussi dans la Chypre grecque) pour sanctionner la contestation des allégations génocidaires visant la Turquie ;

2. cette thématique du "génocide pontique" suit de près la "reconnaissance" internationale du "génocide arménien" et les pressions liberticides qui vont avec (cf. le cas de Valérie Boyer en France), or on voit ici qu'il n'y a pas d'unanimité au sein même de l'intelligentsia grecque (voir également les écrits de Dimitri Kitsikis et Georgios Nakratzas) ;

3. l'Etat grec avait amplement participé à l'instrumentalisation de la question arménienne, dans les années 70 (cf. Stéphane Yerasimos, "L'Europe vue de la Turquie", Hérodote, n° 118, 2005/3, p. 73).

Voir également : La question grecque-pontique

Le séparatisme grec-pontique, le panhellénisme de la Megali Idea et le plan du "front chrétien"

Trabzon, une pomme de discorde entre les nationalismes grand-grec (Megali Idea) et grand-arménien (Miatsial Hayastan)

L'impasse calamiteuse de la Megali Idea
 
La Megali Idea, une "grande idée"... criminelle

Le témoignage de Lord Saint-Davids sur la politique de la terre brûlée accomplie par l'armée grecque en Anatolie
 
La guerre gréco-turque de 1919-1922 : le témoignage capital d'Arnold J. Toynbee sur le nettoyage ethnique commis par les Grecs en Anatolie occidentale

Les Grecs en Asie mineure (1919-1922) : une défaite annoncée

L'antisémitisme sanglant des nationalistes grecs
 
Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Sources bibliographiques sur le contentieux gréco-turc

Le Parlement arménien refuse d'entériner les allégations génocidaires ridicules des Grecs pontiques et des Assyro-Chaldéens

Une cadre du parti SYRIZA admet la responsabilité du PASOK et de la ND dans les politiques discriminatoires à l'encontre de la minorité turque de Thrace occidentale

Le président chypriote-grec Nikos Anastasiadis invite à une réévaluation de l'histoire de Chypre